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Côte d'Ivoire : 12 milliards de FCFA de pesticides contrefaits vendus chaque année pour un préjudice d'environ 3 milliards de FCFA causé à l'Etat
 
© Koaci.com - Mardi 25 Septembre 2018 – Revendeurs, coopératives agricoles et populations d’Abengourou (Est, ndlr) ont été sensibilisés sur les dangers de la mauvaise utilisation des pesticides par une équipe du Projet de Gestion des pesticides Obsolètes en Côte d’Ivoire (PROGEP-CI).

Au cours des rencontres avec les populations de l’Indénié, cette équipe a constaté sur le terrain que plusieurs produits contenant des substances actives interdites en Côte d’Ivoire pour leurs effets néfastes avérés sur la santé humaine et l’environnement sont vendus sur les marchés et aux braves paysans qui les utilisent dans l’agriculture.

Elle a expliqué aux populations que le préjudice causé par la vente des pesticides frauduleux est estimé chaque année, à 12 milliards de FCFA avec une perte d’environ 3 milliards de FCFA pour les caisses de l’Etat.

A côté de ces pertes financières, depuis quelques années, de nombreux résultats scientifiques ont révélé que les effets néfastes de certains pesticides chimiques de synthèse agissent sur l’environnement et la santé humaine en provoquant le cancer, l’infertilité, l’impuissance sexuelle, etc…

Cette tournée de sensibilisation du PROGEP-CI Search PROGEP-CI conduite par Marie Ebrottié et Yoboué Justin, respectivement, Spécialiste en Communication et Spécialiste en Pesticide visait à informer, échanger et conseiller les revendeurs et les utilisateurs de pesticides sur les enjeux de l’inventaire national des pesticides en cours qui débouchera sur la collecte des pesticides obsolètes et des déchets associés en 2019.

En plus de la sensibilisation des revendeurs de pesticides et des coopératives agricoles d’Abengourou, l’équipe du PROGEP-CI Search PROGEP-CI a rencontré les populations de la sous-préfecture d’Amélékia.

En présence du Chef de Canton, Nanan Adou Koffi, de ses notables et plus de 300 personnes, le PROGEP-CI Search PROGEP-CI a dénoncé, la présence de nombreux pesticides frauduleux et interdits par la législation phytosanitaire de la Côte d’Ivoire dans les magasins de ventes et sur les marchés des villes et des villages de Côte d’Ivoire.

Il s’agit entre autres, du paraquat, un herbicide dangereux par sa forte toxicité aiguë par ingestion, même à faible dose, interdit depuis 2004 et de l’Atrazine, un herbicide neurotoxique et perturbateur endocrinien, considéré comme « l’ennemi sournois de l’eau de robinet » qui s’infiltre très fréquemment dans les eaux souterraines avec de graves conséquences sanitaires particulièrement sur les femmes enceintes, les nourrissons et les enfants.

Le Directeur exécutif de CROPLIFE, a prévenu les populations que les produits phytosanitaires mal utilisées ou obsolètes, peuvent avoir des effets néfastes sur l’homme et son environnement.

Il a précisé que, l’étape de l’homologation par l’autorité compétente de ces produits est donc incontournable avant leur commercialisation et leur utilisation.

Selon Roger Yéboué, cette étape permet d’analyser et évaluer le dossier toxicologiques et éco toxicologiques, l’efficacité et la sélectivité des pesticides avant leur distribution dans le circuit de commercialisation.

L’objectif de cette équipe n’était pas de créer la psychose comme l’a mentionné, Marie Ebrottié, mais d’attirer l’attention de tous afin que les paysans n’utilisent plus les pesticides de la fraude en Côte d’Ivoire et garantir de ce fait, une sécurité sanitaire des aliments.

C’est à travers des sketchs et films, que l’équipe a fait passer son message et a prodigué quelques conseils aux revendeurs et utilisateurs des pesticides.

En côte d’ivoire, la fraude transfrontalière représente 90% et les produits sont souvent fabriqués sur le continent asiatique ou dans les pays de la sous-région et rentrent par les frontières terrestres.

La contrefaçon Search contrefaçon représente, près de 15% et concerne les imitations des étiquettes, des emballages, des stickers des produits homologués.

Les produits de la fraude circulent sur le territoire au mépris de la législation phytosanitaire en vigueur et constituent des menaces économiques, sociales et environnementales graves avec des pertes financières pour le pays, la destruction des matrices environnementales, des risques d’insécurité alimentaire et de santé publique avec l’accroissement de la pauvreté et l’intoxication des applicateurs, des paysans et des consommateurs des produits.

Pour faire face à cette situation, tous recommandent le renforcement du cadre juridique et règlementaire assorties de lourdes sanctions et la sensibilisation des acteurs du cycle de vie des pesticides.

C’est-à-dire, des distributeurs jusqu’aux utilisateurs finaux en passant par les structures étatiques impliqués dans la surveillance des frontières, forces de l’ordre, douane, commerçants, eaux et forêts.
Cette tournée de sensibilisation qui a démarré le 3 septembre dernier, se poursuivra en octobre prochain dans la région de la Nawa et est organisée dans le cadre de l’inventaire national des pesticides.

Ce sont au total 6.000 dépôts de pesticides qui seront visités par les 145 agents d’inventaire du PROGEP-CI Search PROGEP-CI issus du ministère de l’Agriculture et du Développement Rural.

Cet inventaire permettra de cerner l’ampleur du problème causé par les pesticides en Côte d’Ivoire et concerne tous les produits homologués ou non à usage agricole, vétérinaire, etc...

L’inventaire numérisé et exhaustif des pesticides utilisables et obsolètes mis en œuvre par la Côte d’Ivoire à travers le PROGEP-CI Search PROGEP-CI est une première en Afrique.

A la fin du processus, le PROGEP-CI Search PROGEP-CI procédera à la mise en place d’un Système d’Information sur les pesticides en Côte d’Ivoire pour favoriser une meilleure gestion du cycle de vie des produits chimiques de synthèse et des bio-pesticides.

Certainement que cette vision nationale de la gestion écologiquement rationnelle des pesticides contribuera à limiter les pertes agricoles liées aux ravageurs et permettra de réduire leurs risques sur la santé humaine, animale et sur l’environnement.

Wassimagnon, Abidjan
 
 
5877 Visit(s)    2 Comment(s)   Add : 25/09/2018
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