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Cameroun : Pénurie de gaz domestique et pétrole lampant, approvisionnement à deux vitesses
 

Cameroun : Pénurie de gaz domestique et pétrole lampant, approvisionnement à deux vitesses

 
 
 
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© Koaci.com - lundi 28 septembre 2026 - 15:18


Derrière la visite inopinée du MINEE, une crise aux causes multiples : départ d'un navire-usine, dépendance aux importations, dettes entre opérateurs et détournement du gaz subventionné.

Ce lundi 28 septembre 2026, le ministre de l'Eau et de l'Énergie (Minee), Gaston Eloundou Essomba, a inspecté 18 sites de Yaoundé, stations-service et centres d'enfûtage, pour vérifier la disponibilité du gaz domestique et du pétrole lampant. Le constat est contrasté : le gaz se trouve dans plusieurs points de vente, mais d'autres stations connaissent des ruptures ou des stocks réduits. Le pétrole lampant manque encore dans plusieurs sites.

Stocks et sécurité

Cette descente intervient cinq jours après la lettre circulaire du 23 septembre adressée aux opérateurs. Dans les centres d'enfûtage, le contrôle ne s'est pas limité aux volumes de GPL (gaz de pétrole liquéfié). Il a aussi porté sur les dispositifs de sécurité, notamment la défense contre l'incendie et la disponibilité de l'eau. Ces installations manipulent un produit inflammable en grande quantité, souvent en zone urbaine dense.

Sur le terrain, le ministre a demandé une intensification des approvisionnements et un suivi régulier, afin que les produits reviennent durablement dans les points de vente.

Pourquoi le gaz manque ?

Un navire parti, une dépendance totale aux importations. Le navire-usine norvégien Hilli Episeyo a quitté les côtes de Kribi le 6 juillet 2026. Il assurait depuis 2018 près d'une bouteille de gaz sur trois consommées au Cameroun. La production locale restante, centrée sur le centre de traitement de Bipaga, tourne autour de 30 000 tonnes par an, alors que le pays a importé plus de 150 000 tonnes de gaz pour la seule année 2025. Fin août, le ministre a lui-même indiqué que le Cameroun dépend désormais entièrement des importations pour son gaz domestique.

La SCTM, longtemps leader du gaz domestique, doit de l'argent à Tradex, l'importateur public, qui a suspendu ses livraisons. Cette suspension a aggravé la rupture, surtout à Douala.

Des pratiques qui détournent le gaz des ménages. La circulaire du 23 septembre pointe, trois mécanismes. Certains marketers paient les importateurs en retard, ce qui bloque les cargaisons suivantes. Du gaz subventionné à 6 500 F la bouteille est revendu illégalement à des industries à prix fort. Enfin, certains opérateurs enlèvent tout le stock pour un seul gros client industriel, au détriment des dépôts de quartier.

Un bémol : la SCDP (Société camerounaise des dépôts pétroliers) affirme, dans un communiqué du 17 septembre, que les difficultés constatées ne traduisent pas une pénurie généralisée du produit. Elle précise qu'un nouveau chargement était en cours de déchargement au dépôt de Bonabéri au 16 septembre.

Ménages en première ligne

Sur le terrain, la tension se lit dans les prix. Selon plusieurs témoignages une bouteille de 12,5 kg, normalement autour de 6 500 francs CFA, se négocie jusqu'à 10 000 francs dans certains quartiers de Douala ou de Yaoundé. La Fondation camerounaise des consommateurs (FOCACO) a alerté, dans un communiqué du 14 septembre, sur une crise qui touche Douala, Yaoundé et Kribi.

Le pétrole lampant, souvent utilisé en substitut, connaît aussi ses tensions. Quand les deux produits manquent en même temps, les ménages perdent leur solution de repli.

Les conséquences sur le recours au bois de chauffe ou au charbon (santé, environnement) ne sont pas chiffrées dans les sources consultées. C'est un risque à documenter par des témoignages de terrain.

Sur l'approvisionnement, la Commission chargée des importations de produits pétroliers a lancé le 1er septembre un appel d'offres portant sur 60 000 tonnes de GPL, en deux lots de 35 000 et 25 000 tonnes, soit environ cinq mois de consommation. Les plis ont été ouverts le 8 septembre, et un premier butanier a commencé à décharger à Douala le 15 septembre.

La circulaire du 23 septembre impose des règles précises. Les importateurs doivent respecter leurs calendriers et être payés dans les délais. La SCDP doit répartir les cargaisons selon les contrats. Tout distributeur agréé doit disposer d'au moins 10 000 bouteilles avant d'enlever du gaz. Les volumes destinés au marché camerounais passent avant tout transit vers les pays voisins. Les contrevenants s'exposent à la suspension, voire au retrait de leur agrément.

Selon l'expert pétrolier Robert Mouthe Ambassa les mois à venir diront si l'État peut sécuriser des stocks et si les sanctions seront réellement appliquées.

-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.

-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au WhatsApp 237 691154277-ou cameroun@koaci.com


 


 
 
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