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Cameroun : Affaire des lunettes du Minepat, le silence coupable de René Sadi ou la trahison d'un ministre de la communication
 

Cameroun : Affaire des lunettes du Minepat, le silence coupable de René Sadi ou la trahison d'un ministre de la communication

 
 
 
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© Koaci.com - mercredi 23 septembre 2026 - 09:03



Quatre journalistes humiliés, détenus six jours pour une paire de lunettes déjà retrouvée. Toute la corporation s'indigne, sauf un : leur ministre de tutelle. Le mutisme de René Emmanuel Sadi vire à la faute politique.


Cachot 


Du 14 au 16 septembre, ils faisaient simplement leur travail. Solange Djuikam, François Essomba, Igor Guinweth Bibey et Pierre Mouchili couvrent la cérémonie de clôture au Minepat.


Quelques heures plus tard, ils sont soupçonnés du vol des lunettes en or du ministre Alamine Ousmane Mey. Direction le commissariat du 10ème, puis le Central N°1 de Yaoundé.


Cinq à six jours de détention dans ce que les victimes décrivent comme "l'enfer" : promiscuité avec des grands bandits, insalubrité totale, pas d'eau, pas de lit. Solange Djuikam en sort traumatisée et malade.


Le scandale absolu : selon le SPIC, aucune plainte officielle n'a jamais été enregistrée. Et le service com' du Minepat lui-même a avoué à Koaci que les lunettes avaient été retrouvées le jour même dans la voiture du ministre.


Le presse s'indigne, le Mincom se tait


Face à cette dérive, c'est toute la corporation qui s'est levée comme un seul homme.


Le SPIC, par la voix de son président Thierry Eba, a dénoncé une "détention arbitraire et abusive", annoncé un recours gracieux auprès du DGSN et décrété le boycott systématique de tous les évènements estampillés Minepat.


 

Le REPAC (Réseau des Patrons de Presse du Cameroun) a condamné avec la plus grande fermeté une atteinte grave à la liberté de la presse et une tentative d'intimidation des journalistes dans l'exercice de leur fonction.


Même les défenseurs des droits de l'homme sont montés au créneau. Le REDHAC (Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale) a qualifié l'affaire de violation flagrante des libertés publiques et d'abus de pouvoir intolérable.


Tout le monde a parlé. Le SPIC a parlé. Le REPAC a parlé. Le REDHAC a parlé. Les ONG ont parlé.


Tout le monde, sauf un.


René Sadi, le grand absent


Où est passé René Emmanuel Sadi, Ministre de la Communication, porte-parole du Gouvernement, garant institutionnel de la liberté de la presse ?


Ce même ministre qui dégaine un communiqué en moins de 24h quand un journaliste est jugé "irrespectueux" envers les institutions. Ce même ministre dont le décret d'organisation stipule qu'il est chargé "d'assurer la protection de la liberté de la presse".


Aujourd'hui la presse est piétinée, et c'est le silence radio. Pas un mot de compassion. Pas un rappel de la loi qui dépénalise les délits de presse. Pas un appel au SPIC.


Ce deux poids deux mesures est devenu la marque du Mincom sous l'ère Sadi: prompt à sanctionner, lent à protéger. Quand un journaliste critique le gouvernement, Sadi trouve sa voix. Quand quatre journalistes sont jetés en prison par un autre membre du gouvernement, il la perd.


 

Silence qui vaut caution


En politique, ne rien dire, c'est laisser faire. Ne rien dire quand des journalistes sont enfermés pour une affaire de lunettes déjà retrouvée, c'est cautionner l'arbitraire.


Que doit comprendre la jeune génération ? Que couvrir une cérémonie ministérielle peut vous conduire en cellule ? Et que votre ministre de tutelle vous abandonnera ?


Le SPIC, le REPAC et le REDHAC font aujourd'hui le travail que le Mincom refuse de faire : défendre la presse. Garde-t-il le silence par solidarité gouvernementale?


Cette affaire dépasse les quatre journalistes. Elle pose une question simple : René Sadi est-il encore le ministre de la Communication, ou est-il devenu le ministre de la censure par son silence ?


La profession n'attend plus seulement des excuses du Minepat. Elle attend que son propre ministre daigne enfin la défendre.


Monsieur le Ministre, tout le monde a condamné. Et vous, quand allez-vous enfin parler ?

 

-Armand Ougock, correspondant permanent de koaci au Cameroun. 


-Joindre la rédaction camerounaise de koaci au WhatsApp 237 691154277 ou cameroun@koaci.com



 
 
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