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Cameroun : Affaire « Bébé Mathis », Dagobert Nwafo condamné à mort par fusillade pour l'assassinat d'un enfant de 6 ans
 

Cameroun : Affaire « Bébé Mathis », Dagobert Nwafo condamné à mort par fusillade pour l'assassinat d'un enfant de 6 ans

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 19 mars 2026 - 06:42


Le Tribunal de Grande Instance du Mfoundi a rendu, ce mercredi 18 mars 2026, son verdict dans l’affaire « Bébé Mathis ». Nwafo Dagobert est condamné à la peine de mort par fusillade pour l'assassinat de Ouandji Beao Mathys Nathanaël, surnommé « Bébé Mathis », un enfant de 6 ans.


Après dix mois d'instruction et de débats, l'affaire opposant le Ministère Public et les ayants droit de feu Ouandji Beao Mathys Nathanaël à l'accusé Nwafo Dagobert s'est conclue par un verdict sans appel. L'audience criminelle ordinaire, présidée par Mme Sanama Ekassi Alain, entourée de trois membres assesseurs -Mme Ngo Bakoa Joséphine, M. Bias Albert Joël et M. Nganmigni Jean Marie -, s'est ouverte à 14h42.


Vêtu d'un grand bleu, l'accusé avait passé toute la matinée en prières. Ses espoirs allaient être rapidement dissipés : à peine l'audience ouverte, le tribunal déclarait Nwafo Dagobert coupable du crime d'assassinat, prévu et réprimé par les articles 74 alinéa 2 et 276 alinéa 1A du Code pénal.


Les faits 


Les faits sont d'une rare violence : Nwafo Dagobert s'en est pris à l'enfant de son adversaire, un garçon de 6 ans, qu'il a poignardé à l'aide d'un couteau de 42 centimètres de longueur. L'enfant avait supplié : « Tonton Blaise, tu me fais mal. » Le couteau avait tout de même été enfoncé jusqu'au cœur et aux poumons. Bébé Mathis n'a pas survécu.


Le verdict : mort par fusillade et 500 millions de dommages et intérêts 


Statuant contradictoirement et à l'unanimité de ses membres, le tribunal a prononcé les condamnations suivantes :


 Peine de mort par fusillade


 

500 000 000 FCFA de dommages et intérêts aux ayants droit (dont 400 millions pour préjudice moral et 100 millions pour préjudice matériel), 25 825 028 650 FCFA de dépens, deux mandats d'incarcération. Confiscation du scellé constitué du poignard.


La partie civile avait réclamé un milliard de francs CFA au titre du seul préjudice moral, faisant valoir « l'extrême douleur » de la famille, contrainte de quitter son quartier sous le choc et l'anxiété, et soulignant que les images de l'autopsie avaient exposé la famille à des souffrances physiques et psychologiques supplémentaires. Le tribunal n'a accédé que partiellement à cette demande, allouant 500 millions au total.


Réquisitoire du parquet 


Le ministère public avait requis la peine capitale sans ambages, excluant tout bénéfice de circonstances atténuantes. L'accusation a relevé la préméditation de l'acte — Nwafo étant allé chercher son couteau avant de se rendre au domicile de sa victime — et sa détermination froide, en poursuivant son geste alors même que l'enfant implorait sa clémence.


Le procureur a également invoqué le refus de l'accusé de plaider coupable de manière franche et sincère, estimant qu'une « mémoire sélective » ne pouvait ouvrir droit à aucune clémence. Quant au mode d'exécution, le parquet avait expressément plaidé pour la fusillade publique : « Son corps doit être transpercé par les balles, comme il a transpercé le corps de Bébé Mathis avec un poignard. »


Les avocats de la défense n'ont pas contesté la culpabilité de leur client, mais ont plaidé pour la reconnaissance de circonstances atténuantes. Ils ont rappelé que Nwafo Dagobert était primo-délinquant, qu'il avait exprimé des regrets, et que son dernier mot à la barre fut : « Je demande pardon. »


La défense a également invoqué l'évolution du droit international et la signature par le Cameroun du Pacte international relatif aux droits civils et politiques depuis 35 ans, plaidant pour une « justice réparatrice » plutôt que vengeresse. 


 

La peine de mort au Cameroun : toujours dans les textes, plus dans les faits ?


Le Code pénal camerounais prévoit bien la peine de mort, exécutable par fusillade ou par pendaison (article 23). Des condamnations capitales sont régulièrement prononcées, notamment pour des affaires de terrorisme liées à Boko Haram ou pour des cas d'assassinat particulièrement graves.


Pourtant, la dernière exécution connue remonte à 1997, lorsque 47 personnes impliquées dans une tentative de coup d'État avaient été fusillées. Depuis lors, le Président de la République suspend de fait les exécutions en n'accordant pas les décrets de grâce nécessaires à leur mise en œuvre.


Dans ce contexte, la condamnation à mort de Nwafo Dagobert sera, selon toute vraisemblance, commuée en réclusion criminelle à perpétuité. Le Cameroun ayant adhéré à de nombreuses conventions internationales prohibant ou encadrant strictement la peine capitale, les exécutions demeurent suspendues dans les faits, même si elles restent légales en théorie.



-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.


-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-ou cameroun@koaci.com


 
 
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