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L’impossible alternance politique au Gabon par la voie des urnes sans une réforme constitutionnelle innovante.
 
::Article posté librement par un Koacinaute::

Chers compatriotes,
Mesdames, Messieurs,

Au moment où notre pays traverse une situation politique difficile et où certaines prises de paroles laissent poindre des potentiels positionnements qui risquent de perpétuer le mal politique dans notre pays et maintenir le peuple dans son état de souffrance, il me vient l’obligation de prendre la parole, en tant qu’universitaire et citoyen revendiquant ses droits démocratiques, afin d’attirer l’attention de mes compatriote et contribuer modestement à la réflexion qui a pris racine dans chacun de nos foyer. Je ne veux nullement me placer en juge et faire procès de bonne conscience à qui que ce soit, simplement d’ajouter, à la délibération des discussions politiques en cours, un point de vue autre. Il montre l’impossibilité de l’alternance politique au Gabon en l’absence de l’établissement préalable d’un État de droit avant toute élection. De ce constat, proposition de lutte politique est faite pour faire évoluer significativement notre pays.

La politique est tout ce qui à trait à la manière dont une communauté conçoit et organise ses institutions : mène ses affaires, défend, favorise et protège son bien-être collectif. Elle est l’art du gouvernement Searchgouvernement. Pour mener ses affaires, la communauté désigne quelques-uns aux commandes du gouvernement Searchgouvernement. Cette désignation se fait sur la base d’un concours électoral en vue de la rétention du projet de société le plus à même de faire évoluer la communauté. Le processus de désignation au gouvernement Searchgouvernement est donc une lutte politique entre deux ou plusieurs personnes (ou bien entre deux ou plusieurs organisations). L’enjeu est l’obtention de l’adhésion du peuple à son programme politique. Dans les démocraties, cette lutte politique entraîne la victoire de la partie qui fait valoir le mieux son projet politique. Dans les régimes autocratiques, comme le nôtre, elle est le fait de la forfaiture institutionnelle d’une minorité de la communauté soutenue par la puissance des armes et le pouvoir des intérêts égoïstes des multinationales françaises.

En effet, pour gouverner en démocratie, les aspirants à la conduite des affaires du pays entrent dans un concours oratoire à partir duquel chacun convainc de son aptitude à gérer efficacement, dans l’intérêt de tous, le bien public. Tous les acteurs de la vie politique du pays bénéficient des mêmes avantages pour faire valoir leur projet de société. Les citoyens décident ensuite du plus apte à gérer les affaires du pays. L’élu agira en conformité des promesses faites pour le développement de la communauté. S’il manque à ses engagements ou si le peuple constate s’être trompé dans son choix, au regard de ses attentes, puisqu’il est souverain de l’autorité politique, il le démissionnera. Le peuple fera ainsi l’économie des frais de l’incompétence et de la malveillance dans la conduite de ses affaires.

Nous le savons, la capacité du peuple à démettre les élus est l’un des facteurs qui a permis l’essor des sociétés occidentales, grâce, entre autres, à l’alternance des gouvernants qu’elle favorise. Les candidats au concours électoral se rivalisant dans la qualité des projets de société, mettent au service du peuple leur géni créateur et agissent de façon conforme à l’intérêt général de la communauté. L'alternance politique est de ce fait l’expression manifeste de la souveraineté du peuple pour encourager sa bonne gouvernance. L'alternance politique est favorisée par les mécanismes de séparation des pouvoirs des institutions de l’État. Elle empêche l’une des parties à un concours électoral de s’adjuger l’expression populaire librement exprimée et ainsi d’ôter au peuple son droit souverain d’élire et de démettre les gouvernement Searchgouvernements.

Assurément, lorsqu’il y a absence des mécanismes de la séparation de pouvoirs dans l’État, l’une des parties au concours électoral dispose nécessairement d’un rapport de force indu par rapport à l’autre partie. Les institutions qui organisent le concours électoral ont vite fait de la favoriser et la placer aux commandes du gouvernement Searchgouvernement. Le gouvernement Searchgouvernement ainsi désigné n’agira pas en conformité de l’intérêt du peuple, mais en rapport avec ce qu’il croit être la volonté du peuple. Au demeurant, même s’il dit parlé au nom du peuple, puisque le peuple n’a aucun moyen pour le rendre redevable de ses actions et le sanctionner si nécessaire, c’est en fait au nom de sa propre volonté qu’il s’exprimera.

En pareille situation, s’érige un gouvernement Searchgouvernement autocratique. Il conçoit et organise les institutions de la communauté pour mener les affaires, défendre, promouvoir et protéger les intérêts de quelques-uns au détriment du bien-être de tous. La vertu républicaine au regard de l’intérêt supérieur du peuple commande qu’en pareille circonstance, le combat politique ne soit plus axé dans l’accession au gouvernement Searchgouvernement, puisqu’il n’est pas conforme à l’expression de la souveraine volonté du peuple. La lutte politique doit nécessairement conduire à détrôner l’usurpateur des commandes du gouvernement Searchgouvernement.

En réalité, dès qu’un individu détient tous les pouvoirs de la paix, la sécurité et du gouvernement Searchgouvernement, la bonne gouvernance de la communauté est compromise, son développement périclite. Tout acteur politique qui entre en alliance politique avec un pareil gouvernement Searchgouvernement se fait complice du mal qui en résulte pour le droit souverain du peuple à disposer de sa destinée et contribue pour ce faire à favoriser la déchéance sociopolitique de la communauté nationale.

De fait, la lutte pour détrôner le gouvernement Searchgouvernement autocratique doit s’enraciner dans l’instauration d’un État de droit. Il ne saurait porter sur un autre objectif. En cela, il est malheureux de voir la légèreté avec laquelle certains parlent d’une possible alliance politique entre le parti de l’Union du Peuple Gabonais (UPG) et le pouvoir autocratique aux commandes du gouvernement Searchgouvernement. Également, il est vain, de la part du parti de l’Union Nationale (UN), de croire qu’en produisant des fichiers électoraux avec des données biométriques, le vote populaire changerait quelque chose à la donne politique actuelle.

Certes l’opposition demande que des réformes concernant la transparence électorale soient entreprises. Entre autres, la révision du Code électoral, la réforme de la Commission Électorale Nationale Autonome et Permanente (CENAP), le recentrage des compétences de la Cour Constitution SearchConstitutionnelle en matière électorale, le retour au scrutin uninominal à deux tours et l’accès de l’opposition aux médias publics sont sollicités. Notons qu’il existe un paradoxe à formuler de telles demandes. Comme si un voleur s’introduisait chez nous et volait tout notre bien. Au lieu de le demander de restituer le bien volé, nous sollicitons qu’il consente à nous le repartir équitablement. Le propre du voleur est de garder celé le bien volé. Il n’existe aucune grâce pour qu’il soit amené volontairement à donner une suite favorable à de telles demandes. De même, les demandes qui sont formulées par l’opposition ne visent que le processus électoral.

Il faut comprendre que la démocratie n’est pas que le fait pour les citoyens de voter librement. Personne au Gabon ne vote avec un fusil à la tempe. Le scrutin est libre malgré quelques accros importants. Pourtant, l’expression exprimée par le peuple gabonais n’est pas reflétée authentiquement dans la proclamation publiée par les institutions qui sanctionnent la joute du concours électoral. Ce n’est pas le vote libre qui donnera ses lettres de noblesse à la démocratie au Gabon, à la bonne gouvernance. C’est l’existence de la séparation des pouvoirs des institutions de l’État qui confèrent la propriété démocratique d’un système de gouvernement Searchgouvernement. Cette séparation des pouvoirs défend l’équilibre entre les concourants au suffrage électoral. Ce qui entraîne une proclamation authentique des scrutins et par conséquent la mise en place d’un gouvernement Searchgouvernement compétent. Car les gouvernants ainsi désignés, se sachant épiés et redevables d’une paix juste, de la sécurité de tous et d’une bonne gouvernance, agiront avec promptitude et droiture.

La lutte politique que nous devons mener doit donc viser l’instauration d’un État de droit avant tout autre considération. Pour cela, souvenons-nous que partout dans le monde où se manifestent des démocraties édifiantes, le vote populaire n’a jamais précédé l’existence d’institutions politiques authentiquement démocratiques. C’est par les luttes contre l’autoritarisme sous toutes leurs formes que s’est institué un équilibre politique des droits et des libertés desquelles sont nées les institutions politiques démocratiques.

La théorie de l’État de droit qui prend appui sur l’idée de la souveraineté du peuple indique qu’avant la société politique moderne, les individus vivaient dans un état de nature où régnait la domination des plus forts. Pour posséder sa liberté, les relations entre individus entraînaient un climat conflictuel. À traves ce climat, la liberté de chacun et de tous était menacée. Pour se prémunir des dangers d’une telle situation, tous ont favorisé la préservation commune de la liberté. La société civile qui en a résulté a garanti à tous et à chacun les mêmes libertés, les mêmes droits et les mêmes devoirs. Aussi, pour s’assurer que ne ressurgisse le règne de la raison du plus fort, l’équilibre des pouvoirs fut hissé en étendard du droit et de la liberté politique. C’est cette équilibre qui garanti la démocratie et le plein épanouissement des peuples.

Pour favoriser l’avènement de l’État de droit, l’engagement au combat politique au Gabon doit être axé dans la recherche d’un rapport de force favorable face au gouvernement Searchgouvernement autocratique. Il s’agit de disposer des arguments et des moyens populaires en vue de contraindre le pouvoir autocratique à restituer au peuple son droit souverain usurpé. Il faut par conséquent aller vers le peuple pour prendre appui sur sa souffrance et son mécontentement. Les démarches qui sont faites auprès de la France ou les démarches souterraines faites auprès de cet usurpateur ne sont que des aveux de faiblesse et une abdication pour le combat politique en vue de se complaire dans une posture du conquis.

Par ailleurs, la domination coloniale qui a façonné notre société a donnée le cadre politique dans lequel nous existons. L’indépendance politique n’a pas coupé le cordon ombilical entre le pouvoir colonial d’antan et l’autorité politique actuelle. Si dans les États africains anglophones il y existe une indépendance politique par rapport à l’ancien pouvoir colonial c’est bien parce que la grandeur de l’Empire britannique pouvait permettre de concéder le droit de ses anciennes colonies à disposer de leur propre destinée. Au regard de cette possession de souveraineté, les pays d’Afrique anglophone connaissent des fréquentes alternances gouvernement Searchgouvernementales qui favorisent un certains essor sociopolitique, ce qui n’est pas le cas des pays d’Afrique noire colonisés par la France.

Les déclarations faites par certains politiques français à l’effet qu’ils n’ont pas de candidats dans le processus électoral respectif des pays d’Afrique noire francophone, au-delà des ficelles qu’ils tirent dans les coulisse du pouvoir dans ces pays, dénotent un droit de regard, un veto qui leur confèrent le droit de considérer lequel des candidats au concours électoral doit prendre les commandes du gouvernement Searchgouvernement. Alors que nous nous serions crus affranchis d’une telle domination politique, admettons que la souveraineté de disposer de nous-mêmes n’est que de pure forme. La joute politique mise de l’avant pour désigner qui doit mener nos affaires, défendre, promouvoir et protéger notre bien-être communautaire, notre art de gouvernement Searchgouvernement, n’est qu’un jeu de dupe qui consacre un état de minorité nous interdisant de souverainement décider de qui doit gouverner notre peuple.

Pour cela, l’incapacité de certains politiques gabonais d’accéder au pouvoir par la force de l’expression des urnes conduit plusieurs à aller quémander en France des arbitrages politique d’une autre époque ou à entrer dans des alliances ou des logiques politiques qui desservent notre communauté nationale à moyen et long terme. L’idéal politique abandonné, certains endossent effectivement des postures politiques qui ne reflètent en rien les ambitions de tout peuple aspirant à sa plénitude politique.

Que serait devenu l’Inde, si Indira Gandhi avait choisi la compromission? Que serait devenu le peuple sud-africain si Mandela avait opté pour la voie de la facilité? En choisissant la voie de la commodité et de la compromission, nous optons pour la perpétuation des tares décriées et non pour l’avancement du peule vers son essor et sa félicité comme si bien dit dans notre hymne nationale.

Chers compatriotes, je voudrais simplement demander qu’on arrête de quémander la souveraineté du peuple. Le combat politique à mener en ce moment ne doit pas rechercher des alliances politiques qui légitiment la soumission du peuple; il ne doit pas non plus viser la participation à des élections pour une espèce de cohabitation politique hybride qui n’apportera aucun avantage tangible au peuple. Nous devons axer notre combat dans l’instauration d’un État de droit. Il ne faut attendre du pouvoir autocratique aux commandes de l’État la moindre concession à cet égard, à moins qu’il soit contraint par l’expression d’une certaine volonté populaire. Il faut aussi arrêter d’espérer de la communauté internationale qu’elle infléchisse le pouvoir actuel.

Il serait souhaitable que l’opposition entreprenne une tournée nationale et instruise le peuple sur les réalités politiques précédemment mentionnées et qu’il fasse signer une pétition pour entamer une réforme constitutionnelle d’initiative populaire en vue de l’instauration d’un État de droit dans notre pays. Toute démarche de lutte politique autre que celle que nous venons de décliner ne pourra qu’entraîner les mêmes résultats et les mêmes effets. Les dernières élections partielles des législatives nous ayant grandement instruit. L’opposition politique nouvelle du Gabon doit prendre le leadership de l’agenda politique et refuser de réagir aux infantilités de pouvoir. Nous devons démontrer une maturité politique à toute l’Afrique francophone.

Nous savons, chers compatriote, que la vie politique s’articule autour de nombreuses considérations et que la préservation des intérêts propres l’emporte généralement sur les intérêts collectifs. Nous sommes néanmoins dans un carrefour important de l’histoire politique de notre jeune Nation. N’attendons pas de la providence que notre démocratie se construise. Nous pouvons effectivement faire le choix de l’égoïsme et nous enfermer dans des logiques politiques sectaires et porter pour la postérité l’odieux d’avoir contribué au mal politique de la Nation ou faire le choix de la générosité en axant notre action politique dans l’établissement de l’État de droit, cherchant prioritairement, à doter notre pays d’une Constitution SearchConstitution démocratiquement légitimée par le peuple souverain. Si nous faisons ce dernier choix, la Nation gabonaise nous le revaudra à tout jamais.

Je vous remercie.

Joël Mbiamany-N’tchoreret


 
 
1774 Visit(s)    0 Comment(s)   Add : 11/10/2010
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