Côte d'Ivoire : Dialogue et paix sociale, Épiphane Zoro Bi Ballo transmet l'art de la médiation, de la négociation et de l'arbitrage aux diplômés du CERFOPMAN
La Côte d’Ivoire a envoyé un message fort en faveur du dialogue et de la paix sociale à l’occasion de la cérémonie solennelle de remise de diplômes des promotions P9 Médiation, P4 Arbitrage et P1 Négociation du Centre de recherche et de formation professionnelle à la médiation, à l’arbitrage et à la négociation (CERFOPMAN) de l’UCAO-UUA.
Parrain de l’événement, le Président de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (HABG), Epiphane Zoro Bi Ballo, a livré un plaidoyer remarqué pour les modes alternatifs de règlement des différends (MARD), érigés selon lui en véritables instruments de gouvernance moderne.
Dans un discours dense et applaudi, Epiphane Zoro Bi Ballo a rappelé une maxime enseignée dans les grandes écoles juridiques : « Un mauvais compromis vaut mieux qu’un bon procès ».
Pour le Président de la HABG, le procès, même juste, engendre tensions, inimitiés et parfois des fractures durables, tandis que la médiation, l’arbitrage et la négociation favorisent le rapprochement, la cohésion et la restauration du lien social.
« Le conflit n’est pas une anomalie, il est une réalité structurelle de nos sociétés. Le véritable enjeu réside dans la manière dont nous l’abordons et le régulons », a-t-il souligné, présentant les MARD comme une justice moderne, accessible, pacificatrice et complémentaire à la justice étatique.
Évoquant l’exemple français de la Convention judiciaire d’intérêt public, utilisée notamment dans l’affaire Airbus, Zoro Bi Ballo a insisté sur l’efficacité des solutions négociées dans la lutte contre la corruption, permettant d’éviter des procès longs, coûteux et préjudiciables à la réputation des entreprises.
S’adressant directement aux diplômés, il a rappelé les exigences de leur mission, neutralité absolue, confidentialité rigoureuse, indépendance intellectuelle et éthique irréprochable.
«Votre crédibilité sera votre premier capital professionnel, votre intégrité votre meilleure protection », a-t-il martelé, avant de conclure en appelant les nouveaux professionnels à exercer leur art « avec rigueur, humanité et sens aigu de l’intérêt général ».
Porte-parole des 27 diplômés, Madame Méité Massafola épouse Traoré a exprimé la fierté et la reconnaissance des récipiendaires au terme d’un parcours exigeant, souvent mené en parallèle de responsabilités professionnelles et familiales.
Elle a salué la qualité de l’encadrement pédagogique assuré par le CERFOPMAN et ses partenaires internationaux – l’IFOMEN, l’Institut Catholique de Paris, l’Association Française d’Arbitrage (AFA) et l’OMOA, qui a permis aux apprenants d’acquérir des compétences solides et opérationnelles.
« Notre mission est noble : garantir le vivre-ensemble et la paix sociale en favorisant des solutions amiables, pragmatiques et efficaces », a-t-elle déclaré, appelant ses pairs à faire preuve de rigueur, de professionnalisme et de solidarité.
Les diplômés, désormais membres de réseaux professionnels nationaux et internationaux, se positionnent comme de véritables ambassadeurs des MARD, convaincus que le dialogue doit primer sur la confrontation.
Président du CERFOPMAN, Maître Michel Tchikaya a rappelé l’originalité et la portée internationale du centre, né d’un protocole d’accord entre l’UCAO-UUA et l’Institut Catholique de Paris. Les diplômes délivrés sont co-signés par Paris et Abidjan, reconnus à la fois en France, dans l’Union européenne, dans l’espace CAMES et dans les 17 États membres de l’OHADA.
Il a insisté sur un point majeur : le CERFOPMAN demeure, à ce jour, le seul centre en Côte d’Ivoire à délivrer des diplômes universitaires et non de simples certificats en médiation, arbitrage et négociation, au terme de formations longues et exigeantes.
Revenant sur les débuts difficiles des MARD dans le pays, Maître Tchikaya s’est réjoui du chemin parcouru : « Il y a quinze ans, très peu y croyaient. Aujourd’hui, votre présence massive et celle des autorités démontrent que ces modes de règlement sont devenus une voie d’avenir ».
Au-delà d’une cérémonie académique, l’événement s’est imposé comme un acte fort de reconnaissance nationale en faveur du dialogue, de la prévention des conflits et de la bonne gouvernance. En consacrant ces nouvelles promotions, la Côte d’Ivoire réaffirme son attachement à une justice apaisée, au service de la cohésion sociale et du développement durable.
Wassimagnon
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