Côte d'Ivoire : Assemblée nationale, élection du nouveau Président, deux candidats en lice dont Patrick Achi
La troisième législature de la Troisième République de Côte d’Ivoire a officiellement pris son envol ce samedi 17 janvier à l’Assemblée nationale, à l’occasion d’une séance inaugurale présidée par le doyen d’âge, le député Diawara Mamadou. Une séance solennelle, marquée par un climat politique contrasté, qui a conduit à l’élection du nouveau Président de l’Institution.
Conformément aux dispositions du règlement intérieur, la première séance parlementaire de la législature a été dirigée par le doyen d’âge, assisté des deux plus jeunes députés, Mme Zamblé Naya Jarvis et M. Balo Nouho, désignés secrétaires de séance.
Dans une allocution empreinte d’émotion, Diawara Mamadou a rappelé la portée historique de cette séance inaugurale, adressant ses vœux de santé, de paix et de prospérité aux députés, tout en félicitant les élus nouvellement investis et ceux dont le mandat a été renouvelé par la confiance populaire. Il les a exhortés à légiférer avec engagement et responsabilité pour le bien-être des populations ivoiriennes.
Quorum atteint, l’Assemblée valablement constituée
L’appel nominal des députés a permis d’enregistrer 241 présents sur 253 siégeants, largement au-dessus du quorum requis de 128 députés. Les conditions étaient ainsi réunies pour une délibération régulière et la poursuite de l’ordre du jour, exclusivement consacré à l’élection du Président de l’Assemblée nationale.
Avant l’ouverture du scrutin, un préalable a été soulevé par le député Blessy Chrysostome (PDCI-RDA), relatif à la question de l’incompatibilité de certaines fonctions. Il a notamment contesté la présence, dans l’Hémicycle, de plusieurs directeurs généraux d’entreprises publiques élus députés, estimant qu’ils ne pouvaient siéger au même titre que les ministres mis en congé après la dissolution du gouvernement.
Ce préalable a été rejeté par le président de séance, Diawara Mamadou, qui a rappelé que le règlement accorde un délai de huit jours aux députés concernés pour se conformer aux dispositions relatives aux incompatibilités. La séance s’est donc poursuivie sans modification de la liste des présents.
Initialement, trois candidatures avaient été enregistrées pour le poste de Président de l’Assemblée nationale. Il s'agit de Jérôme-Patrick Achi (RHDP), Yao Yao Lazare (PDCI-RDA) et Yonka Ange, député indépendant.
Ce dernier ayant officiellement retiré sa candidature, la compétition s’est finalement jouée entre Patrick Jérôme Achi, candidat de la majorité présidentielle RHDP, et Yao Yao Lazare, candidat du PDCI-RDA.
Touré Mamadou a souligné le rôle central de l’Assemblée nationale comme pilier de la démocratie ivoirienne. Il a plaidé pour une présidence capable d’assurer stabilité, autorité morale et rassemblement, dans un contexte régional et international en profonde mutation.
Ancien Premier ministre (2021-2023), ex-ministre d’État et conseiller spécial du Président de la République, Patrick Jérôme Achi a été présenté comme un homme d’État chevronné, fort d’une solide expérience gouvernementale, d’un parcours international reconnu et d’une parfaite connaissance des équilibres institutionnels. Son rôle dans la mise en œuvre de la vision Côte d’Ivoire 2030 et son expertise économique ont été mis en avant pour convaincre les députés de lui confier la direction de l’Hémicycle.
De son côté, le candidat du PDCI-RDA, Yao Yao Lazare, a livré un discours axé sur la restauration de la dignité et de l’indépendance de l’Assemblée nationale. Se présentant comme le serviteur d’une institution à réhabiliter, il a dénoncé une dérive de l’Institution, qu’il considère comme trop inféodée au pouvoir exécutif.
Portée par le PDCI-RDA dirigé par Tidjane Thiam, sa candidature se voulait une « offre de paix, d’apaisement politique et de justice partagée ». Il a proposé, entre autres, un contrôle budgétaire renforcé, la retransmission en direct des débats parlementaires et l’instauration d’un dialogue politique national permanent, afin de faire de l’Assemblée un véritable contre-pouvoir démocratique.
Avant le vote, le Secrétaire général de l’Assemblée nationale a rappelé les règles du scrutin, prévues à l’article 7 du règlement intérieur : un vote uninominal secret à la majorité absolue des députés présents, soit 128 voix, au premier tour. À défaut, un second tour devait être organisé entre les deux candidats arrivés en tête, avec une élection à la majorité relative, l’âge faisant foi en cas d’égalité.
Une étape clé pour la démocratie ivoirienne
Au-delà de la compétition politique, cette séance inaugurale a marqué une étape décisive pour la nouvelle législature. Elle illustre les enjeux de gouvernance, d’équilibre institutionnel et de dialogue démocratique qui accompagneront l’Assemblée nationale pour les cinq prochaines années.
Wassimagnon
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