Côte d'Ivoire : Bouaké, Ivoire Diplomatie Verte veut offrir une « forêt diplomatique » à chaque ambassade
Gislène Diakité (ph KOACI)
La Journée Nationale de l’Arbre (JNA), édition 2026, a été organisée ce vendredi 10 juillet 2026 au campus 2 de l’Université Alassane Ouattara (UAO) de Bouaké par le Ministère des Eaux et Forêts. Placée sous le thème « Chaque arbre compte, je plante mon arbre », la cérémonie a mobilisé autorités, étudiants, organisations de la société civile et populations.
Aux côtés du Ministre des Eaux et Forêts, M. Assahoré Konan Jacques, cette journée dédiée à la restauration du couvert forestier ivoirien, a été marquée par la présence de M. Kobenan Kouassi Adjoumani, Ministre d’État, représentant le Vice-Président de la République, M. Tiémoko Meyliet Koné, patron de la cérémonie.
En marge de l’événement, Gislène Diakité, Secrétaire générale de l’ONG Ivoire Diplomatie Verte, a présenté la mission de son organisation. Créée en 2019, cette OSC environnementale a pour cœur de métier le reboisement en partenariat avec les représentations diplomatiques accréditées en Côte d’Ivoire. Malgré les interruptions liées à la Covid-19 et au contexte politique, l’ONG est revenue en force sur le terrain.
À ce jour, Ivoire Diplomatie Verte a créé entre 7 et 8 « forêts diplomatiques ». L’organisation ne comptabilise pas en superficies, mais en nombre de forêts créées. Pour illustrer l’impact, Mme Diakité cite la forêt dédiée à la France en 2019, à N'Gueguedou, près de Gesco. « En y retournant quelques années plus tard, on y voit des saos, des palétuviers et de grands arbres. On se dit qu’on a fait quelque chose de formidable. Cela donne de l’espoir à nous-mêmes et aux générations futures », souligne-t-elle.
L’ambition de la Secrétaire générale est claire : sacraliser ces forêts diplomatiques. Elle souhaite qu’à l’instar des représentations diplomatiques, ces espaces verts bénéficient du même statut. L’objectif est que toutes les ambassades et représentations des institutions internationales en Côte d’Ivoire soient dotées d’une forêt.
Pour y parvenir, Gislène Diakité lance un appel aux ministères de tutelle : Eaux et Forêts, Affaires étrangères, Environnement et Agriculture. Elle sollicite des audiences pour expliquer le bien-fondé de l’action de l’ONG et inviter ces institutions à s’impliquer davantage. Le ministre des Eaux et Forêts a déjà accordé son parrainage à l’ONG depuis qu’il était au ministère de l’Environnement. Elle espère que les autres institutions emboîteront le pas afin de donner à l’organisation la crédibilité nécessaire à un déploiement à l’international.
Son appel s’adresse également aux ambassades et institutions internationales. Des échanges ont déjà eu lieu avec plusieurs ambassadeurs, mais la concrétisation reste difficile. Elle les exhorte à ouvrir leurs portes à l’ONG afin d’appliquer sur le terrain, en Côte d’Ivoire, les résolutions issues des grandes rencontres internationales comme les COP.
Salutant l’initiative du ministère, elle a particulièrement relevé le choix de la région du Gbêkê, à Bouaké. En pleine zone de savane où le désert avance de manière drastique, ce choix constitue selon elle un signal fort pour la restauration du patrimoine forestier.
T.K.Emile
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