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Cellou Dalein Diallo: «Ce que Alassane dit, il le fait!»
 
Cellou Dalein Diallo, ici lors de l'entretien à Yamoussoukro Search Yamoussoukro le 21 mai 2011 (ph Guy Lasme)

:: Article de la rédaction de Koaci.com en Côte d'Ivoire::

L'opposant Guinéen Cellou Dalein Diallo Search Cellou Dalein Diallo invité par le Président ivoirien Alassane Ouattara Search Alassane Ouattara lors de son investiture du samedi 21 mai , a bien voulu recevoir la presse à l’hôtel président de Yamoussoukro.
au cours de l'entretien qui s'en est suivi, l'homme s'est prononcé sur l'intégrité du nouvel homme fort de la Côte d'Ivoire:"ce que Alassane dit,il le fait!" a t-il déclaré.
l'intégralité de ses propos.

Koaci.com: Que nous vaut excellence votre présence à l’investiture du président Alassane Ouattara Search Alassane Ouattara à Yamoussoukro ?

Cellou Dalein Diallo : Le président Alassane Ouattara Search Alassane Ouattara m’a fait l’honneur de m’inviter personnellement à cette importante cérémonie, j’espère que cela va marquer une rupture dans l’évolution de la Côte d’Ivoire. Je pense que ce pays frère et limitrophe s’engage désormais sur la voie de la réconciliation et du développement durable. J’ai été fier du discours tenu par le président Ouattara qui répond non seulement aux préoccupations des Ivoiriens mais aussi des Africains. Ce qu’il a dit, c’est de tenir son engagement à promouvoir la politique de réconciliation. Il est resté dans cet engagement à promouvoir la paix. Que la Côte d’Ivoire terre de fraternité et de dialogue reprenne sa place dans le concert des Nations.

On dit très souvent que ce qui s’est produit en Côte d’Ivoire sera un cas d’école en Afrique par rapport à la démocratie. Et vous qui poursuivez cette idéale en Afrique, quel est votre regard sur ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire ?

Je ne pense que ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire soit un cas d’école parce qu’on a déploré aussi ces violences postélectorales auxquelles on a assistées. Je ne souhaite pas que cela se passe dans un autre pays. Ce que nous souhaitons, c’est d’avoir des idées, un programme de société et que ceux qui perdent acceptent la victoire des vainqueurs. Bien évidemment, il est souhaitable que les institutions chargées de promouvoir les résultats prennent leur temps pour vérifier et pour ne prononcer que les résultats qui correspondent aux résultats issus des urnes. La démocratie semble aujourd’hui parfois menacée par l’incohérence, le manque d’indépendance de neutralité par ceux qui sont placés à la tête des Institutions chargées de conduire le processus électoral. Nous avons la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), la Cour Constitutionnelle ou la Cour Suprême qui sont les recours pour examiner les réclamations des candidats. Lorsque l’autonomie, l’indépendance, l’intégrité des hommes chargés de diriger ces Institutions ne sont pas garanties, et bien, il y a des risques que la vérité et le droit ne triomphent pas. Cela peut conduire à des violences extrêmement graves.

Généralement vous qui prônez la démocratie en Afrique, vous êtes taxés de candidats de l’étranger, de l’occident. On parle même d’ingérence dans les affaires des pays Africain. Quels commentaires?

Je pense que la démocratie est un besoin vital de nos peuples. Mais il faut que l’élite politique, intellectuel s’assume en faisant en sorte que le suffrage du peuple soit respecter parce que partout c’est généralement l’étique du pays qui se dégrade. La démocratie semble parfois menacée par l’incohérence, le manque d’indépendance. Cette démocratie doit être marquée d’intégrité, de neutralité, d’une partialité irréprochable. Que les personnes choisies pour conduire le processus électoral, soient dignes de la confiance de ceux qui les ont choisis et qu’ils soient dignes de la confiance du peuple en disant les choses telles qu’elles sont. Et qu’on insiste sur la responsabilité, le devoir des candidats à accepter les résultats. Les faiblesses de la démocratie ici tiennent à la faiblesse des hommes au manque d’indépendance, de neutralité des institutions mais aussi l’ambition parfois démesurée des candidats qui veulent pas reconnaître la vérité. Donc que tout le monde prenne conscience. Les Africains ont besoin de démocratie.

Excellence le président Obama lors de sa visite au Ghana a insisté sur des institutions fortes et non des hommes forts. Que pensez-vous de cette affirmation ?

Oui, il ne peut avoir d’institutions s’il n’y a pas d’hommes intègres, compétents et déterminés à dire le droit, la vérité. La force des institutions dépend souvent moins de la qualité des textes qui régissent leur fonctionnement que la qualité des hommes chargés de diriger ces institutions. Il est important de faire beaucoup attention dans le choix des hommes et de les sensibiliser afin qu’ils soient dignes de confiance.
Vous avez été invité par le président de la République à son investiture. Est-ce parce qu’il y a une grande similitude entre le cas guinéen et celui de la Côte d’Ivoire ou est-ce que cela est dû à vos rapports personnels.
Nous avons des valeurs à partager le président Ouattara et moi. Nous sommes tous de sensibilités différentes, nous avons eu à travailler ensemble. Nous nous estimons. Ce que je sais du président Alassane Ouattara, c’est que ce n’est pas un démagogue. Ce qu’il dit, il le fait. Il est l’espoir de l’Afrique. Je pense que c’est en raison de tout ça qu’il m’a invité personnellement à cette cérémonie. Je voudrais saisir cette occasion pour le remercier très sincèrement et lui souhaiter bonne chance dans la conduite des affaires de la Côte d’Ivoire.

Le président ADO a dans son discours parlé de réconciliation, de pardon. Il y a eu aussi de fractures en Guinée à la suite des élections. Aujourd’hui auriez-vous le même discours ou ?

Son discours était responsable. Il ne manquera pas de mettre en œuvre des politiques qui confirment les engagements qu’il a pris devant le peuple Ivoirien et devant la communauté internationale. En Guinée, nous déplorons l’absence d’un tel discours et l’absence d’actes qui vont dans la même direction. En ce qui nous concerne, nous avons marqué notre attachement à la paix, à l’unité de notre pays en renonçant à contester les résultats proclamés par la cour suprême. Malgré la solidité des dossiers que nous avons présentés, nous avons fait un choix difficile, celui de nous conformer aux décisions de la cour suprême pour sauvegarder la paix et nos vies.

Excellence pensez-vous qu’après 50 ans d’indépendance, l’Afrique a besoin qu’on lui dite encore les leçons de démocratie ?

Vous savez qu’il y a un minimum de règles quasi universelles de la démocratie. Je pense que, que ce soit en Afrique, en Europe, en Asie, en Amérique ou en Océanie, il ya un certain nombre de règles qui sont acceptées par tous ceux qui se réclament de la démocratie. Parmi ces règles, le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Il faut que le peuple choisisse librement ses dirigeants. Ça c’est un principe qui existe partout dans le monde entier. Faire en sorte que le peuple participe aux décisions qui vont être prises et qui vont concerner son sort, sa vie, ses libertés. Maintenant, est-ce qu’il faut respecter les règles de la démocratie ? Vous savez, l’Europe a consacré le respect d’un certain nombre de valeurs comme la démocratie, l’Etat de droit, la bonne gouvernance. Et dans le cadre de l’accord de Cotonou, l’Union Européenne a interpelé les gouvernements africains lorsqu’elle considère que ces valeurs sont violées au niveau des Etats bénéficiaires de l’aide européenne. Pour que les pays ACP acceptent de signer l’accord de Cotonou, il a fallu qu’ils soient d’accord avec ces règles qui sont des élections libres, transparente, un gouvernement qui rend compte de sa gestion et un certain nombre de règles de bonne gestion. Il y a certain nombre de choses sur lesquelles les démocrates sont d’accord. Maintenant il y a les réalités africaines. On essaie de faire un mélange de règles quasi universelles et les contraintes locales. Mais il ne faut pas utiliser les spécificités de nos coutumes et nos traditions pour rejeter le principe de faire élire les dirigeants par les populations.

Président, vous avez participé aux élections présidentielles dans votre pays, aujourd’hui en Guinée on attend les élections législatives. Quelles sont les leçons que vous tirez de la présidentielle pour éviter les résultats que vous avez connus ?

Je pense qu’il y a certain nombre de choses à faire. Le système peut être amélioré. Il faut que les partis aient le droit d’être présents dans les bureaux de vote et participer au dépouillement. Il faut obtenir l’impartialité et la neutralité de la commission. Nous sommes en Afrique, les préfets et les sous-préfets peuvent influencer. Que ce soit les juridictions de première instance qui sont sollicité ou dans certains cas par la Cour Constitutionnelle, il faut que les cadres qui travaillent dans ces institutions soient neutres et impartiaux. Qu’ils maîtrisent leur matière et qu’ils jouent efficacement leur rôle. La structure étatique doit être neutre dans la gestion du processus électoral. Les structures de l’Etat ne doivent pas défendre un candidat. Si l’on a institué la limitation du mandat à cinq ans, c’est parce que beaucoup de gens pensent que s’il n’y a pas de limitation par la voix légale il n’y aurait pas d’alternance. Parce que le gouvernement en place, le président sortant qui dispose de l’appareil d’Etat, qui nomme les juges, les préfets, les sous préfets, le président de la Cour Constitutionnelle, lorsqu’il est candidat, il sera très difficile de faire les élections parce qu’il n’est facile de s’assurer dans ce cas, de la neutralité et de l’impartialité de l’Etat. C’est propre à la Guinée et à d’autres pays africains. Mais de plus en plus le système s’améliore avec la CNI. La CNI peut trouver des cadres pour s’affranchir de la tentation d’être au service d’un des candidats. Il faut que ce soit des personnes honnêtes qui disent qu’en servant mon pays, je dois observer la neutralité absolue entre les candidats.

Interview réalisé pat Guy Lasme, Koaci.com à Yamoussoukro.
 
 
6890 Visit(s)    1 Comment(s)   Add : 24/05/2011
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Comments
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See his contributions sacha
 
Mr Cellou vous êtes un sage, j'aime votre façon de voir les choses! si au moins Mr alpha Condé pouvait prendre des exemples sur les autres cela allait être une bonne chose.que ALLAH le tout puissant vous protège Mr cellou et qu'il benisse et protège la GUINÉE!.
 
 
 
 
 
 
 
 

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