Côte d'Ivoire : Le collectif des déguerpis de Koumassi campement demande l'accélération de la procédure et le descellement du site
Le collectif des déguerpis de Koumassi campement (DR)
Une semaine après la sortie du Procureur de la République, le collectif des déguerpis de Koumassi campement demande l’accélération de la procédure et le descellement du site.
« Aujourd’hui, nous demandons que la procédure soit accélérée, et que le site soit descellé, parce qu’il y a des personnes qui ne savent pas où aller. Ces personnes seraient prêtes à construire des logements de fortune, pour s’y abriter. Mais là, c’est scellé, on n’y a pas accès », explique Didier Kouamé Konan, le président du collectif.
Selon les estimations du Collectif des victimes de Koumassi Campement, plus de 3 800 familles ont été touchées par ces démolitions dans la commune du Sud du District d’Abidjan.
Pour le président du collectif, Koumassi campement n’était pas concerné par le projet de déguerpissement.
« C’est quand même surprenant qu’on puisse délivrer des titres de propriété sur un site à risques. Et même si ça l’avait été, on aurait suivi la procédure. Personne n’a été notifié. Aucun propriétaire, aucun locataire, n’a été notifié d’un déguerpissement. C’est incompréhensible. »
Lors d'une conférence de presse très suivie le 16 septembre 2026, le procureur Braman Koné a fait des clarifications majeures sur l'état de l'enquête :
Le nommé Alloui Brou Jacques, qui a initialement revendiqué l'opération en s'appuyant sur une décision de justice, n'avait aucunement le droit de détruire ces constructions. Sa demande initiale ne portait que sur 5 habitations et avait de surcroît été rejetée par le Tribunal. Après avoir été recherché activement pour troubles à l'ordre public et destruction volontaire de biens d'autrui, il a été arrêté derrière Grand-Bassam.
L'enquête a révélé une double version des faits. Lors de son audition par la justice, le Ministre-Gouverneur du District Autonome d'Abidjan, Cissé Bacongo, a reconnu avoir commandité les opérations de démolition. Il justifie cette action par l'application du plan ORSEC, un dispositif d’urgence visant à libérer les zones à risques.
Donatien Kautcha, Abidjan
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