Côte d'Ivoire : Tensions à l'UNJCI, l'ISMCI condamne les poursuites judiciaires entre journalistes, appelle à l'apaisement et propose un comité électoral ad'hoc
L’Intersyndicale du secteur des médias de Côte d’Ivoire (ISMCI) est montée au créneau face à la crise qui secoue actuellement l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI). Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi à la Maison de la presse au Plateau, l’organisation syndicale a appelé les acteurs du secteur à privilégier le dialogue et a proposé la mise en place d’un comité électoral ad hoc afin de permettre l’organisation d’un congrès consensuel et apaisé.
À l’origine de la crise figure le report du 12ᵉ congrès ordinaire de l’UNJCI, initialement prévu les 13 et 14 février 2026, qui devait permettre le renouvellement des instances dirigeantes de l’organisation.
Selon l’ISMCI, ce rendez-vous électif a été reporté sine die à la suite de contestations portées devant la justice par un groupe de journalistes. Ces derniers avaient exprimé des réserves sur l’organisation et la transparence du processus électoral. Cette situation a contribué à installer un climat de tension au sein de la communauté journalistique ivoirienne, pourtant censée être fondée sur les valeurs de confraternité, de dialogue et de solidarité professionnelle.
Face à cette crise, Sam Wakouboué, porte-parole de l’intersyndicale rappelle que l’UNJCI constitue une organisation faîtière essentielle pour la cohésion et la défense des intérêts des journalistes en Côte d’Ivoire. Pour l’ISMCI, toute crise affectant cette organisation nuit à l’image du journaliste ivoirien et détourne l’attention des véritables défis auxquels le secteur des médias est confronté. Les syndicats insistent notamment sur la grave crise économique que traversent les entreprises de presse, marquée par une précarité croissante des professionnels et une fragilisation de l’écosystème médiatique.
« La priorité devrait être la recherche de solutions face aux difficultés économiques du secteur et l’amélioration des conditions de vie et de travail des journalistes », souligne l’intersyndicale.
Dans ce contexte, l’ISMCI appelle l’ensemble des acteurs concernés à faire preuve de responsabilité en privilégiant l’apaisement et le dialogue interne. L’organisation salue par ailleurs le retrait de la plainte introduite devant la juridiction correctionnelle, estimant que cette décision contribue à décrisper le climat et à favoriser une sortie de crise par la concertation.
Le porte-parole invite également les instances du secteur à tirer les leçons de cette situation afin de renforcer la crédibilité et la transparence des mécanismes institutionnels, notamment en ce qui concerne l’attribution de la carte d’identité de journaliste professionnel.
Au-delà de la crise actuelle, l’intersyndicale estime qu’une réflexion de fond doit être engagée sur les textes régissant le fonctionnement de l’UNJCI et, plus largement, ceux qui encadrent le secteur des médias en Côte d’Ivoire. L’objectif, selon elle, est d’adapter ces textes aux réalités actuelles du paysage médiatique ivoirien.
Dans le même esprit, l’ISMCI a interpellé les pouvoirs publics sur la situation économique préoccupante des entreprises de presse.
L’organisation réitère son plaidoyer en faveur de la mise en place d’un plan d’accompagnement économique du secteur, notamment à travers l’allocation d’au moins 0,01 % du budget national pour soutenir et revitaliser les médias, souvent considérés comme le « quatrième pouvoir ».
Les propositions pour sortir de la crise
Après avoir rencontré les différentes parties impliquées, l’intersyndicale a formulé plusieurs recommandations pour favoriser une sortie de crise. Elle dénonce d’abord la situation de blocage dans laquelle se trouve actuellement l’UNJCI et condamne les poursuites judiciaires engagées entre journalistes, ainsi que les violences physiques ou verbales observées lors de la dernière assemblée générale extraordinaire tenue à la Maison de la Presse.
Pour rétablir la confiance, l’ISMCI propose la mise en place d’un comité électoral ad hoc chargé d’organiser de manière transparente le 12ᵉ congrès ordinaire de l’UNJCI.
Ce comité pourrait être composé de huit membres issus de différentes instances du secteur, deux représentants du Conseil des sages, deux représentants du Collectif des anciens présidents de l’UNJCI, deux représentants du Cénacle des journalistes seniors de Côte d’Ivoire et deux représentants de l’Intersyndicale du secteur des médias de Côte d’Ivoire.
L’ISMCI invite enfin toutes les parties prenantes à accepter les décisions qui émaneront de ce comité afin de garantir l’organisation d’un congrès crédible et rassembleur.
Préserver l’unité de la profession
Pour l’intersyndicale, l’essentiel reste la préservation de l’unité et de la crédibilité de la profession journalistique en Côte d’Ivoire.
« Des médias économiquement solides, professionnellement responsables et unis dans leurs valeurs constituent un pilier essentiel pour la consolidation de la démocratie et de l’État de droit », rappelle l’organisation.
Elle appelle ainsi l’ensemble des journalistes ivoiriens à se rassembler autour de l’essentiel : la défense de leur profession, l’amélioration de leurs conditions de travail et la sauvegarde de l’UNJCI, leur organisation commune.
Notons enfin que Glodé Francelin président de l'intersyndicale du secteur des médias en Côte d’Ivoire (ISMCI) était présent à cette conférence de presse animée par Sam Wakouboué, porte-parole.
Wassimagnon
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