Depuis l’occupation de Gao par le Mujao et Ansar Dine, en fin mars dernier, la loi islamique est la chose la mieux distribuée : les coups de fouet sont devenus une chose banale, selon un professeur d’enseignement contacté par la rédaction de koaci.com, dans la cité des Askia. Le Mujao à Gao, voulait monter d’un cran, l’application d la charia en coupant la main à un présumé voleur.
Selon notre interlocuteur, un communiqué précédemment diffusé à la radio ‘’ADAR Koïma’’, annonçait le report de la séance publique pour l’exécution des sentences prononcées par le tribunal islamique. Mais les jihadistes sont revenus, ce samedi sur ledit communiqué. Ils ont décidé d’appliquer exceptionnellement cette sentence concernant un voleur jugé récidiviste et à qui on doit couper la main. Il s’agit d’une recrue du Mujao, accusé d’avoir volé et vendu des armes du mouvement. « Sa main sera coupée demain dimanche matin à 8 h », avait annoncé à la radio, le responsable du Mujao, selon un responsable du ‘’Collectif Cri de cœur’’, une ONG humanitaire, contacté samedi soir à Gao. Selon lui, le responsable du Mujao a déclaré qu’il « est interdit de filmer » la cérémonie au cours de laquelle la main du voleur est coupée.
Mais en projetant cet évènement, le Mujao n’avait pas compté sur la détermination des jeunes de la cité des Askia qui se sont opposés à l’exécution de la sentence en sortant en grand nombre, pour occuper la place publique.
Selon certains témoignages à Gao, les jeunes ont chanté l’hymne national du Mali, et ont scandé des slogans comme « Vive la république !». Devant cette réaction inattendue, « les islamistes se sont retirés et ont renoncé momentanément à l’exécution de la sentence », selon le responsable locale du Collectif Cri de cœur. On a pu remarquer certains, au sein du Mujao, qui face à la détermination des jeunes voulaient reculer tan disque d’autres, des radicaux s’acharnaient pour que l’exécution de la sentence ait lieu. Pendant ce temps, des acteurs de la société civile, notamment des leaders religieux étaient dans la médiation auprès des membres du Mujao, pour leur demander un assouplissement de la charia et qu’ils renoncent à couper la main.
A Bourem, ce jeudi, le Mujao a pillé le centre d’accueil « Annour » qui servait de lieu de distraction pour les jeunes, et qui appartient à une association de femmes, avant de casser la boutique du campement, samedi. Les responsables de Mujao menacent de démolir ce campement contenant restaurant, boutique et maison de passage. Le campement a été construit en 2010 sur un financement du programme d'Appui au Développement des Régions du Nord (ADER –Nord) grâce à un appui de l’Union Européenne et de l’USAID.
Dimanche 29 juillet, à Aguel Hoc, un couple de maliens a été tué par lapidation, pour avoir eu des enfants hors mariage, au moment où leur dernier enfant avait six mois.