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Côte d'Ivoire - Ghana : Délimitation de la frontière, la borne 55 inaugurée, un pas de plus vers une coopération transfrontalière renforcée
 

Côte d'Ivoire - Ghana : Délimitation de la frontière, la borne 55 inaugurée, un pas de plus vers une coopération transfrontalière renforcée

 
 
 
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© Koaci.com - mardi 22 septembre 2026 - 20:59

Un nouveau jalon vient d’être posé dans la coopération entre le Ghana et la Côte d’Ivoire. La borne frontière terminale BP 55, située à la jonction des deux pays dans la localité de Newton, a été officiellement réceptionnée et inaugurée à l’issue de la première phase de l’exercice conjoint de réaffirmation de la frontière terrestre ce mardi 22 septembre. Plus qu’un ouvrage technique, les autorités ghanéennes et ivoiriennes présentent cette borne comme un symbole de paix, de confiance et de coopération entre deux peuples liés par l’histoire, la culture et des échanges transfrontaliers particulièrement intenses.


Un peu plus d’un an après la pose de la première pierre, les autorités du Ghana et de la Côte d’Ivoire se sont retrouvées sur le même site pour inaugurer la borne frontière terminale BP 55. La cérémonie a réuni les représentants des commissions frontalières des deux pays, les autorités administratives et traditionnelles, les forces de défense et de sécurité ainsi que les communautés riveraines.


Pour Anthony Ntem, Commissaire général de la Commission des frontières du Ghana, cette inauguration constitue l’aboutissement d’une étape importante du processus conjoint de réaffirmation de la frontière terrestre entre les deux États.


Il a rappelé que la pose de la première pierre, un an auparavant, avait symbolisé « une certitude, une coopération et une confiance renouvelées » entre le Ghana et la Côte d’Ivoire.


Aujourd’hui, a-t-il souligné, cet engagement se matérialise par une infrastructure physique destinée à donner une référence claire et durable à la frontière réaffirmée.


Dans son intervention, Anthony Ntem a insisté sur la portée politique et symbolique de l’ouvrage. Selon lui, une frontière clairement définie ne doit pas être perçue comme un instrument de séparation entre les peuples. Elle constitue plutôt un cadre permettant aux États d’exercer leurs responsabilités souveraines tout en favorisant la coopération entre les populations.


Il a ainsi rejeté l’idée selon laquelle la matérialisation des frontières serait contradictoire avec la vision d’une Afrique intégrée et plus ouverte.


« Une Afrique sans frontières ne signifie pas une Afrique sans frontières clairement définies », a-t-il expliqué, soulignant que la clarté des limites territoriales peut au contraire favoriser la libre circulation des personnes, des biens et des services, le commerce légitime et l’intégration régionale.

Pour le responsable ghanéen, « les frontières réunissent au lieu de diviser».


Une vision particulièrement importante dans cette zone où les populations entretiennent depuis des générations des liens familiaux, culturels, linguistiques, économiques et sociaux qui dépassent la frontière administrative.


Anthony Ntem a également adressé un message direct aux populations de Newtown, de Half Assini et des localités environnantes.


Il a rappelé que les bornes installées le long de la frontière ne sont pas destinées à interrompre les relations entre les communautés. Elles doivent, au contraire, fournir un cadre clair permettant à ces relations historiques de se poursuivre dans la paix et la sécurité.


Il a donc invité les populations à protéger les ouvrages et à veiller à leur préservation. « Je vous exhorte donc, en tant que gardiens de la terre et acteurs majeurs de la paix et de la stabilité dans cette zone frontalière, à protéger ces bornes », a-t-il lancé.


Pour le Commissaire général, la véritable réussite de l’opération ne se mesurera pas uniquement au nombre de bornes installées, mais également à la capacité des deux pays à préserver la coopération, le dialogue et la paix le long de leur frontière commune.


Prenant la parole au nom des autorités locales, Boadi Benedict, ministre du district de Jomoro, a estimé que le pilier frontière 55 représente bien davantage qu’un ouvrage constitué de béton et de pierre.


Il y voit le symbole d’un engagement partagé en faveur de la paix, de l’intégrité territoriale et de la coexistence pacifique entre le Ghana et la Côte d’Ivoire.


 

Selon lui, la réaffirmation et la mise en service de cette borne démontrent ce que deux pays voisins peuvent accomplir lorsqu’ils privilégient le dialogue, la diplomatie et la coopération.


Il a également souligné l’importance d’une démarcation claire pour prévenir les litiges, faciliter le commerce transfrontalier légitime et améliorer la gestion de la sécurité dans les zones frontalières.


Pour les populations de Newtown et des localités voisines, cet exercice doit notamment apporter davantage de clarté, de protection et de perspectives de développement partagé.


Boadi Benedict a salué le travail des équipes techniques et sécuritaires des deux pays, tout en exprimant sa gratitude aux autorités traditionnelles et aux communautés locales pour leur patience, leur coopération et leur hospitalité durant le processus.


La dimension communautaire a également été fortement mise en avant lors de la cérémonie.


Le chef suprême des Nzima, Awulae Amakyi III, a rappelé les liens profonds qui unissent les populations installées de part et d’autre de la frontière.


Pour lui, les populations sont avant tout des frères et sœurs partageant une histoire, une langue et une culture communes. « La frontière est là, mais elle ne constitue pas un mur », a-t-il déclaré, appelant les communautés à continuer de vivre dans la paix et la collaboration.


Il a également salué le travail réalisé par les ingénieurs et les équipes techniques, ainsi que la collaboration ayant permis l’aboutissement du projet.


Le chef traditionnel a par ailleurs adressé ses félicitations au Dr Diakalidia Konaté, secrétaire exécutif de la Commission nationale des frontières de Côte d’Ivoire (CNFCI), pour son implication dans ce processus.


Pour le secrétaire exécutif de la CNFCI, Dr Diakalidia Konaté, cette réception constitue un moment important dans l’histoire des relations entre la Côte d’Ivoire et le Ghana. Il a rappelé que les deux pays disposent d’une frontière matérialisée depuis près d’un siècle et que l’exercice actuel vise à réaffirmer cette frontière à travers un processus conjoint.


« Ça fait près de 100 ans, un siècle, que la Côte d’Ivoire et le Ghana ont des bornes, et nous venons pour réaffirmer ces bornes-là un siècle après », a-t-il expliqué.


Selon lui, cette démarche doit permettre de renforcer davantage la coopération entre les deux États et surtout les relations entre les populations vivant de part et d’autre de la frontière.


Interrogé sur la portée concrète de la cérémonie, Dr Diakalidia Konaté a précisé que l’opération consistait notamment à réceptionner la borne principale BP 55, dont la première pierre avait été posée l’année précédente.


Cette borne constitue un point de référence majeur pour le tracé de la frontière terrestre. Elle joue également un rôle dans la définition de la frontière maritime.


 

« Cette borne-là est une borne importante, une borne fondamentale et une borne de départ », a-t-il expliqué.


Le choix du site revêt également une dimension particulière : le point où la borne est implantée se situe à la jonction des territoires des deux États. La réception de cet ouvrage constituait donc, selon lui, un moment symbolique pour les deux pays.


Dr Diakalidia Konaté a par ailleurs insisté sur l’importance économique de la frontière entre la Côte d’Ivoire et le Ghana. Il l’a présentée comme l’une des frontières les plus dynamiques du pays en matière d’interactions humaines, d’échanges commerciaux et de commerce transfrontalier.


La réaffirmation de la frontière ne doit donc pas être interprétée comme une volonté de restreindre ces échanges.

Au contraire, a-t-il expliqué, les nouvelles bornes doivent contribuer à sécuriser et à clarifier le cadre dans lequel ces interactions se poursuivent.


Anthony Ntem a tenu à rendre hommage au Comité technique conjoint Ghana-Côte d’Ivoire, dont le travail a été déterminant dans la réalisation de l’exercice. Il a également félicité le 48e Régiment du génie des Forces armées ghanéennes pour son expertise technique dans la réalisation de l’infrastructure.


Les partenaires techniques et financiers ont également été associés aux remerciements, notamment le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères, à travers la GIZ, ainsi que le Programme frontière de l’Union africaine, pour leur soutien financier et technique à la première phase du processus. La coopération entre les différents acteurs apparaît ainsi comme l’un des éléments déterminants de l’aboutissement de cette étape.


La cérémonie d’inauguration de la BP 55 intervient dans le cadre d’un processus plus large de réaffirmation de la frontière terrestre entre le Ghana et la Côte d’Ivoire. Pour les responsables des deux commissions frontalières, la matérialisation de la frontière doit aller de pair avec le maintien des liens historiques entre les populations.


La borne ne doit donc pas être perçue comme un monument à la séparation, mais comme un repère permettant de renforcer la confiance entre deux États souverains et de préserver la paix dans les communautés frontalières.


Le message porté lors de la cérémonie est ainsi largement partagé : la précision des frontières et la fraternité des peuples ne sont pas incompatibles.


Alors que la première phase de l’exercice conjoint vient de franchir une étape importante avec la réception de la borne BP 55, les autorités ghanéennes et ivoiriennes entendent désormais poursuivre le travail restant et approfondir leur coopération transfrontalière.


À la frontière Ghana-Côte d’Ivoire, la borne 55 devient ainsi bien plus qu’un simple repère territorial : elle se veut le symbole d’une volonté commune de construire une frontière clairement définie, pacifique et ouverte aux échanges, au service des populations des deux pays.



Wassimagnon


 
 
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