Cameroun : Face à l'acharnement, Eto'o sort du silence et refuse le débat, "Je préfère construire"
Ce matin, Samuel Eto'o a brisé plusieurs mois d'acharnement de silence. Dans un long texte publié sur ses réseaux, le président de la Fecafoot répondant à ses détracteurs les plus virulents. Sans les nommer, il vise "ceux qui veulent nous imposer leur médiocrité" et dénonce des personnes "sans parcours, sans bilan et parfois sans véritable CV" qui voudraient "tuer l’espoir et briser les rêves de toute une génération".
Une sortie qui intervient à un moment clé, à un peu plus de 8 mois de sa réélection à la tête de l’instance faîtière du football camerounais.
Les axes de la réaction d'Eto'o
D’abord, l’attaque. Eto'o dresse le portrait de détracteurs dont "la fortune reste intraçable" et qui voudraient faire croire que "dans ce beau pays [Cameroun], nous devrions tous être des voleurs". Pour lui, c’est une guerre pour "préserver leurs petites places et leurs petits intérêts".
Ensuite, le refus du débat. Répondant à "un certain intellectuel" qui l’a récemment interpellé, il tranche : "Cela n’arrivera pas". Justification, ils ne sont pas au "même niveau de responsabilité ni dans le même registre". Sa priorité, dit-il, est ailleurs : "construire, servir et transmettre".
Enfin, le bilan et le patriotisme. Le patron de la Fecafoot martèle que "l’histoire s’écrit par les actes et les résultats". Il dédie une pensée à la récente CAN féminine et conclut par une allégeance républicaine : "Une pensée particulière pour le Président de la République, Paul Biya". Slogan final : "Le Cameroun d’abord. Le Cameroun toujours."
Pourquoi cette sortie maintenant ?
Ce texte est plus qu’une réponse. C’est un repositionnement.
Plus de 8 mois après sa réélection le président de la Fecafoot est sous pression. La pression viré à un acharnement quotidien qui monte. Les critiques sur la gestion, les résultats des sélections et la gouvernance s’intensifient. En refusant le débat direct, Eto'o choisit le rapport de force par le haut. Il s’adresse à trois publics : à ses détracteurs pour les disqualifier, à sa base pour la galvaniser autour du thème du "rêve" et de la "réussite", et au pouvoir pour réaffirmer sa loyauté.
Le message est clair : il ne répondra plus au "bruit". Il veut qu’on le juge sur les "actes".
Construire vs bruit, la stratégie va-t-elle payer ?
En opposant "construire" à "médiocrité", Eto'o tente de reprendre la main sur le récit. Ne plus descendre dans l’arène des polémiques pour se concentrer sur le terrain : c’est le pari.
Mais dans un contexte où chaque décision de Samuel Eto'o est scrutée et commentée, cette stratégie peut aussi être perçue comme un mépris du débat démocratique.
La question reste posée : Les Camerounais retiendront-ils les actes, ou le bruit finira-t-il par couvrir le chantier ?
-Armand Ougock, correspondant permanent de koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de koaci au WhatsApp 237 691154277 ou cameroun@koaci.com
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
