Burkina Faso : Le front anti-putschiste publie « Les disparus d'Ibrahim Traoré » avec 86 enlèvements documentés
Vue des personnes enlevées sous le régime militaire (ph)
Au moment même où Ouagadougou célébrait dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre le 4e anniversaire de l'arrivée au pouvoir du Capitaine Ibrahim Traoré, l'opposition en exil a choisi de publier son contre-bilan.
Sur les réseaux, le Front Anti-putschiste (FrAP), collectif d'opposants, journalistes et militants burkinabè en exil, a mis en ligne un trombinoscope intitulé "Les disparus d'Ibrahim Traoré".
Ce document qui recense 86 cas d'enlèvements et de séquestrations arbitraires perpétrés entre décembre 2022 et septembre 2026, pour au moins 84 personnes différentes.
Le FRAP précise que ce n'est que la partie émergée : la liste complète compterait "au moins 200 noms".
Qui sont les disparus?
Le rapport dresse un portrait très diversifié des victimes. Derrière les 86 visages se trouvent des journalistes, des avocats, des officiers militaires, des medecins, des guides religieux, des étudiants ou de simples citoyens anonymes.
Leur point commun : avoir exercé leur liberté de parole, contesté une dérive du pouvoir, ou simplement partagé un lien de parenté avec une voix dissidente.", selin le Front antiputschiste.
Les profils qu'on y montre sont très variés – responsables politiques, syndicalistes, militaires, épouses, filles d'opposants -, montrr que la répression des autorités ne fait pas dans le détail et que tous ceux qui critiquent le pouvoir sont susceptibles d'être visés, souligne le Frap.
"Il s'agit d'une répression généralisée. Dans les faits, il est interdit d'avoir une opinion sous ce régime", confirme l'un des auteurs qui a requis l'anonymat.
Le frap souligne également la durée prolongée des détentions hors de tout cadre légal.
Jusqu'à 3 ans et 2 mois au secret pour la séquestration la plus longue
La moitié des personnes libérées a passé au moins 4 mois sans contact extérieur et certains expliquent avoir passé plusieurs mois de calvaire.
Au 30 septembre 2026, le bilan est toujours lourd , selon le Frap qui recense "46 personnes toujours retenues dans des lieux tenus secrets, sans accès à un avocat ni à des soins.
Quatre personnes ont un statut inconnu car ayabt disparues sans laisser la moindre trace vérifiable.
Jusqu'ici, le pouvoir burkinabè justifie les mesures d'exception par la lutte contre le terrorisme et des véleités de destabilisation.
Boa, Ouagadougou
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
