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GABON : Le compte à rebours ?
 
Habitants de Libreville victimes des coupures d'eau de ces derniers jours

GABON - LIBREVILLE LE 26 OCTOBRE 2012 © koaci.com - Du haut de l’inestimable tribune que lui a offerte l’Union des Forces du Changement (UFC) à Rio le 22 septembre dernier, Zacharie Myboto n’a pas fait dans la dentèle. A la fin de ses piques assassines sur le pouvoir et sur le président Ali Bongo Ondimba, le président de l’Union Nationale (UN) dissoute a conclu son propos sur une note menaçante. Il donnait jusqu’au 31 octobre au chef de l’Etat pour convoquer une Conférence Nationale Souveraine (CNS). Sans quoi, disait-il, l’opposition se verrait contrainte de demander son départ. Le pouvoir s’était bien gaussé publiquement de cet ultimatum. Le porte-parole du président de la République s’étant même osé à décompter au cours d’une émission de radio le nombre de jours qui restait avant la date fatidique. En réalité, il n’en est rien et le Parti Démocratique Gabonais (PDG) au pouvoir qui joue lui aussi dans la dérision, la prend au contraire dans les faits très au sérieux. Le pic a été atteint le week-end dernier quand les populations se sont vues imposer un programme de rassemblements et de meetings qui ressemblait à s’y méprendre à une campagne référendaire avec pour question fermée : pour ou contre la CNS Search CNS ?

A l’agonie ou convalescent, le vieux pont de Kango à un peu plus de 100 km de Libreville a dû se demander ce qui se passait encore à Libreville pour voir autant de caravanes lui passer dessus. Toutes dans le sens de la sortie vers l’intérieur du pays le jeudi et le vendredi. Toutes dans le sens du retour vers Libreville le dimanche et le lundi. Et ces délégations ne comptaient pas que des bras cassés et des sous fifres. Côté PDG, chaque élu, chaque cadre du parti, chaque ministre est allé dans son fief pour redire que la CNS Search CNS ne devait pas se tenir et expliquer pourquoi. En face, l’UFC n’a pas fait non plus avec le détail. Les cadres des formations politiques qui la composent sont eux aussi descendus sur le terrain qui se trouve être le même, pour réaffirmer l’indispensable organisation de cette Conférence Nationale Souveraine pour assainir un pays en pleine crise politique, économique et sociale.

Et les deux groupes ont choisi comme socle de cette campagne leurs dernières sorties de référence. Le PDG Search PDG fonde ses arguments sur l’adresse de son président et chef de l’Etat devant le Parlement réuni en congrès pour redire que la CNS Search CNS est en réalité un coup d’Etat constitutionnel orchestré par des gens à qui manquent les délices, avantages et prérogatives d’un pouvoir qu’ils ont quitté par trahison et qui veulent revenir à la mangeoire. Des personnes qui critiquent pour le plaisir les réalisations que tout le monde voit et qu’ils n’ont pas pu effectuer quand elles géraient les affaires et les deniers publics. Des anciens pédégistes qui reviennent eu bon souvenir de la Conférence nationale de 1990, des accords de Paris de 1994 et des accords d’Arambo qui avaient plus été utilisés pour se distribuer des postes de responsabilité entre les participants sans que la population n’en tire le moindre bénéfice. Il n’y a qu’à voir, pour en juger, l’état de catastrophe économique et sociale dans lequel le pays se trouvait à la prise de pouvoir d’Ali Bongo Ondimba il y a trois ans. Les CNS Search CNS n’est pas à l’ordre du jour de leur calendrier d’actions qui repose sur le projet de société sur la base duquel Ali Bongo Ondimba Search Ali Bongo Ondimba a été élu par la population.

Encore faut-il qu’il ait été élu démocratiquement, semblent répondre de loin les rassemblements de l’opposition. "Ce type a effectué un coup d’Etat électoral et il ne dispose d’aucune légitimité", a-t-on par exemple entendu dire un responsable de la délégation de l’Union Nationale dans le Haut-Ogooué au cours d’un meeting à Moanda. Et tout le problème partirait de là. D’une élection que l’opposition dit volée et dont les conséquences sont la dégradation de la vie politique du pays, la glissade progressive et indiscutable vers une dictature militaro-judiciaire pour imposer une autorité massivement rejetée par le peuple, le ridicule et le déshonneur collant à l’image internationale du pays qui a connu un réel recul démocratique à l’exemple de son Assemblée Nationale qui ne compte qu’un seul groupe parlementaire, les multiples ratures effectuées sur la Constitution pour gonfler les prérogatives d’un président de la République au détriment des autres institutions de la République qui en perdent. A l’exemple de l’Assemblée Nationale qui ne peut plus contrôler l’exécution de la loi de finances qu’elle vote. La dépense publique ayant été confiée à des agences directement rattachées au chef de l’Etat qui n’a pas l’obligation de rendre compte au Parlement. Devant les populations, les membres et dirigeants de l’UFC ont également dénoncé le népotisme au sommet de l’Etat. Dans aucune démocratie du monde on ne peut accepter que le président de la Cour Constitutionnelle soit un parent du chef de l’Etat. Pour eux, il faut que ça change et la Conférence Nationale Souveraine est exigée pour le faire. Dans tous les cas clament-ils, avec ou sans le PDG, avec ou sans Ali Bongo Ondimba, elle va se faire. Menace ou prémonition ?

Les arguments ont un air de déjà vu, déjà entendu. Sauf que pour cette tournée menée en parallèle, les stratégies changent. Côté opposition, la mobilisation a eu lieu pour l’essentiel en plein air. Comme à Mitzic dans le Woleu-N’tem où l’espace choisi a semblé exigu ou à Moanda où la cour privée retenue a refusé du monde. Le regroupement mobilisait une population hétéroclite. Jeunes, vieux, hommes et femmes sont venus écouter et voir, pourquoi pas, ce groupe d’hurluberlus qui osaient pour la première fois dire ouvertement non à un président de la République, au pouvoir si puissant du PDG Search PDG qu’ils en avaient une peur bleue, et qui parlaient pourtant le langage dans lequel ils se reconnaissaient eux-mêmes. Et chaque fois, chacun des orateurs a pris à témoin l’assistance sur la justesse de ses mots et s’est vu répondre soit par une salve d’applaudissements, soit par une approbation gutturale de la foule. Et chaque meeting de l’opposition s’est conclu par cet appel en direction de la population à se mobiliser pour prendre en main son propre destin, comme d’autres peuples l’ont fait avant elle, en attendant le mot d’ordre qui lui sera lancé au moment opportun que ce soit pour s’inscrire sur les listes électorales, ou pour des actions à venir pour changer le cours de la vie politique du pays.

Devant les cadres et hiérarques du PDG, un autre décor. Dans la majorité les rassemblements ont eu lieu dans les salles et les enceintes fermées. L’auditoire était plus composé de militants du parti, d’administratifs et de leurs auxiliaires. En tout cas de personnes qui avaient tout intérêt à y prendre part. On a même vu un ministre de la République descendre dans un lycée à Lambaréné pour expliquer aux jeunes pourquoi il ne fallait pas adhérer à l’idée d’une Conférence Nationale Souveraine. Qui se convaincra de l’idée selon laquelle ces élèves sont venus spontanément l’écouter là, dans l’enceinte de l’établissement qui ne devrait logiquement recevoir aucune manifestation politique, sans l’intervention sous forme de réquisition du chef d’établissement ?

Dans cette espèce de campagne électorale que personne ne voudra certainement désigner par ce nom, il y a ce qui s’est dit en public et ce qui s’est distillé, sournoisement dans les oreilles sous forme de rumeur. Comme celle qui a couru la semaine dernière, alimentée par les médias du public, sur le décès d’André Mba Obame, le Secrétaire exécutif de l’Union Nationale. Rien de plus faux dira un cadre de ce parti qui, jouant à son tour la corde de la dérision, rappelle qu’André Mba Obame a bien promis à ses détracteurs qu’ils allaient devoir se battre contre son fantôme. Qu’ils ne se pressent pas trop, leur a-t-il lancé.

Ashe Ema
 
 
8615 Visit(s)    0 Comment(s)   Add : 26/10/2012
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