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TOGO: Lutte au sein de l’opposition à l’annonce du dialogue inclusif
 
::Article de la rédaction de Koaci.com au Togo::

L’annonce de la tenue d’un dialogue inclusif par Faure Gnassingbé, ravive à nouveau les stratégies de positionnement et autre conflit récurrent de leadership au sein de l’opposition traditionnelle.

Avec l’Union des Forces de Changement (UFC) et son leader Gilchrist Olympio dans les bras du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), la stratège de l’ancien parti unique a contribué sans le savoir, à lever le principal obstacle à l’unicité d’action au sein de l’opposition. C’est ainsi que malgré les contradictions qui la secouent actuellement, on peut entendre l’un de ses leaders, le Pr. Léopold Gnininvi, faire le constat que « les positions sont plus rapprochées aujourd’hui que dans les années 93 et 98 ». L’opposition alors divisée avait raté des occasions en or, de réaliser l’alternance politique ces deux années particulièrement. Le leader de la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA), a ajouté avoir entrepris une démarche en vue de parvenir à une union de l’opposition, dans la perspective du dialogue inclusif annoncé par Faure Gnassingbé.

De son côté, le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), a rendu public un communiqué par lequel il annonce la remise en selle de son emblématique président d’honneur, Me. Yawovi Agboyibo pour préparer le dialogue à la tête d’une commission mise en place par le parti. Cette cellule selon le communiqué du parti de Me. Dodzi Apévon, aura deux missions essentielles ;
- Prendre contact avec les différents partis de l’opposition, les autres acteurs de la classe politique et les organisations de la société civile en vue de la réussite du dialogue d’application de l’APG ;
- Trouver les voies et moyens pour faire aboutir les réformes proposées telles qu’elles seront versées dans les discussions une fois le cadre défini et installé.

Pour le CAR qui estime secrètement que le leadership de l’opposition pour réussir ce dialogue devrait revenir à Me. Yawovi Agboyibo, (qui aurait fait par le passé, ses preuves en la matière) il s’agit de faire en sorte que « toutes les organisations politiques et de la société civile réellement convaincues de la nécessité du changement » puissent aller à ce dialogue tenir le même langage, « afin que ces discussions qui constituent un dialogue d’application des dispositions en suspens de l’APG sortent définitivement le Togo de la grave crise qu’il traverse depuis des décennies ».

Du côté du Front Républicain pour l’Alternance et le Changement (FRAC), dont les manifestations hebdomadaires de protestations ont contraint Faure Gnassingbé à concéder l’annonce de la tenue du dialogue, on a également pris des initiatives en vue de rassembler les partis de l’opposition autour d’une plate-forme. C’est le Pr. Tchaboré Gogué, qui discrètement assume cette mission comme il l’avait annoncée lors de la dernière manifestation du FRAC, en 2010. Selon nos indiscrétions, l’approche du FRAC est entièrement inclusive, par rapport à toutes les formations de l’opposition traditionnelle.

Les équations à surmonter

La multiplicité des initiatives visant à aboutir à une plate-forme de revendications dans la perspective du dialogue inclusif, cache mal cette lutte de leadership au sein de l’opposition. Certains leaders tentent de se faire passer dans l’opinion pour les chantres ou maîtres d’œuvre de cette union, dans le but de revendiquer le leadership de l’opposition réunie, lors des discussions. Cette attitude risque de retarder la réalisation de cet impératif de rassemblement en vue d’harmoniser les positions au sein de l’opposition pour arracher des concessions déterminantes au RPT. Si seulement Faure Gnassingbé venait à mettre en œuvre sa promesse d’organiser un dialogue inclusif pour s’accorder sur les réformes institutionnelles et constitutionnelles.

Le second obstacle tiendra à certaines rivalités ou adversités prononcées entre certains leaders de partis. « Nous ne pouvons pas accepter de faire une coalition avec l’OBUTS, de Agbéyomé Kodjo », nous a confié un leader de l’opposition qui est revenu sur certains faits d’armes de l’ancien Premier ministre, dont beaucoup redoutent la « versatilité et les coups bas ». A son tour, le président de l’OBUTS estime que l’union de l’opposition doit se faire entre les partis qui luttent en faveur de la vérité des urnes. En d’autres mots, ceux qui ont reconnu et revendiqué la victoire de Jean-Pierre Fabre à la dernière élection présidentielle devraient s’unir, selon M. Kodjo. Par ailleurs, la position du CAR, qui rappelle opportunément qu’il s’agit de discussions sur la mise en œuvre du reliquat de l’APG, est bien connue. C’est le CPDC, dans sa formule initiale qui doit statuer sur qui peut ou pas participer au dialogue. Une allusion faite selon certains observateurs, à la CPP et au PDR, notamment. Même si rien n’indique que ces deux formations politiques, accepteraient à nouveau de prendre part à une action commune au sein de l’opposition, malgré les démarches du Pr. Gogué Search Pr. Gogué vers les uns et les autres.

Le dernier obstacle se trouvera au niveau de la disponibilité des partis de l’opposition à œuvrer à la levée des préalables à des discussions fructueuses. L’un des ces préalables est posé par l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC). Le parti de Jean-Pierre Fabre, arrivé deuxième selon les résultats officiels de la dernière élection présidentielle exige le rétablissement dans leurs droits des 09 députés exclus de l’Assemblée nationale. A ce jour, la position du CAR voire de la CDPA, sur cette forfaiture de la Cour Constitutionnelle qui enlève tout son sens aux élections au Togo, est ambigüe (CDPA) ou scandaleuse (CAR). Ce qui donne l’impression qu’au sein de l’opposition certaines formations politiques nourrissent l’ambition de voire l’ANC un peu affaiblie avant la tenue du dialogue.

Cette posture paradoxale de l’opposition togolaise est une constante, qui consiste à faire croire aux populations, qu’on doit accepter d’aller à des dialogues sans préalables quitte à régler ces derniers une fois les discussions entamées. Mais l’expérience a toujours démontrée que le RPT, une fois les dialogues ouverts, se sert des divergences au sein de l’opposition, pour poursuivre les discussions et mettre tout le monde devant le fait accompli. La grande équation ici est de voir si l’opposition cette fois-ci sera capable de changer d’approche. Mais de toute évidence, la grande faiblesse de l’opposition togolaise, est que ses composantes passent le temps à s’opposer entre elles, qu’elles ne s’opposent au parti au pouvoir.

Aghu, correspondant de Koaci.com à Lomé
 
 
8362 Visit(s)    2 Comment(s)   Add : 14/01/2011
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Comments
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See his contributions fangio57
 
amis togolais, nos frères tunisiens ont reussi a chasser les crapules qui empoisonnaient leur quotidien pourquoi ne pourrions nous pas faire la mème chose
 
 
 
See his contributions Assafo
 
Une opposition divisée assure un troisième mandat a Faure Gnassingbe. Voila le mal du Togo, l'indécision, la division, l'égoïsme et tout le reste. L'indépendance du Togo n'est pas pour demain.
 
 
 
 
 
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