Côte d'Ivoire : Créances impayées, le SYNAFECI met la pression sur l'État pour le règlement de 39 milliards FCFA de dette
Réunis le mardi 22 septembre 2026 à la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire, au Plateau, les fournisseurs de l’État et contribuables, à travers le SYNAFECI, ont exposé leurs préoccupations au sujet du paiement de leurs créances et de plusieurs questions fiscales. Dans un document signé par son président national, Faustin Gré, l’organisation évoque notamment 39,048 milliards de FCFA soumis au paiement et appelle le gouvernement à accélérer le règlement des dossiers en suspens.
Le SYNAFECI, organisation professionnelle regroupant des fournisseurs de l’État et des chefs d’entreprise, a tenu une grande réunion avec ses membres autour des préoccupations soumises au gouvernement ivoirien depuis janvier 2024.
Selon le document signé par Faustin Gré, le montant total des créances soumises au paiement s’élève à 39 048 705 069 FCFA. L’organisation affirme avoir également renouvelé ses préoccupations fiscales auprès des autorités, notamment le 2 mars 2026.
Parmi les principaux dossiers évoqués figure celui du Trésor public, concernant notamment des créances liées à des établissements scolaires confessionnels. Le SYNAFECI demande davantage de transparence sur les paiements annoncés et souhaite obtenir le détail des règlements effectués.
L’organisation cite notamment une somme de 34,645 milliards de FCFA qu’elle présente comme liée à des écoles chrétiennes, catholiques, protestantes et méthodistes. Elle affirme que, malgré un courrier du Directeur général adjoint du Trésor public faisant état du règlement de cette somme, des interrogations subsistent sur la réalité et le détail des paiements.
Le SYNAFECI évoque également le cas d’un établissement scolaire qui attendrait encore le règlement de 997,001 millions de FCFA, ainsi que celui d’une fournisseur âgée de 87 ans, dont une créance de plus de 55 millions de FCFA, remontant à plusieurs décennies, resterait à apurer.
Le document met également en lumière plusieurs autres dossiers. Concernant l’Inspection générale des finances (IGF), le SYNAFECI affirme que des prestations représentant des montants importants resteraient en attente d’audit ou de clarification. L’organisation dit avoir reçu un courrier indiquant que les audits auraient été clôturés depuis 2023, tout en déplorant l’absence d’informations adressées directement aux fournisseurs concernés.
Le syndicat évoque par ailleurs la situation de la SOGEPIE, devenue SONAPIE, où plusieurs factures de fournisseurs, estimées à plus de 2 milliards de FCFA, resteraient impayées.
La Société nationale de développement informatique (SNDI) figure également parmi les dossiers cités. Le SYNAFECI fait état de créances qui pourraient atteindre plusieurs centaines de milliards de FCFA et concerneraient des prestations réalisées pour la Présidence de la République et d’autres structures publiques. L’organisation rapporte des divergences entre les explications attribuées à la SNDI et celles du Trésor public sur l’origine des difficultés de paiement.
Le SYNAFECI attire aussi l’attention sur les dettes de certaines collectivités décentralisées. À San Pedro, l’organisation affirme que la commune devait plus d’un milliard de FCFA à des fournisseurs de l’État à l’issue du mandat de l’ancien maire Félix Anoblé et que plusieurs créanciers attendraient toujours leur règlement.
Le syndicat indique avoir entrepris plusieurs démarches auprès des autorités compétentes afin de faciliter le règlement de ces dossiers.
Autre sujet majeur soulevé : les relations entre les entreprises et la Direction générale des impôts (DGI).
Le SYNAFECI affirme avoir tenu plusieurs séances de travail avec l’administration fiscale depuis 2024. Parmi les préoccupations citées figurent les redressements fiscaux contestés, le niveau des pénalités, les fermetures d’entreprises, les Factures normalisées électroniques (FNE) et les Reçus normalisés électroniques (RNE).
L’organisation réclame également un cadre permanent d’échange avec la DGI, ainsi qu’une clarification sur plusieurs questions liées à la fiscalité des entreprises.
Dans son plaidoyer adressé au gouvernement, Faustin Gré reconnaît certaines avancées, notamment la création du Compte unique du Trésor (CUT) et la mise en œuvre des appels d’offres électroniques.
Le président national du SYNAFECI estime toutefois que des difficultés persistent dans le traitement des fournisseurs de l’État et dans leurs relations avec certaines administrations publiques.
Face à ces préoccupations, l’organisation formule plusieurs propositions. Elle demande notamment la suspension immédiate des FNE et des RNE, qu’elle juge mises en œuvre sans concertation suffisante, ainsi que la création d’un cadre d’échange fiscal entre l’administration et les contribuables.
Le SYNAFECI plaide également pour la mise en place d’un nouveau module de paiement des factures des fournisseurs de l’État et surtout d’une structure de médiation fiscale, destinée à faciliter le règlement des différends entre l’administration fiscale et les entreprises.
À travers cette démarche, l’organisation patronale entend attirer l’attention du gouvernement sur les difficultés rencontrées par les fournisseurs de l’État et les contribuables, tout en appelant à davantage de dialogue, de transparence et de célérité dans le traitement des dossiers.
Wassimagnon
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
