Côte d'Ivoire : Bingerville, accès aux logements, la diaspora féminine ivoirienne livre 50 logements et ouvre une nouvelle ère du logement social
Célestin Koalla à Elokato (Ph Koaci)
À Elokato, dans la commune de Bingerville, un projet immobilier vient rappeler que la diaspora ivoirienne n’est pas seulement un levier économique, mais un acteur structurant du développement national. Cinquante logements réceptionnés, des centaines d’espoirs consolidés, et une vision portée par des femmes devenues bâtisseuses d’avenir.
Elles sont parties de loin, sans garanties ni financements, mais avec une conviction inébranlable. Dans la commune de Bingerville, des femmes ivoiriennes de la diaspora viennent de prouver que le leadership féminin peut aussi poser des briques, sécuriser des titres fonciers et bâtir des quartiers entiers.
Sous un soleil éclatant et dans une atmosphère chargée d’émotion, les ovations ont retenti à Elokato, le jeudi 25 janvier 2026, non loin du Palais de Justice de Bingerville. Ce ne sont pas seulement des clés qui ont été remises, mais l’aboutissement d’un combat collectif porté par des femmes ivoiriennes de la diaspora. La réception officielle de la première tranche de 50 logements du projet immobilier de l’Union Interfédérale des Associations Féminines et des Femmes Ivoiriennes de France (UIAFFIF) marque un tournant historique.
Pensé pour un total de 300 logements, ce projet immobilier ambitieux vise à offrir aux femmes de la diaspora un accès sécurisé à la propriété en Côte d’Ivoire.
« Nous assistons aujourd’hui à la concrétisation d’une vision portée par des femmes, une vision structurée, sécurisée et tournée vers l’avenir », a souligné Célestin Koala, Directeur Général du Logement et du cadre de vie donnant le ton d’une solennité à haute portée symbolique.
Reconnaissant l’engagement remarquable des femmes bénéficiaires et des porteurs du projet, Célestin Koala, Directeur Général du Logement et du Cadre de Vie a rendu un hommage appuyé à la promotrice et à son équipe, qu’il a félicitées pour avoir conduit avec succès un programme immobilier ambitieux malgré de nombreuses difficultés, soulignant une performance rare dans un secteur aussi exigeant que l’immobilier.
Le Directeur général du Logement a insisté sur la portée sociale de ce projet, qu’il a présenté comme une traduction concrète de la politique du Président Alassane Ouattara en faveur de l’accès au logement pour les populations à revenus modestes, y compris celles de la diaspora.
« Le ministère de la Construction et de l'Urbanisme accompagnera les prochaines phases du programme, à travers la réalisation des voiries et réseaux divers (VRD), tout en appelant au respect strict du cadre architectural afin de préserver l’harmonie et la valeur durable de la cité.»
Au nom du maire de Bingerville, le 5ᵉ adjoint, Assénan Cissé, a salué la persévérance des initiatrices. « Ce n’est pas facile d’être présidente. J’ai vu comment vous vous êtes battue. Nous sommes fiers de vous et la commune de Bingerville continuera de vous accompagner », a-t-elle déclaré, promettant un soutien durable à l’extension du projet.
Très émue, Sanni Carolle, présidente de l’UIAFFIF, a livré un témoignage poignant.
« Nous n’avions ni financement, ni garantie. Nous avions une idée, une vision et surtout une conviction », a-t-elle confié. Revenant sur les épreuves traversées, elle a rendu hommage aux femmes qui ont cru au projet malgré les refus et les humiliations.
« Aujourd’hui, ce rêve prend forme sous nos yeux », a-t-elle affirmé sous une salve d’applaudissements.
Partenaire financier du projet, la Banque Nationale d’Investissement (BNI) a réaffirmé son engagement. Son Directeur Général Adjoint, Jérôme Ahua, a insisté sur la portée sociale de l’initiative. « Financer le logement, ce n’est pas seulement accorder un crédit, c’est bâtir des vies et sécuriser l’avenir », a-t-il déclaré, saluant le leadership et la crédibilité de l’UIAFFIF.
Pour Dr Élie Nkamgueu président du Club Efficiencome, ce projet démontre que la diaspora est une force de transformation. « Quand on avance ensemble, on va plus loin. La diaspora n’est pas une fuite de cerveaux, mais une source de solutions », a-t-il soutenu.
La présentation technique a confirmé la solidité du programme : villas basses de 4 pièces, voiries intégrées, équipements collectifs et sécurisation foncière complète. Un modèle appelé à faire école.
Au-delà des murs et des toits, ce projet consacre une certitude : investir dans la femme, c’est bâtir des fondations solides pour l’avenir d’une nation.
Jean Chresus, Abidjan
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