Logo Koaci
 
 
 
 
 
 
Koacinaute: La prise de la pierre sacrée en pays guin : les vœux de malheur sur le Togo n'ont pas été réalisés.
 
La richesse d’une nation c’est aussi son peuple qui dans sa diversité culturelle, apporte sa touche particulière à l’édification de l’œuvre commune. Bien qu’en pleine mutation, notre continent reste encore attaché à ses valeurs culturelles ancestrales, le seul héritage dont nous pouvons nous sentir fiers. Un peuple qui a perdu tout son héritage culturel est un peuple condamné à disparaître car c’est par l’ensemble des rites et pratiques traditionnels qu’on se distingue les uns des autres. Ainsi notre continent c’est-à-dire l’Afrique est un continent très riche, pas seulement à cause des ressources que regorge son sous-sol mais aussi par sa diversité du point de vue traditions.

Face aux civilisations prédatrices et envahissantes, les peuples africains et leurs dirigeants ont vu la nécessité de préserver ce qui aujourd’hui fait d’eux, des hommes et des femmes dignes: c’est-à-dire leur culture. 

Un peu partout sur le continent, les populations tentent de résister face à l’invasion de la culture occidentale très loin de nos réalités. Au Togo, depuis des années les populations ont vu la nécessité de perpétuer leurs traditions héritées de leurs aïeux. Dans chaque localité de notre pays, il existe des groupes d’hommes et de femmes qui s’organisent pour préserver leur patrimoine culturel. Et quand on parle de valeurs traditionnelles au Togo, il y a avant tout cette cérémonie séculaire en pays guin, internationalement reconnue comme une grande rencontre culturelle en Afrique de l’ouest. C’est l’Epé-Ekpé qui est une sorte de célébration de la nouvelle année. Et cette célébration passe par un ensemble de cérémonies dont la plus importante est le KPESSOSO. 

La prise de la pierre sacrée, pierre dont la couleur varie en fonction du message que les divinités (maitre de tous l’univers) veulent faire passer à la population. La semaine dernière, le peuple guin s’est une fois encore adonné à ce rituel et les divinités se sont manifestées à travers une pierre bleue turquoise. Ce qui annonce une année de bonheur et d’abondance pour tout le peuple guin. Cela fait plus de trois siècles que cette cérémonie a lieu. 

Mais depuis quelques années, on a remarqué une forme de politisation de la chose. 

Le summum a été atteint cette année lorsque que des individus probablement des étrangers, ont voulu faire croire aux togolais que la couleur de la pierre n’était qu’une supercherie. Et pour cause, la couleur de la pierre est identique à la couleur d’un parti politique. Quelle bassesse, quel manque de discernement chez ces petits d’esprits ! Comment peut-on se laisser aller dans de telles analyses nauséabondes ? Unir le parti politique dont la couleur bleu fait référence fait à peine trois ans d’existence et ce que nous savons, c’est que ce parti n’a pas encore déposé une droit de propriété exclusif sur la couleur bleu ciel. 

Les prêtres et prêtresses qui officiaient autour de la pierre sacrée sont libres de leur accoutrement, l’essentiel c’est qu’ils soient en conformité avec leurs valeurs. Personne n’a le monopole sur le bleu dans ce pays. Arborer le bleu, se vêtir d’un habit bleu n’est pas synonyme d’appartenance au parti politique UNIR. Tout comme porter le rouge n’est pas forcément synonyme d’appartenance au CAR. 

Alors pourquoi devons-nous déchirer et détruire notre tradition à cause d’une couleur ? Pourquoi les gens font tout pour dégrader l’image de cette tradition ? Cela fait plus de trois siècles que se tiennent ces cérémonies et on n’a jamais entendu une quelconque relation faite entre la couleur de la pierre et la couleur d’un parti politique. Et pourtant, il y avait des partis politiques à l’instar du RPT qui avait comme habitude d’utiliser le blanc dans ses manifestations. Ces individus qui se permettent de faire des relations entre la couleur de la pierre et la couleur UNIR sont tous simplement en train de vouloir détruire, dégrader cette cérémonie ancestrale qui fait la fierté des ressortissants de la préfecture des Lacs. Et nous pensons que ces personnes qui lancent ces formes de supputations n’ont pas leur racine dans notre pays et œuvrent en mercenaires pour le bannissement de nos croyances ancestrales. Ce serait faire sans compter avec l’attachement des togolais à leurs valeurs ancestrales. 

Tout récemment, on a vu certains parmi eux prendre des avions pour regagner leur village en France et revenir nous raconter des bobards. On comprend qu’ils n’ont rien à perdre si une vielle tradition comme Epé-Ekpé Search Epé-Ekpé venait à disparaître. Peut-être, auraient-ils souhaité que la pierre soit de couleur orange synonyme de sécheresse, de famine. Ce qui n’est pas le cas. Ils n’auraient donc qu’à attendre l’année où leurs vœux seront exaucés. Or, nous savons tous que ces vœux ne seront pas exaucés par les mânes de nos ancêtres aussi longtemps que ces messieurs traiteront nos us et coutumes avec mépris et condescendance. Libre à eux de se joindre à nous et de respecter nos coutumes si tant est qu’ils aspirent à une reconnaissance légitime de la part de nos divinités. Autrement, ils seront présents physiquement au Togo mais resteront d’éternels étrangers sur la terre de nos aïeux.

Sewa 


PS : La direction de KOACI rappelle qu'un "koacinaute" n'est pas un journaliste de la rédaction de KOACI mais un contributeur inscrit ayant la possibilité de poster sur le site en vue d'une diffusion et ce dans une dynamique de libre expression plurielle.

 
 
21858 Visit(s)    0 Comment(s)   Add : 16/09/2015
  10 Vote(s)
 
 
 
 
 
 
 
 
Comments
To comment on this content please login
 
 
 
 
 
 

Chargement...

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Newsletter
 
 
Stay connected via our newsletter
 
Subscribe
Unsubscribe
 
 
Ok"
 
 
L'Application KOACI
 
 
 
 
 
 
Connection    |
      | Register
 
 
 
Deja registered !
Login