Logo Koaci
 
 
 
 
 
 
Rude épreuve pour les éleveurs nigériens
 
::Article de la rédaction de Koaci.com au Niger::

Les éleveurs Nigériens mettront plusieurs années à se remettre de la perte de leur bétail décimé cette année par la crise alimentaire née de la mauvaise campagne agro-pastorale 2009. Des bœufs, des moutons et des chèvres ont péri dans les six des huit régions du Niger.
« C’est un cimetière d’animaux qu’on rencontre dans plusieurs zones pastorales du pays », a témoigné El hadji Moussa, membre de la plate forme paysanne du Niger. « L’aliment bétail avait beaucoup manqué et les éleveurs ont assisté impuissamment à la mort de leurs animaux », a-t-il ajouté.

Selon Harouna Abarchi, responsable des questions pastorales et environnementales au niveau de l’association pour la redynamisation de l’élevage au Niger (AREN), la situation est d’une gravité jamais égalée ces dix dernières années.

Cette année le ministère des ressources animales a enregistré un déficit fourrager de 16 millions de matières sèches, soit 68 Pour cent de besoin total des animaux. « Les aides ont été insuffisantes et tardives », explique Djibo Alhouseini, éleveur. Ce dernier a perdu plus de la moitié de son bétail.

Certains éleveurs ont préféré bradé leur bétail sur les marchés de circonstance qui se sont formés dans plusieurs localités. D’autres ont choisi la transhumance frontalière vers les pays comme le Nigeria, le Burkina Faso et le Bénin.
La dégradation de l’embonpoint des animaux a entraîné la dégringolade des valeurs marchandes de ces derniers qui, pour la plupart se vendent à plus de trois fois moins que l’année passée à la même période. ‘’ Je vu une vache qui a été vendu à 30.000 FCFA’’, témoigne Ali Moussa, vétérinaire à Zinder. En tant normal les vaches se vendaient entre 120.000 et 150.000 FCFA. ‘’ Les petits ruminants se vendaient difficilement’’, explique Ali Mamane, éleveur. Selon lui leurs prix varient entre 10.000 à 20.000 francs CFA pour des moutons qui se vendaient 40.000 à 75.000 francs CFA en période normale.

‘’Avec l’argent qu’on gagne dans la vente des animaux on n’achète pas grand-chose. Le plus souvent un demi sac de mil ou de riz de 50 kilogrammes, rarement on achète de l’aliment bétail qui a aussi augmenté de prix’’, raconte Hamado Issoufou.

Le Fonds des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’organisation internationale Vétérinaires Sans Frontières(VSF), le comité international de la croix rouge (CICR) se sont mobilisées pour venir en aide aux éleveurs. Ces organisations achètent les têtes de bétail les plus faibles à des tarifs plus élevés que leur valeur marchande.

Selon le ministère des Ressources animales le cheptel nigérien est estimé en 2007 à un total de 33 millions 622.791 têtes, deux ans après l'opération de dénombrement qui le chiffrait à 31 millions 40.000 têtes en 2005. Cela représente un capital bétail de près de 2.000 milliards de francs CFA avec une production annuelle de 288 milliards CFA et une valeur ajoutée de 240 milliards, faisant du Niger l’un de grand pays d'élevage de l’Afrique de l’ouest.
« Les éleveurs qui ont subi les pertes les plus importantes pourraient se voir obligés de changer de métier. Près de trois quarts des éleveurs dépendent en partie de leur bétail. Les animaux représentent une certaine sécurité économique, ils procurent du lait et la viande pour les familles, de l’argent pour la nourriture », raconte très craintif Dodo Boureima, membre de l’AREN.

Souleymane Maâzou, correspondant de Koaci.com à Niamey
 
 
3458 Visit(s)    0 Comment(s)   Add : 09/10/2010
  10 Vote(s)
 
 
 
 
 
 
 
 
Comments
To comment on this content please login
 
 
 
 
 
 

Chargement...

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Newsletter
 
 
Stay connected via our newsletter
 
Subscribe
Unsubscribe
 
 
Ok"
 
 
L'Application KOACI
 
 
 
 
 
 
Connection    |
      | Register
 
 
 
Deja registered !
Login