Burkina Faso : Le pays veut transformer son tourisme en business
Déjà capitale du cinéma africain, à travers le Fespaco, Ouagadougou mise gros sur le tourisme qu'il entend transformer en business.
A cet effet, ce mardi 22 septembre, au Parc d’exposition du SIAO, le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a lancé la 16e édition du Salon International du Tourisme et de l'Hôtellerie (SITHO), qui se tient jusqu'au 27 septembre autour du thème « Financement des projets structurants : un levier pour le développement du tourisme »
Cette édition accueille le Mali et le Niger en qualité de pays invités spéciaux et met à l’honneur la région du Guiriko (Ouest).
Dans son discours d'ouverture, le chef du gouvernement s'est voulu clair :le pays regorge de tout, mais il faut financer.
Paysages, culture, artisanat, gastronomie... le potentiel est énorme. Mais sans hôtels, sans routes vers les sites, sans formation et sans numérique, ça reste du folklore.
« La mobilisation de financements adaptés constitue, à cet égard, un enjeu déterminant, un défi qu’il nous faut coûte que coûte relever si nous voulons être compétitifs et attractifs », a-t-il déclaré.
Il veut faire se rencontrer deux mondes qui ne se parlent pas : les porteurs de projets touristiques et les banques/investisseurs.
Jean Emmanuel Ouédraogo a alors appelé au renforcement des mécanismes permettant de rapprocher les projets touristiques des sources de financement disponibles, à une plus grande implication du secteur privé et à la création d’un environnement favorable à l’émergence de projets structurants et durables.
Il a également insisté sur la portée culturelle, identitaire et sociale du tourisme.
« Le tourisme ne se limite pas à la découverte de paysages ou de monuments atypiques. Il est également un puissant vecteur d’identité et de connaissance mutuelle, de valorisation de notre patrimoine, de nos traditions, de nos musées et de notre artisanat à l’échelle internationale », a-t-il souligné.
Pour le Premier ministre, le SITHO constitue aussi un espace de dialogue entre pouvoirs publics, collectivités territoriales, professionnels, investisseurs et communautés.
Il a invité les participants à mettre à profit les rencontres pour nouer des partenariats et faire émerger des propositions concrètes de financement.
La destination AES, un gros pari
La coopération touristique au sein de la Confédération des États du Sahel (AES) occupe une place importante dans cette édition du Sitho.
Pour la première fois, un Forum des acteurs du tourisme de l'AES est au programme. L'idée : arrêter de vendre Burkina, Mali, Niger séparément. Vendre une seule destination sahélienne.
La proximité géographique, la diversité culturelle et les liens historiques entre les peuples du Burkina Faso, du Mali et du Niger constituent, selon le premier ministre burkinabè, des atouts pour construire des offres touristiques complémentaires.
Le ministre malien Mamou Daffé, au nom du Mali et du Niger, a embrayé : "Mutualisons nos expertises, cofinançons nos projets, vendons ensemble Tombouctou, la mosquée de Dioulasso, les falaises de Bandiagara et notre artisanat."
La sécurité comme préalable
Le PM n'a pas éludé le volet sécuritaire : pas de tourisme sans sécurité.
Il a rappelé que le développement du tourisme repose sur des conditions de sécurité permettant l’accueil et les déplacements des visiteurs.
Il a alors rendu hommage aux FDS et VDP, et salué la résilience des hôteliers qui tiennent malgré tout.
Lancée en musique avec le Ballet National, le SITHO 2026 est ouvert jusqu'au 27 septembre, l'occasion de nouer des partenariats concrets.
Boa, Ouagadougou
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