Côte d'Ivoire : Akoupé-Zeudji : documents à l'appui, Touré Ahmed Bouah réfute les accusations et rebat les cartes du dossier foncier
Touré Ahmed Bouah
Le contentieux foncier d’Akoupé-Zeudji, l’un des plus sensibles du District d’Abidjan, a connu un nouvel épisode marquant à la faveur d’une émission télévisée.
Invité du programme spécial « Y a problème », diffusé sur une chaîne de télévision privée, le président-directeur général de Sophia S.A., Touré Ahmed Bouah, a livré une contre-offensive méthodique face aux accusations répétées visant sa société. Cette fois, la défense s’est appuyée sur des documents officiels, donnant une nouvelle lecture à une affaire longtemps dominée par la polémique.
Entouré sur le plateau de représentants des détenteurs de droits coutumiers et d’acteurs impliqués dans la liquidation du projet des ex-Forces de Défense et de Sécurité, le dirigeant de Sophia a choisi d’exposer des pièces administratives qu’il estime décisives. Parmi elles figurent des chèques et une correspondance émanant du Fonds de Prévoyance Militaire, attestant de paiements déjà effectués dans le cadre du règlement financier du litige. Ces éléments viennent contester les affirmations selon lesquelles aucune transaction n’aurait été réalisée au profit des ayants droit coutumiers.
Selon les documents présentés à l’antenne, un courrier daté du 26 septembre 2025, signé par le directeur général du Fonds de Prévoyance Militaire, le colonel-major Olivier Oka, fait état de deux chèques d’un montant global de plus de 1,6 milliard de francs CFA. Ces fonds auraient été établis à l’ordre du notaire représentant la mutuelle des détenteurs de droits coutumiers, dans le cadre de la liquidation du dossier. Un compte rendu de réunion tenue le 16 juillet 2025 entre autorités sécuritaires, chefferie traditionnelle, promoteur et représentants coutumiers confirme également la réception de cette somme.
Pour Touré Ahmed Bouah, ces pièces démontrent que les obligations financières imputées à sa société ont bel et bien été respectées. Il s’est interrogé, en revanche, sur l’utilisation réelle des montants versés, soulignant l’absence de justification claire quant à leur affectation. L’explication avancée par certains responsables, évoquant des frais d’avocats, a été jugée peu convaincante par le PDG de Sophia, les fonds n’ayant pas été initialement destinés à cet usage.
Au-delà des questions financières, le promoteur immobilier a rappelé que les décisions judiciaires rendues par la Cour d’appel sont devenues définitives, consacrant selon lui la légalité du projet. Il a également mis en avant la complexité technique et sociale du programme, marqué par un mode de traitement combinant approche polygonale, morcellement et un nombre particulièrement élevé de souscripteurs, pour expliquer les retards et dysfonctionnements observés.
D’autres éléments évoqués lors de l’émission renforcent cette position. Des procès-verbaux de réunions attesteraient de l’existence d’accords de déguerpissement validés avec les autorités compétentes. Par ailleurs, sur un montant global estimé à 16,2 milliards de francs CFA destiné aux propriétaires terriens, plus de 5,6 milliards auraient déjà été versés, dont des paiements récents effectués début janvier 2026. Des chiffres qui, selon SOPHIA S.A., affaiblissent l’argument d’un prétendu mépris des droits coutumiers.
Quant au déficit de lettres d’attribution constaté par le passé, notamment en 2011, il est présenté comme la conséquence d’un enchevêtrement administratif propre à un vaste programme social, plutôt que comme une manœuvre frauduleuse du promoteur.
En exposant publiquement ces documents, Touré Ahmed Bouah entend déplacer le cœur du débat. Là où les accusations visaient directement Sophia S.A., l’attention se porte désormais sur la gestion interne des structures représentant les détenteurs de droits coutumiers. Dans un dossier longtemps embrouillé par les déclarations contradictoires, la production de preuves écrites pourrait bien marquer un tournant et redéfinir les responsabilités.
Jean Chresus, Abidjan
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