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Côte d'Ivoire : FREAO 2026, Beugré Mambé appelle à faire de l'eau un levier de paix et de coopération en Afrique de l'Ouest
 

Côte d'Ivoire : FREAO 2026, Beugré Mambé appelle à faire de l'eau un levier de paix et de coopération en Afrique de l'Ouest

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 24 septembre 2026 - 20:27



« L’eau est aussi et surtout une affaire d'Etat". À l’ouverture du premier Forum régional de l’eau en Afrique de l’Ouest (FREAO), à Abidjan, le Premier ministre ivoirien Robert Beugré Mambé a appelé les États de la sous-région à renforcer leur coopération autour de la ressource en eau. Face aux défis climatiques, démographiques et sécuritaires, la Côte d’Ivoire plaide pour une véritable hydrodiplomatie fondée sur le dialogue, la solidarité et des investissements durables.


« L’eau est aussi et surtout une affaire d’État. » C’est par cette déclaration que le Premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé, a donné le ton aux travaux du premier Forum régional de l’eau en Afrique de l’Ouest (FREAO), ouvert à Abidjan sous le parrainage du président Alassane Ouattara.


Pendant trois jours, responsables gouvernementaux, institutions régionales, experts, partenaires techniques et financiers et acteurs du secteur de l’eau sont réunis autour d’un même défi : faire de la gestion de cette ressource stratégique un véritable levier de développement, de stabilité et de coopération entre les pays ouest-africains.


Pour le chef du gouvernement ivoirien, la question de l’eau dépasse largement le cadre technique. Elle touche directement à la sécurité des populations, à la souveraineté des États, à la paix entre les peuples et à la dignité des citoyens.


« Gérer l’eau, ce n’est pas seulement construire des ouvrages ou adopter des textes », a-t-il souligné, appelant également à renforcer la confiance entre les États et à harmoniser les politiques publiques.

Cette nécessité découle notamment de la réalité géographique de l’Afrique de l’Ouest. Les principaux cours d’eau de la région traversent plusieurs frontières. Le Sénégal, le Niger, la Volta et d’autres bassins hydrographiques constituent ainsi des espaces de vie partagés par plusieurs États.

La région compte 28 bassins hydrographiques partagés, qui couvrent près de 71 % de l’espace ouest-africain, hors Cap-Vert. Chaque État partage au moins un cours d’eau avec un pays voisin.


Pour Robert Beugré Mambé, cette interdépendance doit être considérée comme une opportunité plutôt que comme une source potentielle de tensions.


Le Premier ministre ivoirien a ainsi appelé à promouvoir une véritable « hydrodiplomatie », entendue comme une approche faisant de la gestion des ressources en eau un instrument de dialogue, de coopération et de stabilité.


Dans une sous-région confrontée à d’importantes mutations géopolitiques, cette coopération apparaît d’autant plus nécessaire. « C’est précisément dans les périodes de tension que la coopération autour des problèmes qui nous sont communs, comme l’eau, devient encore plus nécessaire », a-t-il relevé.


Cette vision repose sur un principe simple : les cours d’eau ne s’arrêtent pas aux frontières administratives. Leur gestion nécessite donc des mécanismes de concertation, des politiques coordonnées et des investissements conçus à l’échelle des bassins.


Les travaux du FREAO s’inscrivent dans une approche intégrée articulée autour de l’interdépendance entre l’eau, l’énergie, l’alimentation et l’environnement.


 

À ces enjeux s’ajoutent le financement des infrastructures hydrauliques, l’adaptation au changement climatique, l’inclusion sociale, ainsi que la prise en compte des femmes et des jeunes dans les politiques de gestion de la ressource.


Pour la Côte d’Ivoire, l’objectif est également de consolider sa propre politique de gestion de l’eau. Le pays poursuit notamment l’élaboration de son schéma directeur de gestion des ressources en eau.


Le ministre ivoirien des Eaux et Forêts, Jacques Assahoré, a identifié plusieurs leviers nécessaires à la construction d’une politique efficace : la réforme institutionnelle, l’amélioration de la connaissance de la ressource, la planification, l’investissement et la coopération.


« Il nous appartient désormais de transformer nos analyses en décisions, nos décisions en investissements et nos investissements en résultats concrets pour nos populations », a-t-il déclaré.


La nécessité d’une réponse collective a également été soulignée par les responsables des institutions régionales.


Le commissaire de l’UEMOA, Abdoulaye Diop, a relevé l’accroissement de la pression exercée sur les ressources naturelles sous l’effet du changement climatique, de la croissance démographique et du déficit d’infrastructures.


Dans ce contexte, il a estimé qu’aucun État ne pouvait relever seul les défis liés à l’accès et à la gestion durable de l’eau. La coopération régionale apparaît ainsi comme un passage nécessaire pour renforcer la sécurité collective et construire des réponses adaptées aux réalités de la sous-région.


De son côté, le commissaire de la CEDEAO chargé des Infrastructures, de l’Énergie et de la Numérisation, Amin Amidu Sulemani, a appelé les participants à passer de la réflexion à l’action.


Une fois les défis identifiés, a-t-il insisté, l’enjeu consiste désormais à mobiliser les compétences, les financements et les acteurs nécessaires à la mise en œuvre de solutions concrètes.


Il a également encouragé une plus grande implication des populations, des chercheurs, des experts et des jeunes générations dans la recherche de réponses locales, réalistes et durables.


 

À l’ouverture du forum, Robert Beugré Mambé a invité les participants à retenir trois chiffres : 28, pour le nombre de pays de l’espace régional ; 71 %, pour la part du territoire couverte par les bassins hydrographiques partagés ; et 500 millions, pour le nombre d’habitants concernés.


Pour le Premier ministre, ces chiffres illustrent à la fois le potentiel de l’Afrique de l’Ouest et l’ampleur de sa responsabilité collective dans la gestion de la ressource.


Le FREAO entend ainsi offrir à la sous-région une plateforme permanente de dialogue sur les enjeux liés à l’eau et contribuer à faire émerger des réponses communes.


Au-delà des déclarations et des engagements, l’attente demeure celle des populations : un meilleur accès à l’eau potable, des infrastructures hydrauliques plus résilientes, une gestion durable des ressources et une coopération renforcée entre les États.


À Abidjan, le premier Forum régional de l’eau en Afrique de l’Ouest veut ainsi poser les bases d’une nouvelle approche : faire de l’eau non plus seulement une ressource à gérer, mais un facteur de coopération, de développement et de paix.




Wassimagnon




 
 
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