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Pour une « révolution de jasmin » au Gabon : la chute du dictateur Ben Ali anticipe celle d’Ali Ben !
 
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Alors que le président élu de la République gabonaise, André Mba Obame, est revenu au Gabon, fin janvier, après un séjour en Europe, accueilli triomphalement par des milliers de Gabonais.

Les jours du régime Ali Bongo sont désormais comptés.

Le destin de Ben Ali en Tunisie démontre que le seul soutien de Sarkozy n’est pas suffisant pour maintenir un régime honni par les populations et délégitimé par les élections. C’est pourquoi, la Tunisie s’est libérée de ses chaînes contre la volonté du pouvoir français de le maintenir!

Conscient de cette situation, le régime gabonais vient d’adopter une nouvelle réforme des institutions, dont on rappelle qu’elles n’ont pas grande importance quand on connaît l’art consommé du parti-Etat pour les violer. Mais, le plus important dans ces impressions de changement est la précipitation du régime se sentant sans aucun doute très menacé par le vote des Gabonais.

Alors, le régime a décidé de changer la constitution gabonaise et s’est même trouvé surpris que deux députés du parti-Etat refusent de voter ces changements faits pour empêcher l’alternance. En réalité, l’arsenal juridique vise donc à affermir le putsch électoral, le légitimer, et en prime interdire tout changement.

Ainsi, le nouvel article 5 précise « qu’aucune section du peuple, aucun groupe, aucun individu ne peut s’attribuer l’exercice de la souveraineté nationale », ce qui voudrait dire que seul le régime, occupant par force les fonctions d’Etat, a seul le moyen de dire qui est détenteur de l’autorité légitime, ce qui est quand même beaucoup plus pratique quand on sait que le parti Etat perd toutes les élections depuis que le multipartisme existe.

Un nouvel article permet au président de la République de prolonger n’importe quel mandat au sein de la République gabonaise, en tout premier lieu, le sien qui est usurpé.

Le régime fait avaliser également une disposition permettant d’exclure de l’élection présidentielle celui ou celle qui auraient la double nationalité ou qui aurait exercé « des responsabilités administratives ou politiques dans un autre pays ». Qui est donc visé et de qui le parti-Etat a-t’il peur ? Par ailleurs, il est indiqué que pour être candidat à l’élection présidentielle, il faut avoir résidé 12 mois consécutifs au Gabon avant l’élection.

Cette disposition apparemment saugrenue démontre la crainte du régime par rapport aux Gabonais installés à l’étranger et faisant des séjours intermittents au Gabon, soit parce qu’ils travaillent dans un autre pays ou parce qu’ils ne peuvent vivre dans leur pays en raison des différentes mafias du pouvoir quarantenaire soit parce qu’il leur est impossible d’y revenir tant que le régime ne sera pas tombé définitivement.

Une autre disposition concerne le mandat des membres de la Cour constitutionnelle qui n’est plus limité à deux. Il s’agit d’une récompense pour les bons et loyaux services de Mme Mbourantsuo, la présidente et des différents membres qui ont su fermer les yeux sur le putsch électoral de septembre 2009. La réforme ne va pas jusqu’à poser le problème de l’impartialité des membres de la cour constitutionnelle dont chacun sait que Mbourantsuo, sa présidente, était une des concubines d’Omar Bongo : le conflit d’intérêt, en raison de sa permanence au sein des clans du régime, n’appartient pas au registre des interrogations du parti-Etat.

En réalité, l’essentiel de cette fausse réforme est ailleurs. Il n’y a aucune proposition visant à un retour au scrutin uninominal à deux tours, qui est le mode d’organisation électorale répandue dans toutes les démocraties, y compris dans des Etats africains, comme la Côte d’Ivoire.

Curieusement, il n’y a pas de limitation dans la durée du mandat présidentiel à deux. Il est vrai que la seule existence constitutionnelle de cette limitation ne serait pas suffisante à empêcher le putschiste de se maintenir au pouvoir.

En définitive, chacun le sait, la réforme constitutionnelle est bien évidemment dangereuse et l’intention visait sans doute à solidifier le régime.

Elle ne change rien à l’organisation du pouvoir, ni même à sa dévolution. Elle ne lui donne pas davantage de légitimité.

Elle ne le consolide pas davantage, car, aucune constitution n’a jamais empêché un peuple de se libérer, le récent exemple tunisien étant là pour le démontrer.

La « révolution de jasmin Search révolution de jasmin » en Tunisie est exemplaire. La situation dans ce pays avait beaucoup de points communs avec celle du Gabon :

- un clan mafieux familial.

- Une main mise sur l’économie du pays.

- Des détournements de fonds

- Longevité du régime (moins qu’au Gabon)

- Un Parti-Etat

- Services de répression développé avec une garde présidentielle au service de Ben Ali.

- Soutien du pouvoir sarkozyste.

- un contrôle absolu des médias.

La mobilisation des Tunisiens a été entendue alors que celle des Gabonais s’est faite dans un silence assourdissant en dépit des massacres de Port Gentil en septembre commis par le régime, et l’élection d’un chef d’Etat, André MBA OBAME, empêché de gouverner.

Le pouvoir français a soutenu le régime tunisien comme il soutient actuellement le régime gabonais. Pourtant, l’Europe et la France sont scandalisés par la découverte des « biens mal acquis » de Ben Ali et ils ont décidé de les saisir. Pourtant, pour les mêmes raisons, le pouvoir sarkozyste empêche les poursuites envers le patrimoine mal acquis du clan Bongo : deux poids, deux mesures…

En conséquence, le Mouvement Civique du Gabon (M.C.G) indique qu’il invite les Gabonais et Gabonaises à entrer en résistance afin de parvenir à mettre un terme au régime issu du putsch électoral de septembre 2009. Il faut, à l’instar du peuple tunisien, trouver des formes de mobilisation, y compris dans les provinces du Gabon, qui puissent être relayées au niveau international.

Il soutiendra toutes les actions visant à favoriser l’installation dans ses fonctions du Président élu, André Mba Obame.

Il invite ses amis et partenaires politiques à s’associer à lui dans cette démarche.

La présidente du conseil exécutif,
Mouvement Civique du Gabon
(M.C.G)

Mengue M’EYAA

 
 
3802 Visit(s)    0 Comment(s)   Add : 23/01/2011
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