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Côte d'Ivoire : Peste porcine africaine, le gouvernement défend les abattages sanitaires et appelle au respect des mesures vétérinaires
 

Côte d'Ivoire : Peste porcine africaine, le gouvernement défend les abattages sanitaires et appelle au respect des mesures vétérinaires

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 06 août 2026 - 07:33

Face à la recrudescence de la peste porcine africaine en Côte d'Ivoire, le ministère des Ressources animales et halieutiques justifie les opérations d'abattage sanitaire menées dans les foyers infectés. Dans un communiqué publié le 5 août 2026, le ministre rappelle le cadre légal de ces interventions, détaille la situation épidémiologique et met en garde contre toute entrave aux actions des services vétérinaires.


La lutte contre la peste porcine africaine demeure une priorité pour les autorités ivoiriennes. Dans un communiqué publié le 5 août 2026, Sidi Tiémoko Touré, ministre des Ressources animales et halieutiques réaffirme que les opérations d'abattage sanitaire réalisées par les services vétérinaires s'inscrivent dans le strict respect de la législation nationale en matière de santé publique vétérinaire.


Selon le ministère, ces interventions sont prévues par la loi n° 2020-995 du 30 décembre 2020 portant Code de la santé publique vétérinaire ainsi que par le décret n° 2021-794 du 8 décembre 2021 relatif au règlement de la police sanitaire des animaux. Elles visent à stopper la propagation des maladies animales hautement contagieuses, à protéger les élevages encore sains, à préserver la santé publique et à garantir la pérennité des filières animales.


Présente en Côte d'Ivoire depuis 1996, la peste porcine africaine constitue l'une des principales menaces pour l'élevage porcin. Les différentes épizooties enregistrées en 2014, 2017 et 2018 avaient déjà conduit à l'abattage de plus de 33 000 porcs.


L'année 2024 a marqué un tournant avec la crise sanitaire la plus grave jamais enregistrée dans la filière. Au total, 107 361 porcs ont été abattus, affectant 1 407 éleveurs pour des pertes économiques estimées à plus de 20 milliards de francs CFA.


Les investigations menées à la suite de ces crises ont révélé plusieurs facteurs favorisant la circulation du virus, notamment l'absence de déclaration des mortalités, l'existence d'exploitations non déclarées, le non-respect des règles de biosécurité, les déplacements non autorisés d'animaux malades, les abattages clandestins et l'utilisation d'aliments susceptibles d'être contaminés.


Pour faire face à cette menace, le gouvernement a renforcé son dispositif national de prévention et de lutte contre les épizooties à travers la création de la Cellule de gestion des opérations d'urgence en santé publique vétérinaire.


Cette structure coordonne la surveillance épidémiologique, les investigations sur les alertes, la confirmation des cas par le Laboratoire central vétérinaire de Bingerville du LANADA, l'application des mesures de police sanitaire ainsi que la sensibilisation des acteurs de la filière.


Le ministère rappelle également qu'un mécanisme de soutien financier a été instauré afin d'accompagner, selon les disponibilités budgétaires de l'État, les éleveurs dont les animaux sont abattus dans le cadre des mesures sanitaires prévues par la réglementation.


 

Depuis janvier 2026, la Côte d'Ivoire fait face à une nouvelle recrudescence de la peste porcine africaine dans plusieurs régions.

Dans le département de Gagnoa, la confirmation de la présence du virus a conduit le préfet de région à déclarer officiellement la zone infectée par arrêté préfectoral le 2 juin 2026. Une zone de protection et une zone de surveillance ont alors été instaurées avec des restrictions de mouvements des porcs, des opérations de désinfection et des abattages sanitaires.


Entre le 31 mai et le 18 juin 2026, 1 092 porcs infectés ou exposés ont ainsi été abattus dans les zones de protection du quartier Zapata-Rosier à Gagnoa et dans la sous-préfecture de Bayota.


Malgré ces mesures, le foyer épidémique s'est étendu au département de Guibéroua en raison, selon le ministère, du non-respect de certaines règles de biosécurité et de pratiques d'élevage non conformes à la réglementation.


Le 22 juillet 2026, les services vétérinaires ont été alertés de mortalités inhabituelles de porcs dans la localité de Guibéroua.


Les investigations ont permis de découvrir une exploitation porcine non déclarée située au campement de Petit Bondoukou, près du village de Kpogrobouo. Sept cas de mortalité y ont été recensés et plusieurs animaux présentaient des signes cliniques évocateurs de la peste porcine africaine.


Des prélèvements transmis au Laboratoire central vétérinaire de Bingerville du LANADA ont confirmé, le 27 juillet, la présence du virus.


Conformément aux mesures de police sanitaire, les services vétérinaires ont procédé, le 30 juillet 2026, à l'abattage sanitaire des 93 porcs présents dans cette exploitation afin d'empêcher la propagation de la maladie.


 

Le ministre Sidi Tiémoko Touré rappelle que la peste porcine africaine est une maladie à déclaration obligatoire. Toute mortalité inhabituelle ou suspicion de la maladie doit être signalée sans délai aux services vétérinaires.


Le défaut de déclaration, tout comme l'entrave aux opérations de police sanitaire, expose leurs auteurs aux sanctions prévues par le Code de la santé publique vétérinaire.


Le communiqué met également en garde contre toute menace, violence ou intimidation visant les agents des services vétérinaires, chargés d'une mission de service public. Le ministère souligne par ailleurs que la captation et la diffusion de leur image doivent respecter les dispositions légales lorsqu'elles sont susceptibles de porter atteinte à leurs droits, à leur sécurité ou au bon déroulement des opérations.


En conclusion, le ministre des Ressources animales et halieutiques assure que toutes les décisions prises répondent exclusivement à l'objectif de protéger le cheptel national, de préserver les revenus des éleveurs et de garantir la sécurité sanitaire des aliments destinés à la consommation. Il réaffirme la détermination du gouvernement à poursuivre la lutte contre la peste porcine africaine avec rigueur, transparence et responsabilité.


Wassimagnon




 
 
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