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GABON : Discours d'Ali Bongo devant les chambres du parlement réunies en congrès
 
Ali Bongo ici ce mercredi devant les parlementaires à Libreville

GABON - LIBREVILLE LE 12 SEPTEMBRE 2012 - KOACINAUTE -

Ci dessous l'intégralité du discours prononcé ce mercredi par le président gabonais devant les chambres du parlement réunies en congrès dans les locaux de l'Assemblée nationale de Libreville.

Honorables Députés,

Vénérables Sénateurs,

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,



Notre constitution et les dispositions de son article 24 nous offrent l’opportunité de convoquer le parlement en congrès afin d’y délivrer une communication, un message.

Ma présence devant vous peut être la source d’interrogations de la part des observateurs de notre vie politique nationale tant l’instant est exceptionnel dans l’histoire des relations entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif.

A propos de ces interrogations, je vais vous répondre sans détour : le sujet important qui me conduit à m’exprimer devant vous est notre pays, le Gabon.
Je suis donc venu vous parler du GABON.
Je suis venu vous parler de notre pays.
Je suis venu vous parler de cette belle nation que nous devons réapprendre à aimer de toutes nos forces.
Je suis venu vous dire que nous avons envers notre mère-patrie une dette incommensurable et que de ce fait, nous avons envers elle des devoirs infinis.


Oui, Mesdames et Messieurs, parlons du Gabon !


Une observation attentive de l’histoire de notre pays nous enseigne que nous sommes le fruit d’un peuplement issu des quatre coins du Continent, par des hommes et des femmes qui fuyaient la guerre, la famine, les maladies, afin de trouver paix et sécurité en cette terre hospitalière.

Ils ont vu leurs longues marches stoppées par diverses contingences, les obligeant à se fixer sur les bords de l’Ogooué, de la M’passa, de la Ngounié, de la Nyanga, de l’Ivindo, de la Lolo, de l’Azingo, du Woleu, de la Mondah et du Komo.

Le caractère pluriethnique de nos provinces, de nos départements et de nos cantons résulte de ces différents mouvements.

L’histoire du Gabon c’est aussi l’histoire de ces quarante-six esclaves originaires du Congo, du Cameroun et d’ailleurs, libérés et débarqués sur les côtes de l’Estuaire en 1849 après l’abolition de l’esclavage et qui, plus tard, contribueront à la création de Libreville, « la ville des esclaves libérés ».
Ces origines multiples sont, avec les alliances et les migrations récentes, le fondement même de la richesse de notre nation et de l’évolution de nos coutumes.
L’histoire du peuple gabonais c’est encore celle des contacts parfois rudes, noués entre les différents villages-royaumes de la côte gabonaise et les colons établis au Fort d'Aumale, point de relâche pour les navires de guerre de la marine française qui vont conclure des traités avec les rois locaux.

Le métissage s’en verra accentué et plusieurs familles gabonaises adopteront des patronymes à consonance étrangère. Nul ne peut aujourd’hui contester que ces familles sont gabonaises et qu’elles sont partie intégrante de notre histoire commune.
Libreville servira de point de départ à la colonisation française du Gabon avec l'installation au fort d'Aumale des missionnaires catholiques sous la conduite du père Jean-Rémi Bessieux.

Le christianisme, religion la plus importante au Gabon par le nombre de ses adeptes, s’installera avec l’établissement en 1842 de la Mission protestante américaine de Baraka et donnera naissance à un syncrétisme religieux, mélange de christianisme et de croyances locales.

Le Gabon, c’est aussi une communauté musulmane. Le Gabon, c’est la terre qui a accueilli, quoique dans des conditions particulièrement difficiles, Cheick Amidou Bamba, Samory Touré, Mohamed Allal El Fassi, et bien d’autres.

Le Gabon d’aujourd’hui c’est aussi cela : un pays aux croyances multiples qui symbolisent magnifiquement l’esprit d’ouverture aux autres.

Le Gabon, c’est l’histoire du Dr Albert Schweitzer, Prix Nobel de la paix en 1952, Médecin et évangéliste alsacien, qui a choisi la terre de Lambaréné pour sauver des vies.

Le Gabon, ce sont ces hommes et ces femmes nés avant l’indépendance, de l’autre côté de nos frontières, et qui ont choisi de s’établir ici, d’y fonder leur famille afin d’y prospérer.

Le Gabon, ce sont les échanges entre des peuples qui ont en partage, de part et d’autre de nos frontières, des épopées comme le Mvett et l’Olendé.

Le Gabon, c’est aussi ses sportifs, ses peintres, ses sculpteurs, ses musiciens. C’est également ses conteurs, ses écrivains, ses rites, ses rythmes et ses danses.

Libreville est devenue une cité cosmopolite où se côtoient toutes les ethnies du Gabon, des immigrés d'Afrique Centrale et de l'Ouest, des Européens, des Magrébins, et qui s’enrichit progressivement d’une population nouvelle, originaire d’Asie.

Toutes ces énergies, toutes ces intelligences et ces talents, constituent des richesses qu’il faut savoir préserver, valoriser en autant d’acquis pour notre nation.

Tous ces éléments sont des atouts et ne doivent pas être perçus comme des différences susceptibles de créer une quelconque menace car, comme le disait Antoine de Saint Exupéry : « quand tu diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichis ».

Notre acceptation de l’autre dans sa différence, caractérisée par notre hospitalité légendaire, ajoutée à notre volonté de relever ensemble les défis qui se posent à nous, sont les fondements de notre « vivre ensemble ».

Ces fondements sont aujourd’hui menacés. Et j’entends aux portes de notre maison Gabon, les coups de boutoirs de ceux qui, visibles ou tapis dans l’ombre, caressent le sombre espoir de voir voler en éclat ce qui fait notre spécificité, notre authenticité et donc notre force.



En effet, depuis quelques temps, un certain nombre de compatriotes, relayés par quelques médias locaux et étrangers, veulent faire croire que le Président de la République serait fermé à toute idée de dialogue.

J’ai été, je suis et je resterai un homme de dialogue et d’ouverture. Nul ne peut me le contester.

Alors qu’à un moment de notre histoire, beaucoup parmi nous étaient opposés à toute idée d’ouverture politique, à force de dialogue, j’ai contribué, avec d’autres, contre vents et marées, à l’instauration du multipartisme.

D’ailleurs, certains parmi vous, avec qui j’ai siégé au sein de cet hémicycle, savent que j’ai toujours encouragé le dialogue avec nos adversaires politiques. C’est cette même volonté d’ouverture et de dialogue qui a dicté la main tendue que j’ai offerte dès mon accession à la magistrature suprême.

En tant que Président de la République, j’ai séjourné dans toutes les provinces du Gabon.

J’y ai rencontré des hommes et des femmes dignes, fiers de ce qu’ils sont, et qui attendent de nous, parlement et gouvernement, que nous apportions des réponses concrètes et immédiates à leurs attentes.



Que veulent les hommes et les femmes de ce pays ?

- Ils veulent que l’Etat construise des routes, des écoles, des hôpitaux ;

- Que l’Etat les aide à accéder à l’emploi, à la propriété ou à un logement décent ;

- Ils veulent accéder à la satisfaction de leurs besoins essentiels.



Nos compatriotes ne veulent plus de l’attentisme, des palabres politiciennes stériles, des grandes messes inutiles, bref tout ce qui a contribué à gangrener notre vie politique ces vingt dernières années.

Partout où je me suis rendu récemment, d’Oyem à Bitam, de Lambaréné à Lébamba, en passant par Fougamou, Mouila et Ndendé, nul ne m’a posé la problématique du dialogue politique comme étant une préoccupation primordiale, pas même dans les quartiers de Libreville. Bien au contraire, nos compatriotes n’ont eu de cesse de me dire : « Ali, fais ce que tu as à faire, la politique on est fatigué ! » ou encore « Vas-y Ali, courage, n’abandonne pas, on est avec toi ! »



Honorables Députés,

Vénérables Sénateurs,

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,



Aujourd’hui, nous devons opérer une rupture.Rupture avec ce qui n’a pas bien fonctionné, rupture avec ces vingt dernières années de marche à reculons.

Nous ne pouvons pas renier notre héritage. Nous devons entièrement l’assumer, chacun pour sa part, mais nous savons aussi que dans tout héritage, il y a un actif et un passif.

Nous devons nous défaire des pesanteurs du passé et nous orienter résolument vers notre destin commun qui nous impose de réussir.

C’est le lieu de saluer les efforts de nos prédécesseurs qui ont contribué à la naissance de notre première Administration et à la création de nos premières grandes infrastructures, jetant ainsi les bases d’un Etat moderne.

Ces progrès ne doivent cependant pas occulter le douloureux héritage du consensus tous azimuts.

En effet, de l’avis de nombreux observateurs tant au Gabon qu’à l’étranger, l’hyper-politisation de notre société et nos multiples incohérences ont été un frein à son développement pourtant bien engagé.

La Conférence Nationale, évènement initialement accueilli par les filles et fils de ce pays comme le rendez-vous du nouveau départ, a permis un certain nombre d’acquis très importants avec l’adoption du multipartisme, la liberté d’association, d’opinion et d’expression ; la mise en place des institutions démocratiques et républicaines, la séparation des pouvoirs ; avant d’être détourné de son objet pour se transformer en d’interminables joutes, en des règlements de comptes politiques.

Dans ce sens, la vérité des faits impose de reconnaître que l’adoption du multipartisme a donné lieu à une odyssée vers la création de partis politiques à caractère provincial, régional, ethnique et même familial. Tout se passait comme si la création d’un parti politique permettait un accès plus rapide, plus facile et plus évident à la richesse, plutôt que le travail à l’usine ou à la plantation.

En d’autres termes, créer un parti politique était le moyen le plus sûr de s’enrichir rapidement et indûment, grâce aux subventions que l’Etat versait et que personne n’a jamais pris le soin de contrôler.

Ce fut aussi cela le résultat des « Accords de Paris » dont la tenue, rendue nécessaire par les violences de janvier et février 1994, a produit des résolutions qui seront vite contestées par ceux-là même qui ont contribué à leur mise en place.

Nous nous sommes dotés d’un code électoral strict, plus rigoureux que les modèles français, allemand et américain, et cependant, celui-ci a été systématiquement contesté et remis en cause par les perdants.

Nous avons passé beaucoup trop de temps à ne faire que de la politique, au détriment du développement économique et social de notre pays et du bien être de ses populations. Ces mêmes populations ont été transformées en spectatrices impuissantes de leur destin, alors que les hommes politiques allaient et venaient, de négociations en arrangements, souvent guidés par des appétits personnels.

Il y a eu ensuite « les Accords d’Arambo », où la réflexion sur la question des élections a conduit à la création de la Commission Electorale Nationale Autonome et Permanente (CENAP) qui, à peine créée, a également essuyé des contestations et même des accusations.

Vingt-deux ans après la tenue de la Conférence Nationale, après tous les constats que nous avons pu faire et les échecs que nous avons essuyés, devons-nous organiser une Conférence Nationale dite souveraine, dont le but affirmé n’a d’autre objet que de perpétrer un véritable coup d’état constitutionnel, ouvrant ainsi la voie à la tenue de petits arrangements entre amis ?

La politique devrait-elle se résumer en Afrique à des grandes messes où tout le monde trouve son compte ?

Je refuse cette conception tropicale de la gestion des affaires publiques !



C’est pourquoi, à notre sens, la demande d’une telle rencontre masque mal l’indigence d’une opposition en manque de projet et qui a été battue à chaque échéance électorale. Elle cherche aujourd’hui à s’exonérer des lois de la République pour tenter d’exister et d’accéder au pouvoir par effraction.

Ceux qui demandent cette conférence manifestent en fait leur aigreur de ne plus être aux affaires. C’est cette manière de faire qui justifie, entre autres, le rejet que nos compatriotes expriment de plus en plus envers la classe politique.

De nombreuses personnalités à l’étranger comme chez nous, s’étonnent de cette nouvelle tendance qui veut qu’au Gabon, on se proclame opposant dès lors qu’on n’est plus aux responsabilités, comme si la seule vie politique qui vaille est celle que l’on mène au gouvernement. Etre ministre n’est pas une profession.

N’est-il pas normal, pour un pays qui veut se développer, de faire appel à des nouvelles énergies, de donner sa chance à une nouvelle génération ? Nous devons apprendre à passer le témoin, à faire en sorte que d’autres talents émergent.

Certains veulent rester scellés à leurs postes au risque de bloquer des générations entières de nos compatriotes.

Ceux qui veulent la conférence nationale aujourd’hui, ce sont les mêmes qui, hier encore, la refusaient. Ils la refusaient parce qu’elle ne servait pas leurs intérêts.

Ils la refusaient parce qu’elle risquait d’ouvrir la voie à de nouvelles forces politiques auxquelles ils ne voulaient ni ne pouvaient faire face.

Ceux qui réclament à cor et à cris la conférence nationale aujourd’hui, ce sont les mêmes qui hier ont été jusqu’à introduire dans la Constitution de la République, un âge limite pour accéder à la fonction ministérielle, pensant ainsi me punir de m’être montré favorable au dialogue politique.

Deux décennies après, ces mêmes personnes veulent une conférence nationale non pas dans l’intérêt du Gabon et des gabonais, mais dans le seul but d’assouvir leur appétit de pouvoir et de positions.

Dans toute démocratie moderne, le lieu par excellence du débat contradictoire est précisément le parlement. C’est ici au milieu des représentants du peuple et de la nation que se mène le véritable dialogue, puisqu’en votre sein toutes les parties du territoire et donc toutes nos communautés sont représentées.

Dans l’exercice de mes fonctions de Président de la République, j’ai déjà prouvé que je savais me mettre à l’écoute de mes compatriotes. Je l’ai fait s’agissant de l’épineuse question de l’île MBANIÉ, en recevant toute la classe politique et les forces vives de la nation. Rien ne m’y obligeait, mais je l’ai fait.

Je l’ai fait s’agissant de l’introduction de la biométrie dans notre système électoral. J’aurai pu la refuser, cette biométrie, comme certains de ceux qui s’attaquent à moi aujourd’hui l’ont fait dans un passé encore récent. Mais j’ai considéré dans l’un et l’autre cas qu’il y allait de l’intérêt supérieur de la nation, alors je l’ai fait.

Je vous annonce que dans les prochaines semaines je recevrai à nouveau la classe politique et les forces vives de la nation pour parler de la CEMAC, car comme vous le savez, notre pays assure la présidence de cette organisation sous-régionale depuis le dernier sommet de Brazzaville.

Je ne redoute pas le dialogue.

Mais je ne dialoguerai pas avec des personnes qui ne respectent ni les institutions de leur propre pays, ni ceux qui les incarnent, encore moins les Lois de la République.

Je ne dialoguerai pas avec ce genre de personnes.

Je ne dialoguerai pas avec des personnes qui, se prétendant chrétiennes, envoient des casseurs dans la rue le jour de l’Assomption, jour consacré à la célébration de la Vierge Marie.

Je ne dialoguerai pas avec des personnes qui, ayant occupé des hautes fonctions dans l’Etat, veulent bafouer les symboles de la République en cherchant à occasionner des violences le 17 août, jour de la célébration de notre Indépendance.

Je le dis très clairement, tant que ces personnes-là poseront des actes antipatriotiques et de défiance à l’Autorité de l’Etat, je ne les recevrai pas.

Tant que par leurs actes, ces gens-là mettront en péril la vie des citoyens qu’ils prétendent protéger, je ne les recevrai pas.

Nous avons le devoir de préserver notre unité et notre cohésion nationales.

En tant que Président de la République, j’ai le devoir d’assurer cette cohésion. Par conséquent, je reste disposé à recevoir et à travailler avec tous ceux des compatriotes qui le désirent dans le strict respect des institutions et des lois de la république.

L’objectif que nous devons nous fixer dès aujourd’hui, est de situer le gabonais avec lui-même et avec l’autre.

En chacun de nous, il y a nous et l’autre parce que dans tout homme, il y a deux êtres, un être individuel qui se perd dans les méandres de la solitude, et un être social qui se construit exclusivement par l’acceptation de l’autre.

La différence des représentations et des comportements entre l’autre et moi n’est donc pas le fait d’une différence naturelle mais plutôt l’effet d’un formatage culturel de la pensée.

J’ai prêté le serment d’œuvrer en tout temps, et de toutes mes forces, pour le bien-être du peuple gabonais. Je lui dois la vérité.

La vérité c’est que je ne laisserai personne remettre en cause notre vivre ensemble, quels qu’en soient les prétextes, les motivations ou la qualité des auteurs.



Honorables Députés,

Vénérables Sénateurs,

Distingués invités,

Mesdames, Messieurs,



Nous nous devons de tourner le dos à la violence parce que la violence fait accéder à la folie. La folie elle, est meurtrière pour soi-même et pour ceux qui nous entourent.

Nous n’avons encore jamais vu de par le monde un pays qui se soit développé en détruisant ses fondements essentiels.

La Nation Gabonaise est forte lorsqu’elle élève la contradiction au-dessus des particularismes. Elle est faible et fragile lorsqu’elle se laisse aller à la stigmatisation, à l’exclusion, au repli identitaire.

En tant que Chef de l’Etat, en tant que garant du bon fonctionnement des institutions et de la cohésion nationale, en tant qu’homme ouvert au monde, je me battrai de toutes mes forces pour le bien des gabonais.

Je consacrerai toute mon énergie pour l’amour de notre pays, à la lutte contre la division, la stigmatisation, la balkanisation, la xénophobie.

Nous devons lutter contre les promoteurs de ces maux qui ont produit tant de désastres et de désolations sur le continent, et que certains comportements irresponsables risquent d’attirer aux portes de notre pays.

Notre nation n’a besoin ni de régionalisme, ni de tribalisme. Notre nation a besoin de cohésion et de sérénité. Notre nation a besoin de paix et de développement.

Le tribalisme est une forme de racisme. C’est une bête immonde qu’il convient de combattre avec la dernière énergie.

Je demande au parlement d’étudier le cadre législatif nécessaire pour pénaliser le tribalisme au même titre que le racisme. Par conséquent, toute entité, privée ou étatique, politique ou religieuse qui prône et développe des thèses tribalistes, devrait être poursuivie et condamnée par la justice.

Le tribalisme est un poison que certains sont en train d’inoculer dans notre corps social, en prônant la supériorité de soi et le rejet de l’autre.

L’autre c’est le Punu. L’autre c’est le Fang. L’autre c’est le Kota, le Myéné, le Téké, le pygmée. Mais l’autre c’est aussi le Fang de Bitam lorsqu’on est Fang d’Oyem. L’autre c’est le Punu de Mouila lorsqu’on est Punu de Tchibanga. L’autre c’est le Téké lorsqu’on est Obamba. L’autre c’est l’Orungu lorsqu’on est Nkomi.

L’autre c’est le Mpongwe de Glass lorsqu’on est Mpongwe de Louis. L’autre c’est le Camerounais, le Congolais, l’Ivoirien, le Béninois, le Sénégalais, le Malien.

L’autre c’est le Blanc, le Rouge, le Jaune. L’autre c’est l’Arabe. L’autre c’est le chrétien. L’autre c’est le musulman, le bouddhiste, le bwitiste. L’autre c’est l’étranger.

On peut donc en définitive se demander : qui est l’autre ?

Certains d’entre nous pensent que le Président de la République ne devrait pas évoquer ce genre de questions. Ceux qui pensent ainsi s’imaginent qu’on fait disparaître la poussière en la mettant sous le tapis. Agir de cette manière, c’est refuser de regarder la réalité en face.

D’autres pensent qu’il serait préférable de rester indifférents et que le problème finira bien par disparaître.

A ces compatriotes qui réfléchissent ainsi, j’aimerais poser une question : comment le Président de la République peut-il garantir la cohésion nationale s’il reste indifférent face à un mal qui menace notre nation ?

Non, Mesdames et Messieurs, nous ne pouvons pas rester indifférents. Nous ne pouvons pas laisser l’indifférence nous dévorer.

Il me revient à l’esprit à l’heure où je m’exprime devant vous, ce poème de Martin Niemöller, Pasteur Allemand, décédé le 06 mars 1984, et qui pendant la deuxième guerre mondiale a écrit, je cite :

« Quand ils sont venus chercher les communistes,

Je n’ai rien dit,

Je n’étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,

Je n’ai rien dit,

Je n’étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs,

Je n’ai pas protesté,

Je n’étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques,

Je n’ai pas protesté,

Je n’étais pas catholique.

Puis ils sont venus me chercher,

Et il ne restait personne pour protester. » Fin de citation.



Ce texte traduit les dangers de l’indifférence. Le mal que nous refusons de combattre finit toujours par nous atteindre.

Le temps est venu pour nous de tourner la page. La page de la contestation honteuse, fondée sur le tribalisme. Le temps de la recherche d’une promotion non pas sur la base du mérite, mais sur la seule appartenance ethnique ou tribale. Ces temps-là sont révolus.

La géopolitique a surement été nécessaire pour que la nation se reconnaisse dans ses dirigeants.

Elle a surement été nécessaire pour bâtir et consolider notre lien social. Mais aujourd’hui, nous devons tourner la page.

La géopolitique, sortie de son contexte, a favorisé la constitution de baronnies. Elle a permis la mise en place d’une gestion féodale des élites qui a eu pour conséquence de fragiliser l’Etat et de paralyser, par endroit, l’action publique. Celle-ci se confondant avec la volonté de tel ou tel roitelet.

Je parlais tantôt de la nécessité d’accepter l’autre. Je me dois de préciser que cette acceptation de l’autre est une attitude d’écoute, d’observation et d’objectivation permanentes. C’est pour cela que nous devons lire notre relation avec l’autre dans un paradigme d’ethnosociabilité.

Ce paradigme se traduit par le souci pour chacun de nous de manifester son besoin profond d’entretenir avec autrui, des relations humaines, des relations saines, des relations construites sur le respect, la considération de l’autre, l’envie et le besoin de se connaître pour repousser « le cancer social » qu’est le tribalisme.



Honorables Députés,

Vénérables Sénateurs,

Distingués invités,

Mesdames, Messieurs,


Nous sommes une nation parce que nous avons en partage notre passé. Nous sommes une nation parce que nous avons des ressentis communs, une vision commune du monde qui nous entoure. Nous sommes une nation parce que nous avons décidé d’avoir en partage notre avenir.

La nation gabonaise c’est la prise en compte effective de toutes ses composantes sociales : ce sont ses hommes, mais aussi ses jeunes et ses femmes qu’il nous faut intégrer dans la gestion des affaires publiques.
Je demande au gouvernement et au parlement de légiférer dans les meilleurs délais afin qu’une place plus importante soit réservée aux femmes et aux jeunes sur les listes de candidatures aux élections locales et au sein des exécutifs locaux. Cela implique une répartition équitable que j’envisage à 30% pour les femmes et 30% pour les jeunes âgés de 18 ans à 35 ans.
Nous sommes également une patrie.

Nous le sommes parce que tout au long de notre histoire commune, nous avons su établir une continuité non seulement de notre territoire, mais aussi de nos réalisations, de nos réussites, de nos rêves, de nos efforts…

Nous sommes une patrie parce que nous avons conscience d’avoir hérité du labeur de nos ancêtres. Nous le sommes aussi par notre éducation, nos croyances, notre attitude face à la mort, notre manière d’invoquer l’au-delà.
La patrie nous est consubstantielle, en ce sens que nous venons au monde, en recevant mille fois plus de notre pays que nous ne pouvons lui apporter. C’est pourquoi on parle souvent du culte de la patrie.

Oui, ayons l’amour de notre pays et le culte de la patrie comme dénominateurs communs.

Nous ne pouvons pas aimer notre pays à reculons.

Nous qui sommes aux responsabilités aujourd’hui, nous devons prendre conscience que le Gabon nous regarde, la jeunesse gabonaise nous regarde.

De quel pays avons-nous hérité ? Quel pays allons-nous léguer à nos enfants ? Dans quel état sera-t-il ?

C’est ici que je voudrais faire appel à une autre notion, quelque peu surannée pour certains, mais tellement essentielle : le patriotisme.

Le patriotisme relève de l’attachement profond que nous devons à notre pays. Le patriotisme, c’est ce qui nous pousse à situer l’intérêt général au-dessus de nos intérêts particuliers et partisans.

Le patriotisme, c’est la volonté et la détermination de préserver le bien commun. Le patriotisme, c’est « Gabon d’abord » !

Le patriotisme ce n’est pas indiquer que la victoire de l’Equipe Nationale reviendrait à une ethnie au motif que celui qui a marqué le but appartient à cette ethnie-là.

Le patriotisme c’est célébrer le vert-jaune-bleu au-delà de toute autre considération.

Le patriotisme c’est célébrer notre médaillé olympique pour l’honneur qu’il a fait à notre pays.

Le patriotisme c’est l’extraordinaire communion qui a enflammé le peuple gabonais tout entier lors de la CAN 2012.

Ensemble nous avons célébré nos victoires, ensemble nous avons pleuré quand fut venue l’heure de la défaite. Nous avons été unis dans la victoire et soudés dans la déception.

Nous qui nous érigeons en donneurs de leçons, nous sommes-nous souvent demandé, si dans l’exercice quotidien de nos fonctions respectives, nous avons toujours placé l’intérêt général au-dessus de nos intérêts particuliers ?



Combien de fois avons-nous signé un acte administratif, avec la pleine conscience que cela ne servait pas l’intérêt général ? Mais nous l’avons quand même fait, pour notre propre intérêt.

Combien de fois avons-nous fermé les yeux sur un contrat, une convention, un marché, dont nous savions qu’il ne servait pas les intérêts du pays ?

Combien de fois avons-nous bradé notre patrimoine commun, notre sous-sol, dans des conventions léonines, en ne pensant qu’à nous-mêmes, sans penser au pays, encore moins aux générations futures ?

Combien de fois ?

Combien de fois avons-nous, par cupidité, contribué à spolier notre pays, au seul profit des grands groupes étrangers ?



De ces questions essentielles, nul ne veut parler.



Lorsqu’en 2007 déjà Omar BONGO ONDIMBA, mon prédécesseur, dans un discours désormais passé à la postérité posait la même problématique, il ne s’adressait pas aux gens venus de nulle part, c’est à nous qu’il parlait, classe politique, classe dirigeante et population gabonaise, chacun à sa place et chacun en ce qui le concerne.

C’est nous gabonais qui avons fait Air Gabon et c’est nous gabonais qui avons détruit Air Gabon.

C’est nous gabonais qui avons fait le Transgabonais et c’est nous gabonais qui l’avons détruit.

C’est nous gabonais qui avons fait Africa N°1 et c’est nous qui l’avons détruit.

C’est nous gabonais qui avons fait la Fondation Jeanne Ebori et l’Hôpital Pédiatrique d’Owendo et c’est nous qui les avons détruits.



Blâmer l’autre ne peut en aucune façon nous exonérer de notre propre responsabilité.

Certains semblent avoir mis un tel acharnement à détruire notre pays, qu’on en viendrait à croire qu’ils posséderaient quelque part un pays de rechange !

Mais nous, nous n’avons pas de pays de rechange. C’est pourquoi nous devons tout mettre en œuvre pour construire notre pays. Nous devons bâtir une nation prospère. C’est notre génération qui doit y arriver. Faute de quoi le retard accumulé serait irrattrapable par nos enfants.



Honorables Députés,

Vénérables Sénateurs,

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,



Il faut en finir avec le laxisme, l’attentisme, l’immobilisme et la paresse. Il faut déserter le camp des partisans du moindre effort et passer à l’action. Aucun pays ne s’est développé sans mettre de l’ardeur au travail. Le travail à l’atelier, le travail à l’usine, le travail dans l’entreprise, le travail au ministère, le travail à la plantation, le travail en mer.

Mon rêve et mon ambition sont de construire un nouveau Gabon, un Gabon fort, un Gabon uni et rassemblé, un Gabon d’une prospérité toujours plus accrue, un Gabon où il fait bon vivre, un Gabon immortel et digne d’envie, un Gabon Emergent. Cela est possible. D’autres l’ont fait, nous le pouvons aussi.

Aucun décret ne fera du Gabon un pays Emergent. Nous ne le deviendrons que si nous le désirons ardemment, et si nous nous mettons résolument au travail.

Dans un environnement international marqué par la concurrence, nous devons prendre conscience qu’il nous revient de dessiner la place du Gabon en Afrique et dans le reste du monde.

Nous avons le devoir, nous qui avons succédé aux pères fondateurs, d’aller plus loin, afin de léguer à nos enfants un pays dont ils puissent être fiers.

L’amélioration du quotidien des gabonais est le fondement du contrat que j’ai passé avec mes compatriotes qui m’ont porté à la tête de notre pays.

C’est fort de cela que j’ai proposé un projet de société avec des données maîtrisées et réalistes. Ce projet, auquel le peuple gabonais a adhéré, je l’ai décliné en un Plan Stratégique Gabon Emergent (PSGE).

Depuis trois ans, nous avons mis en œuvre une politique de réforme économique et sociale ambitieuse qui guide désormais notre développement.

Ces réformes sont aujourd’hui saluées par les gouvernements et par les organismes les plus compétents.

Ainsi, la réforme budgétaire en cours nécessaire à la consolidation de nos finances publiques recommande que les pratiques courantes dans nos administrations migrent progressivement vers les principes et les bonnes pratiques observés au plan international et véhiculés par les partenaires techniques et financiers, dont le FMI, la Banque Mondiale, l’Union Européenne, la Banque Africaine de Développement etc.

Ces principes et bonnes pratiques prescrivent qu’avant d’être exécutées, toute dépense, notamment la dépense d’investissement doit faire l’objet :

- de plan de passation de marchés ;

- de plan d’engagement ;

- de plan d’ordonnancement répondant au principe selon lequel « L’Etat ne paie qu’après service fait ». Cela permet de s’assurer que le règlement correspond bien au niveau de réalisation des travaux sur le terrain.



Les résultats que nous avons atteints à ce jour ne sont pas encore satisfaisants à nos yeux, mais ils nous encouragent à persévérer dans la poursuite de notre rythme de réformes.

Parmi les travaux que nous avons engagés, il y a aussi notre projet de code en matière de développement durable qui sera la synthèse de toutes les réflexions évoquées au niveau mondial dans ce domaine.
Il s’agit pour nous d’initier et d’être les premiers à mettre en œuvre une vrai politique dans le domaine du développement durable, non pas parce qu’il s’agit d’un sujet à la mode, mais parce que notre pays peut devenir le modèle du continent, voire nous l’espérons un leader mondial dans ce domaine.

La loi que nous voulons mettre en place reposera sur les principes et les objectifs fondamentaux de l’action des pouvoirs publics, des opérateurs économiques et de la société civile pour assurer un développement durable.

L’objectif étant de promouvoir un processus de développement qui intègre de manière équilibrée et synergique les dimensions économiques, sociales et environnementales pour satisfaire les besoins des générations présentes sans compromettre les capacités de générations futures à satisfaire leurs besoins tout en préservant notre patrimoine naturel, économique, physique, humain, social et culturel.

Le développement durable que nous envisageons sera l’exemple de ce qui doit être fait pour que nos compatriotes retrouvent et reprennent possession de leur développement, grâce à la multitude de richesses dont nous disposons et que notre terre nous offre.

Aujourd’hui, dans un esprit de responsabilité, tous nos efforts sont consacrés à la mise en œuvre de notre programme de développement, dans la durée et sur l’ensemble du territoire national.

Le pilier central de ce programme est le nouveau Schéma Directeur National d’Infrastructures. Celui-ci permettra au Gabon de veiller à ce que les meilleures infrastructures se développent à travers la mise en place de projets prioritaires planifiés et ordonnés dans tous les secteurs économiques.

La seule manière de lutter contre les erreurs du passé reste le renforcement de notre dispositif institutionnel.

Nous avons réuni des experts du monde entier pour travailler sur la compilation de ce projet et pour en faire un plan solide et réalisable, prêt à être mis en œuvre.

C’est ce plan que l’Exécutif met progressivement en œuvre.



Nous croyons fermement qu’il s’agit d’un plan sur lequel nous, dirigeants Gabonais, pouvons nous appuyer pour un développement global et harmonieux de notre pays.

Le résultat attendu sera de doter notre pays d’infrastructures structurées et plus compétitives assurant une croissance durable de notre économie. Les premiers fruits sont à présent visibles. Nous enregistrons en effet depuis 2010, une croissance économique qui oscille entre 5,6% et 6,7% dans un environnement international secoué par la pire crise économique survenue depuis des décennies.

Il est à noter que pour la première fois depuis des décennies, la part hors pétrole de notre PIB contribue pour plus de 12% à notre taux de croissance actuelle.

Pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés, j’ai demandé dès 2010, au gouvernement de développer et de faciliter la réalisation de ce plan.

Lequel a été conçu en prenant en compte les infrastructures existantes, notre potentiel de croissance et notre vision d’un Gabon émergent. Cela induit la mise en synergie du Gabon industriel, du Gabon vert et du Gabon des services.

Mon espoir à travers les réformes engagées est de démontrer à nos concitoyens, aux investisseurs potentiels et au monde entier, que le Gabon est désormais une terre d’opportunités.

Le schéma directeur que je vous présente aujourd’hui est le premier du genre initié et adopté par notre pays. Son articulation simplifiée conduit à :

- La présentation d’un cadre comportant l’analyse économique des secteurs porteurs, leur potentiel d’évolution ainsi que la méthodologie utilisée ;

- Une stratégie fixant les orientations générales de l’Etat en matière de modernisation, de construction et de développement d’infrastructures respectueuses de l’environnement et participant du développement durable ;

- La présentation d’un planning de lancement des projets et le rôle moteur que le secteur privé doit y jouer ;

- La mise en place d’outils de programmation et de prise de décision conformes aux normes internationales.



L’exécution du schéma directeur donnera une impulsion décisive à la diversification de l’économie gabonaise, stimulera l’investissement local et étranger direct afin d’améliorer les conditions de vie des populations. C’est ici qu’il convient de souligner la nécessité du partage des fruits de la croissance.

Ce partage que nous avons présenté à travers le triptyque « PAIX – DEVELOPPEMENT – PARTAGE » ne peut se faire qu’à travers la mise à disposition des populations des infrastructures de base que sont la route, l’hôpital, l’école, l’habitat etc.

Ce partage c’est aussi la sécurité sociale, l’augmentation des allocations d’études, l’emploi et l’augmentation du pouvoir d’achat.
Nous avons besoin pour parvenir aux résultats escomptés de marquer notre pleine et entière unité autour du projet Gabon Emergent, afin que ressorte notre véritable unité pour bâtir notre pays.

En résumé, le Plan Stratégique Gabon Emergent vise à faire du Gabon un pays émergent à l’horizon 2025.
Ainsi, la période 2009-2025 devrait voir la mutation d’une économie à faible valeur ajoutée et peu créatrice d’emplois vers une économie diversifiée, s’appuyant sur trois piliers essentiels : le Gabon Vert, le Gabon Industriel et le Gabon des Services, portés par un secteur privé dynamique et un tissu de PME créateurs d’emplois.

La stratégie prévoit, durant la période 2009-2016, de bâtir les fondements de l’émergence, à travers :

- Le développement d’un réseau national d’infrastructures économiques et sociales compétitif ;

- Le renforcement du capital humain et des compétences nationales dans les nouveaux piliers de croissance ;

- Des réformes conduisant vers la mise en place d’un environnement des affaires de rang international afin d’attirer un flux massif d’investissements privés nationaux et étrangers, et enfin ;

- La consolidation de la gouvernance, notamment à travers une réforme en profondeur et un renforcement des capacités de l’administration gabonaise.



L’agenda 2012 du Plan Stratégique Gabon Emergent marque une innovation majeure dans la stratégie de mise en œuvre, avec un souci de synergie maximale dans l’action gouvernementale.

Ainsi, huit Plans Nationaux Intégrés ont été élaborés, fédérant dans une démarche cohérente les actions prévues dans ce domaine par chaque ministère, dans lesquels une méthodologie commune, un travail d’équipe entre plusieurs ministères et un pilotage coordonné s’avèrent nécessaires pour une mise en œuvre efficace de l’action gouvernementale.

De même, ces plans ont été déclinés en projets qui permettent de réorienter le fonctionnement de l’administration.

Depuis trois ans déjà, le Gouvernement de la République met en œuvre le PSGE, secteur par secteur. Des réalisations sont plus visibles dans certains secteurs.
Les retards que l’on semble observer ici et là, seront rattrapés conformément au nouveau programme de travail gouvernemental.

Le PSGE n’atteindra sa pleine mesure que si les PME-PMI gabonaises prennent une place plus affirmée dans notre économie.

Je ne crois pas à un développement économique uniquement fondé sur les grandes entreprises.

Nous avons besoin d’un réseau de PME-PMI dynamique, efficace et qui donne la pleine mesure du génie et savoir-faire gabonais.



Honorables députés,

Vénérables sénateurs,



Vous l’aurez compris il ne peut y avoir aucun développement dans la haine et la division.

Les représentants du peuple que vous êtes doivent travailler sans relâche en vue de créer chaque jour les conditions de production d’un Gabon prospère à travers le vote de la loi, le consentement de l’impôt et le contrôle quotidien de l’action de l’exécutif dans les conditions prévues par loi.

Je vous demande à vous le parlement qui exercez une grande partie du pouvoir législatif et de contrôle de l’action gouvernementale, de vous approprier pleinement le Plan Stratégique Gabon Emergent duquel découle le Schéma Directeur National d’Infrastructures afin que vous l’utilisiez comme un outil devant vous aider à mieux comprendre les orientations générales prises par le gouvernement.

C’est aussi un outil visant à faciliter le vote de la loi et le contrôle des activités du gouvernement en rapport avec l’exécution de la loi des finances et des lois générales.

Le gouvernement vous soumettra dans les prochaines semaines un projet de loi d’orientation sur le Plan Stratégique Gabon Emergent.

Votre responsabilité serait entière si du fait d’une absence de Loi certains pans du Plan Stratégique Gabon Emergent venaient à ne pas être exécutés. Votre responsabilité serait entière si par manque de contrôle de votre part, le gouvernement venait à ne pas respecter les délais et les normes d’exécution du plan.

C’est pour ces missions nobles que les gabonais vous ont donné mandat d’agir en leur lieu et place pour la construction d’un nouveau Gabon, un Gabon de l’ambition.



L’ambition comme fondement de l’action.

L’ambition comme moteur principal du développement.

Si ceci est un rêve, nous l’assumons et nous vous invitons à le partager.



Tel est le Gabon moderne que je défends.



Tel est le Gabon que nous devons bâtir.



Tel est le Gabon dont je suis venu vous parler.



Vive la République !



Que Dieu bénisse le Gabon.


Je vous remercie.
 
 
10679 Visit(s)    0 Comment(s)   Add : 12/09/2012
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