Côte d'Ivoire: Connect, quand la culture veut devenir un moteur d'emplois dans les territoires
La 7e édition de Connect Côte d’Ivoire s’est achevée ce jeudi 2 octobre 2026 au Parc des expositions d’Abidjan-Port-Bouët. Placée sous le thème « L’économie orange, moteur du développement des territoires », cette rencontre a mis en lumière le potentiel économique de la culture, de la créativité et des savoir-faire locaux. L’enjeu est désormais de transformer ce patrimoine en entreprises, en activités durables et en emplois.
La culture peut-elle devenir un véritable levier de développement économique pour les territoires ivoiriens ? À la clôture de la 7e édition de Connect Côte d’Ivoire, la réponse portée par les différents intervenants est claire : le potentiel existe, mais il reste à mieux l’organiser, le financer et le valoriser.
Durant plusieurs jours, professionnels, acteurs institutionnels, créateurs et entrepreneurs se sont retrouvés autour du thème « L’économie orange, moteur du développement des territoires ». Une thématique qui place les industries culturelles et créatives au cœur des réflexions sur la transformation économique et sociale des régions de Côte d’Ivoire.
La ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a rappelé l’importance du patrimoine culturel ivoirien dans cette dynamique. Selon elle, le pays compte plus de 300 biens et éléments du patrimoine matériel et immatériel inventoriés, ainsi que plus de 700 festivals patrimoniaux.
Pour la ministre, cette richesse ne doit pas se limiter à la conservation ou à la célébration. Elle doit également constituer une source de revenus et d’opportunités économiques pour les populations.
« L’ambition n’est donc pas seulement de préserver et de célébrer notre culture. Il s’agit de mieux la structurer, d’y investir, de protéger la création et de créer les conditions pour qu’elle génère davantage de richesses, d’entreprises et d’emplois », a-t-elle souligné.
Cette orientation s’inscrit, selon elle, dans les ambitions du Plan national de développement 2026-2030, avec la volonté de faire de la Côte d’Ivoire « un pôle de référence pour les industries culturelles et créatives ».
Pour Nadine Bla, commissaire générale de Connect Côte d’Ivoire, le principal défi consiste désormais à franchir le cap entre le potentiel créatif et la réalité économique.
« Notre défi est donc clair : faire d’un talent un métier, d’un savoir-faire une entreprise, d’une création, d’une passion, une activité durable », a-t-elle déclaré.
Une transformation qui suppose, selon l’esprit des échanges de cette édition, de renforcer les mécanismes d’accompagnement des créateurs et entrepreneurs culturels, mais aussi de faciliter l’accès au financement, aux marchés et aux réseaux professionnels.
Les rencontres organisées durant Connect Côte d’Ivoire doivent ainsi dépasser le cadre de l’événement. Pour Nadine Bla, les connexions établies devront désormais se concrétiser à travers des initiatives et des projets capables de produire des résultats dans les territoires.
La commissaire générale a par ailleurs présenté ses excuses aux participants ayant rencontré des difficultés au cours de l’événement, assurant que les enseignements nécessaires seraient tirés pour les prochaines éditions.
La représentante résidente du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en Côte d’Ivoire, Berta Cela, a, pour sa part, insisté sur la capacité des territoires ivoiriens à faire émerger de véritables chaînes de valeur autour de leurs identités culturelles.
« Une expression culturelle, c’est aussi une économie », a-t-elle fait observer, citant notamment le textile, l’artisanat, la musique, la gastronomie, le cinéma et les arts.
Autant de secteurs qui, lorsqu’ils sont structurés, peuvent favoriser la création d’activités, stimuler l’entrepreneuriat local et générer des emplois.
L’enjeu est également de ne pas concentrer cette dynamique sur Abidjan. Les régions disposent elles aussi de ressources, de talents et de traditions susceptibles de devenir des atouts économiques. La valorisation des identités locales pourrait ainsi contribuer à l’émergence d’écosystèmes créatifs adaptés aux réalités de chaque territoire.
Transformer les connexions en projets
Au terme de cette 7e édition, un constat revient avec insistance : la Côte d’Ivoire dispose d’un important réservoir de talents, de savoir-faire et de ressources culturelles. Mais leur potentiel économique dépendra de leur capacité à être structurés et accompagnés.
Financement, professionnalisation, protection de la création, accès aux marchés et mise en réseau apparaissent ainsi comme autant de conditions nécessaires pour permettre aux industries culturelles et créatives de prendre pleinement leur place dans l’économie nationale.
Après les stands, les panels et les rencontres professionnelles, le véritable défi commence donc maintenant. Il s’agit de transformer les échanges en partenariats, les idées en projets et les talents en activités génératrices de revenus.
À travers cette 7e édition, Connect Côte d’Ivoire a voulu rappeler une réalité : les territoires ivoiriens possèdent déjà une grande partie des ressources nécessaires. Reste désormais à faire de la culture et de la créativité des moteurs durables de croissance et d’emploi.
Wassimagnon
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