Côte d'Ivoire : Bondoukou, un différend oppose les commerçants et la Mairie sur la construction d'un supermarché au marché central , ce que la justice a décidé
Des commerçants ont assigné la mairie de Bondoukou dans la région du Gontougo en justice pour contester la régularité du projet de construction d’un supermarché aux abords du marché central et également pour demander la suspension des travaux.
Les plaignants soutiennent que le supermarché viendrait pour concurrencer les femmes qui vendent au marché et pourtant, ce n’est pas la même activité.
Pour les promoteurs du projet, l’arrivée de cette enseigne moderne contribuera à renforcer l’attractivité économique de Bondoukou et à offrir davantage de choix aux consommateurs.
Le projet d’implantation du supermarché Sococe aux abords du marché central de Bondoukou suscite depuis plusieurs semaines des réactions contrastées au sein de certains commerçants, dont plusieurs avaient observé un arrêt temporaire de leurs activités pour marquer leur opposition.
Dans une décision rendue, vendredi 05 juin 2026, le tribunal de Bondoukou a estimé qu’il n’y avait pas lieu de suspendre l’opération d’aménagement et a permis la poursuite des travaux.
La justice n’a donc pas donné suite à la demande de suspension formulée par des commerçants opposés au projet d’implantation du supermarché Sococe aux abords du marché central, ouvrant ainsi la voie à la poursuite des opérations d’aménagement du site retenu.
« Le juge leur a dit qu’il ne pouvait pas suspendre les travaux. Au regard des éléments qui lui ont été présentés, il a estimé qu’il n’y avait pas lieu d’ordonner la suspension de cette opération », a déclaré le maire de Bondoukou, Ouattara Anzoumana.
Les plaignants soutenaient notamment que la commune était en train de céder un espace public à des intérêts privés et qu’elle aurait procédé à la destruction de magasins sur le site concerné. Des déclarations qu’a rejetées le maire.
« La mairie ne peut pas vendre un espace public. Les réserves administratives appartiennent à l’État. La commune peut accorder des occupations provisoires du domaine public, mais elle n’a pas le pouvoir de vendre une réserve administrative », a-t-il expliqué.
Le maire a rappelé que le projet Sococé s’inscrit dans la stratégie de développement économique de Bondoukou visant à renforcer l’attractivité de la ville, stimuler les activités commerciales et contribuer à la lutte contre la vie chère.
« Nous recherchons des opérateurs capables d’accompagner le développement de la commune, de créer de l’activité économique et d’offrir aux populations davantage d’opportunités d’approvisionnement », a-t-il souligné.
Selon lui, le partenariat envisagé avec l’opérateur repose sur une convention d’occupation temporaire du domaine public d’une durée de vingt ans.
« Pendant cette période, l’opérateur paiera les taxes, les redevances et les impôts. Au terme du contrat, les infrastructures construites reviendront dans le patrimoine de l’État de Côte d’Ivoire », a précisé M. Ouattara.
Le maire a insisté sur le fait qu’aucune vente de terrain n’était envisagée dans le cadre du projet, mais plutôt une mise à disposition temporaire conformément aux mécanismes prévus par la réglementation applicable aux collectivités territoriales.
Concernant les occupants du site retenu pour le projet, il a indiqué qu’un espace de recasement avait été identifié afin de permettre leur relocalisation.
« Nous avons trouvé un site de recasement. Les personnes concernées ont été invitées à s’y installer. Nous avons multiplié les mises en demeure et les échanges », a-t-il affirmé.
Estimant que la décision du tribunal conforte la position de la municipalité, M. Ouattara a annoncé la poursuite des aménagements préparatoires nécessaires à la réalisation du projet.
« Si la justice estime qu’il n’y a pas lieu de suspendre l’opération, nous poursuivrons naturellement les démarches engagées dans le respect des textes et de l’intérêt général », a-t-il soutenu.
Donatien Kautcha, Abidjan
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