Côte d'Ivoire Politique
 
Cliquez pour agrandir l'image  
Côte d'Ivoire : FOAJ, 4,3 milliards FCFA pour donner aux organisations de jeunesse les moyens d'agir, voici les démarches à suivre
 

Côte d'Ivoire : FOAJ, 4,3 milliards FCFA pour donner aux organisations de jeunesse les moyens d'agir, voici les démarches à suivre

 
 
 
 179 Vues
 
  0 Commentaire(s)
 
 Il y a 1 heure
 
 
 
 
 
© Koaci.com - lundi 05 octobre 2026 - 15:02

Cérémonie officielle de présentation du fonds ce lundi (Ph Koaci)


Les organisations de jeunesse disposent désormais d’un nouvel instrument pour financer leurs initiatives et renforcer leur capacité d’action. Le Fonds d’appui aux organisations de jeunesse (FAOJ), doté d’une enveloppe initiale de 4,3 milliards de FCFA, a été officiellement présenté ce lundi 5 octobre 2026 au Sofitel Hôtel Ivoire, à Abidjan. La cérémonie s’est tenue en présence de représentants du gouvernement, des institutions nationales, des organisations de jeunesse et de plusieurs partenaires techniques et financiers.


Représentant le Premier ministre Robert Beugré Mambé, la ministre d’État, ministre de la Fonction publique et de la Modernisation de l’Administration, Anne Désirée Ouloto, a pris part à cette cérémonie au cours de laquelle le gouvernement a détaillé les contours de ce mécanisme présenté comme un nouvel outil de soutien au mouvement associatif des jeunes.


Derrière la création de ce fonds se trouve une difficulté régulièrement rencontrée par les organisations de jeunesse : l’accès aux ressources nécessaires à la réalisation de leurs projets. Pour le Conseil national de la jeunesse de Côte d’Ivoire (CNJCI), cette question a été suffisamment importante pour être portée devant les pouvoirs publics lors des Consultations nationales de la jeunesse organisées en 2025.


Dans son intervention, le président du CNJCI, Ibrahima Diabaté, a rappelé que les difficultés financières peuvent parfois conduire des associations à interrompre ou à revoir leurs projets lorsque les partenaires attendus se retirent ou que les ressources recherchées ne sont finalement pas mobilisées. La proposition de mettre en place un mécanisme public dédié aux organisations de jeunesse est donc née de cette réalité.


La cérémonie de ce lundi constitue, selon lui, l’aboutissement d’un processus engagé à travers le dialogue entre les jeunes et les pouvoirs publics. Ibrahima Diabaté y voit la traduction concrète d’une demande formulée par les organisations de jeunesse lors des consultations nationales.


Cliquez pour agrandir l'image  
 


« Lorsqu'une jeunesse responsable formule des propositions et qu'un Gouvernement est à son écoute, le dialogue produit des réponses concrètes », a-t-il déclaré, en saluant la prise en compte de cette proposition par les autorités.


Le président du CNJCI a adressé ses remerciements au président de la République, Alassane Ouattara, ainsi qu’au gouvernement pour l’attention accordée aux préoccupations de la jeunesse. Il a également salué l’action du ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, Mamadou Touré, dont le département est chargé de la mise en œuvre du dispositif.


Pour Ibrahima Diabaté, le FAOJ doit cependant être considéré comme une première étape. Il a invité les partenaires techniques et financiers présents à accompagner le mécanisme afin de lui permettre de prendre davantage d’ampleur. Son souhait est de voir l’enveloppe passer à 10 milliards de FCFA dès l’année prochaine et, à terme, de faire du FAOJ un mécanisme de référence, voire un dispositif central de soutien aux organisations de jeunesse en Côte d’Ivoire.


L’ambition affichée est ainsi de donner davantage de cohérence aux différents mécanismes existants et de permettre aux jeunes engagés dans la vie associative de disposer d’un outil leur offrant plus de visibilité et d’autonomie.


Cette question de l’autonomie a occupé une place importante dans l’intervention du ministre Mamadou Touré. En présentant le fonctionnement du fonds, il a rappelé que les fédérations de jeunesse bénéficient depuis 2019 de subventions publiques. Chaque fédération reçoit annuellement 10 millions de FCFA, tandis que le Conseil national de la jeunesse bénéficie de 100 millions de FCFA par an. Sur la période allant de 2019 à 2026, ces différents appuis représentent, selon le ministre, environ 1,44 milliard de FCFA.


Mais ces ressources étaient principalement destinées aux fédérations et au CNJCI, alors que les nombreuses organisations regroupées au sein de ces structures continuaient elles aussi à rechercher des moyens pour financer leurs activités.


Le FAOJ entend répondre à cette difficulté en ouvrant directement l’accès au financement à un plus grand nombre d’organisations. Il doit notamment soutenir les projets portés par les jeunes, améliorer la gouvernance des organisations, promouvoir le genre et l’équité, renforcer la paix et la cohésion sociale et encourager l’innovation sociale.


Mamadou Touré a également replacé la création du fonds dans l’évolution du cadre institutionnel consacré à la jeunesse et aux organisations de la société civile. Il a rappelé l’adoption de la loi d’orientation sur la jeunesse, présentée comme une première en Côte d’Ivoire, ainsi que les textes destinés à améliorer l’encadrement des associations de jeunesse. Il a également évoqué l’ordonnance de 2024 relative au cadre applicable aux organisations de la société civile, dans un contexte où les pouvoirs publics veulent notamment renforcer la traçabilité des financements et prévenir l’utilisation de certaines structures à des fins criminelles.


Le financement du FAOJ repose sur une ressource publique identifiée par le gouvernement. Selon les explications fournies par le ministre, une part de 5 % de certaines taxes liées aux fonds et produits concernés est affectée au mécanisme. Les recettes mobilisées au titre de 2025 représentent environ 4 milliards de FCFA, auxquelles s'ajoutent les ressources ayant permis de porter l’enveloppe annoncée à 4,3 milliards de FCFA.


Le ministre a expliqué que l’évolution future du montant du fonds dépendra notamment du niveau des recettes mobilisées. L’objectif de 10 milliards de FCFA évoqué par le CNJCI suppose donc une progression des ressources affectées au mécanisme.


 

Pour accéder au FAOJ, les organisations devront répondre à un certain nombre de conditions. Le fonds est ouvert aux associations de jeunesse, aux fédérations et organisations de jeunesse ainsi qu’aux structures d’encadrement des jeunes. Les organisations candidates doivent notamment justifier d’au moins deux années d’existence légale, disposer de statuts et de rapports d’activités à jour, posséder un compte bancaire au nom de l’organisation et ne pas faire l’objet d’une sanction en cours.


Le ministre a insisté sur un point : les ressources du fonds ne sont pas destinées à financer des activités partisanes ou des meetings politiques. Le FAOJ est présenté comme un mécanisme public fondé sur la neutralité et destiné à soutenir des projets ayant un impact réel sur les communautés.


« Aujourd'hui, vous avez un fonds neutre, qui est votre fonds et qui vous donne votre autonomie totale. Vous concourez : si vous avez de bons projets, vous êtes financés », a expliqué Mamadou Touré.


Cette neutralité doit également s’accompagner de règles strictes dans la gestion des ressources. Le gouvernement entend appliquer quatre principes à l’ensemble du mécanisme : la neutralité, la transparence, la redevabilité et la performance.


Autrement dit, l’accès à l’argent public devra s’accompagner d’une obligation de rendre compte de son utilisation et de démontrer les résultats obtenus. Le ministre a invité les organisations bénéficiaires à considérer cette exigence comme une occasion de renforcer leur propre gouvernance.


Les projets seront examinés en fonction de plusieurs critères. La pertinence du projet, son impact social et économique, son caractère innovant et durable, sa faisabilité technique, la capacité de gestion de l’organisation, ainsi que les dimensions liées au genre et à l’inclusion sociale seront prises en compte dans l’évaluation.


La notation est établie sur 100 points et une note minimale de 60 points est requise pour qu’un projet puisse être financé. La capacité de gestion de l’organisation constitue également un élément déterminant, l’objectif étant d’éviter qu’un projet pertinent soit confié à une structure qui ne disposerait pas des capacités nécessaires pour gérer correctement les ressources reçues.


L’examen des dossiers doit se faire à travers un mécanisme impliquant plusieurs départements de l’État. Le comité national de validation comprend des représentants de différents ministères, qui peuvent être sollicités en fonction de la nature des projets soumis. Un projet relevant, par exemple, de l’agriculture, de l’environnement ou d’un autre secteur spécifique pourra être soumis à l’expertise du ministère concerné.


Le dispositif prévoit également un calendrier précis. Après le dépôt du dossier, une période de pré-instruction est prévue, suivie d’une phase de pré-validation, puis de la décision et de la notification. Une convention doit ensuite être signée entre l’organisme chargé de la gestion du fonds et l’organisation bénéficiaire avant la mise à disposition des ressources. Le ministre estime à environ 42 jours le délai global nécessaire au traitement du dossier et à la mise à disposition des financements lorsque toutes les étapes sont respectées.


Les projets éligibles sont répartis en trois catégories selon le montant sollicité. La première concerne les financements allant de 500 000 à 3 millions de FCFA. La deuxième couvre les projets nécessitant entre 3 et 15 millions de FCFA. La troisième s’adresse aux projets dont le budget se situe entre 15 et 50 millions de FCFA.


Dix-sept secteurs ont été retenus pour cette première édition. Ils couvrent notamment les actions communautaires, le volontariat et le bénévolat, le leadership, le civisme et la citoyenneté, l’art et la culture, le sport, la santé, l’éducation, la cohésion sociale et la paix. S’y ajoutent la lutte contre la migration irrégulière, l’environnement, le développement local, l’innovation sociale, l’inclusion, le renforcement des capacités et d’autres initiatives destinées à améliorer la participation des jeunes à la vie de leurs communautés.


Cette diversité des domaines vise à tenir compte de la réalité du mouvement associatif ivoirien. Les organisations de jeunesse interviennent en effet dans des secteurs très variés, allant de l’assainissement et de la sensibilisation aux actions sociales, en passant par l’éducation, le sport, la culture, la protection de l’environnement ou encore la promotion de la paix.


L’enjeu territorial a également été souligné au cours de la cérémonie. Représentant le Premier ministre, Anne Désirée Ouloto a insisté sur la nécessité de faire du FAOJ un mécanisme accessible aux organisations implantées dans toutes les régions du pays et pas seulement à celles basées à Abidjan.


Elle a cité les associations présentes dans les villes et localités de l’intérieur du pays, qui doivent pouvoir concourir dans les mêmes conditions que celles établies dans les grandes communes du district d’Abidjan.


Pour la ministre d’État, cette équité concerne également les organisations portées par les jeunes femmes et celles qui œuvrent en faveur des personnes en situation de handicap. Elle a appelé les autorités préfectorales, les élus locaux et les services déconcentrés de l’État à contribuer à rapprocher le dispositif des associations les plus éloignées.


Cliquez pour agrandir l'image  
 


 

Les partenaires techniques et financiers ont aussi été sollicités pour accompagner les organisations dans la préparation et la mise en œuvre de leurs projets. Plusieurs partenaires étaient représentés à la cérémonie, notamment le système des Nations unies, à travers différentes agences, l’Union européenne, la Banque mondiale et l’Agence française de développement.


Anne Désirée Ouloto a rappelé que la Côte d’Ivoire est un pays à forte population jeune. Cette jeunesse, a-t-elle relevé, ne se limite pas aux questions d’emploi ou d’insertion professionnelle. Elle est aussi présente dans les quartiers, les villages, les établissements scolaires, les universités et les communautés à travers des associations, clubs et fédérations.


Ces jeunes interviennent notamment dans l’assainissement des quartiers et des marchés, les campagnes de sensibilisation, l’encadrement des enfants, le sport, la culture, la cohésion sociale, l’environnement ou encore les initiatives communautaires.


C’est cette capacité d’action que le gouvernement souhaite davantage structurer à travers le FAOJ. Pour Anne Désirée Ouloto, le fonds constitue avant tout un acte de confiance envers les organisations de jeunesse. Mais cette confiance implique en retour une utilisation rigoureuse des ressources publiques.


« Le Gouvernement vous fait confiance. Le Président de la République vous fait confiance, et nous vous savons capables de repérer les besoins des populations, d'y apporter des réponses et de les conduire jusqu'au bout », a-t-elle déclaré.


La ministre d’État a invité les jeunes à présenter des projets sérieux, ambitieux et surtout réalisables. Elle a également insisté sur la nécessité de produire des résultats vérifiables, estimant qu’une initiative de dimension modeste mais effectivement réalisée peut avoir davantage de valeur qu’un projet ambitieux resté au stade de la promesse.


Le président du CNJCI a, de son côté, appelé les bénéficiaires à utiliser les ressources avec rigueur, transparence et sens des responsabilités. Il a également demandé aux partenaires de s’associer davantage au mécanisme afin de renforcer sa capacité d’intervention.


Au-delà du financement, le FAOJ ambitionne donc de contribuer à la professionnalisation du mouvement associatif des jeunes. Pour les autorités, l’enjeu est de voir émerger des organisations capables de concevoir des projets solides, de gérer des ressources publiques, de rendre compte de leur utilisation et de mesurer l’impact de leurs actions.


La première édition du fonds constituera à ce titre une phase d’observation pour le gouvernement. Anne Désirée Ouloto a indiqué que sa mise en œuvre permettra d’évaluer la solidité des procédures et d’identifier les ajustements nécessaires pour les prochaines éditions.


Cliquez pour agrandir l'image  
 


Les organisations de jeunesse sont désormais appelées à passer de la demande de soutien à la présentation de projets structurés. Avec le FAOJ, l’État entend créer un cadre dans lequel l’accès au financement repose davantage sur la qualité des initiatives, leur utilité pour les communautés et la capacité des organisations à produire des résultats.


Les dossiers peuvent être soumis en ligne sur la plateforme dédiée au FAOJ, à l’adresse www.faoj.ci, ou auprès des services et relais territoriaux des ministères concernés. La balle est désormais dans le camp des organisations de jeunesse, auxquelles revient la responsabilité de transformer cette nouvelle possibilité de financement en projets concrets sur le terrain.




Jean Chresus, Abidjan


 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
RESTEZ CONNECTÉ
 
En téléchargeant l'application KOACI.
  
 
 

SONDAGE

Côte d'Ivoire : Nouvel organe electoral, le Gouvernement doit il prendre en compte les propositions de l'opposition?
 
 
   + Voir les resultats
 
 
DERNIER SONDAGE
 
Côte d'Ivoire : Organiser des matchs de foot au Plateau alors qu'il y a Ebimpé, une é...
 
2074
Oui
49%  
 
2075
Non
49%  
 
121
Sans avis
3%  
 
 
 
 
 
 
 
  0 Commentaire(s)
Côte d'Ivoire : FOAJ, 4,3 milliards FCFA pour donner aux organisations de jeunesse les moyens d'agir, voici les démarches à suivre
 
 
Veuillez vous connecter pour commenter ce contenu.
 
Votre avis nous intéresse.
 
 
 
Soyez le premier à commenter cet article
 
 
 
 
 
Divertissements
 
 
 
 
Réseaux sociaux
 
+164k
+110,7k
 
Pays
 
 
 
 
Télécharger l'application KOACI
 
   
NOUS CONTACTER
 
contact@koaci.com
koaci@yahoo.fr
+225 07 08 85 52 93
 
 
NEWSLETTER
 
Restez connecté via notre newsletter