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Côte d'Ivoire : Transport maritime, depuis Abidjan, l'Afrique francophone appelée à accélérer sa transition vers un secteur moins émetteur de carbone
 

Côte d'Ivoire : Transport maritime, depuis Abidjan, l'Afrique francophone appelée à accélérer sa transition vers un secteur moins émetteur de carbone

 
 
 
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© Koaci.com - mardi 06 octobre 2026 - 15:32

La transition énergétique du transport maritime s’impose désormais comme un enjeu stratégique pour les pays africains. À Abidjan, l’Organisation maritime internationale (OMI) et la Direction générale des Affaires maritimes (DGAM) ont réuni, du 6 au 8 octobre 2026, des représentants de 18 États francophones ainsi que plusieurs organisations régionales et internationales autour des nouvelles exigences environnementales applicables au secteur.


Ouvert mardi 6 octobre à l’Hôtel Platinum, à Cocody-Angré 7e tranche, l’atelier sous-régional consacré à l’Annexe VI de la Convention MARPOL et aux mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) place au centre des échanges une question devenue incontournable : comment permettre aux pays africains de prendre part à la décarbonation du transport maritime sans compromettre leurs ambitions de développement économique ?


À l’ouverture des travaux, le Coordonnateur régional de l’OMI pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Eru Amem Takem, a insisté sur l’importance de renforcer la participation des États francophones aux discussions internationales qui déterminent l’avenir du secteur maritime.


Pour lui, les décisions prises au niveau de l’OMI ne concernent pas uniquement les questions climatiques. Elles auront également des conséquences sur la compétitivité des économies, les investissements, les infrastructures portuaires, la sécurité énergétique, le transfert de technologies et l’emploi. Autant de domaines qui placent les pays africains devant la nécessité de mieux maîtriser les évolutions réglementaires en cours.


L’atelier répond ainsi à une demande exprimée par plusieurs États francophones de la région, désireux de mieux comprendre les nouvelles normes et les négociations engagées au sein de l’OMI sur la réduction des émissions du transport maritime. La rencontre s’inscrit notamment dans le prolongement de la Feuille de route de Mombasa adoptée en 2025, qui met l’accent sur le renforcement des capacités et la coopération régionale pour accompagner les États africains dans la mise en œuvre de l’Annexe VI de MARPOL.


Durant trois jours, les participants doivent notamment se pencher sur la stratégie de l’OMI en matière de réduction des GES, les différentes solutions technologiques et énergétiques envisageables pour le transport maritime, les carburants alternatifs, les infrastructures nécessaires à leur utilisation, les mécanismes réglementaires ainsi que les possibilités de financement de la transition.


La question des compétences constitue également un enjeu majeur. Le passage à de nouvelles technologies et à des carburants à faibles ou zéro émission de carbone nécessitera des professionnels capables de maîtriser de nouveaux équipements, de nouvelles normes de sécurité et de nouvelles pratiques. La transition énergétique apparaît ainsi comme une occasion de développer les formations professionnelles et les compétences techniques et numériques dans les pays africains.


Le choix d’organiser les travaux entièrement en français répond précisément à cette nécessité d’inclusion. L’objectif affiché par l’OMI est de permettre aux représentants des pays francophones de participer plus efficacement aux discussions, de confronter leurs expériences nationales et de mieux défendre leurs intérêts dans les négociations internationales.


 

La Côte d’Ivoire entend, pour sa part, accompagner cette évolution. Représentant le ministre délégué auprès du ministre des Transports et des Affaires maritimes, chargé des Affaires maritimes, le directeur de cabinet a réaffirmé le soutien de l’État à la vulgarisation et à la mise en œuvre de l’Annexe VI de MARPOL. Il a également rappelé l’engagement du pays en faveur du développement durable, de la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de la lutte contre le réchauffement climatique.


Dans son intervention, il a souligné le poids stratégique du transport maritime dans les économies africaines. Les ports constituent des points essentiels du commerce international et participent directement à la croissance des pays côtiers. Mais cette activité doit désormais composer avec des exigences environnementales de plus en plus importantes.


L’enjeu, selon les autorités ivoiriennes, est donc de réussir à concilier performance économique et impératifs environnementaux. Une transformation qui ne pourra être efficace sans une coopération renforcée entre les pays de la sous-région.


La Côte d’Ivoire plaide ainsi pour une meilleure harmonisation des pratiques et des compétences, le partage d’expériences et l’émergence d’une position africaine francophone davantage coordonnée dans les négociations maritimes internationales.


Cette convergence apparaît d’autant plus importante que les nouvelles exigences environnementales touchent directement l’ensemble de la chaîne maritime : conception et exploitation des navires, choix des carburants, infrastructures portuaires, réglementation, formation des personnels et investissements.


Au-delà des obligations réglementaires, les participants sont donc invités à considérer la décarbonation comme une opportunité pour les économies africaines. Le développement de nouvelles infrastructures, l’arrivée de technologies propres, la formation d’une main-d’œuvre spécialisée et l’émergence de nouvelles activités liées aux énergies marines peuvent, à terme, contribuer à renforcer la place de l’Afrique dans l’économie maritime mondiale.


 

L’OMI souhaite également que les trois jours de travaux permettent de créer un véritable espace d’échanges entre les administrations maritimes. Eru Amem Takem a encouragé les participants à partager leurs expériences, à poser leurs questions aux experts et à profiter des échanges informels pour développer leurs réseaux professionnels.


À travers cet atelier, l’enjeu dépasse donc la seule compréhension de l’Annexe VI de MARPOL. Il s’agit pour les États africains de mieux anticiper une transformation profonde du transport maritime mondial et de faire en sorte que les nouvelles règles environnementales deviennent aussi un levier de développement.


Pour l’Afrique francophone, le défi consiste désormais à ne pas subir cette transition, mais à y prendre part pleinement, avec des compétences renforcées, des réglementations adaptées, des infrastructures capables d’accompagner les nouveaux carburants et une voix suffisamment forte dans les instances internationales.

C’est dans cette perspective que les travaux d’Abidjan se poursuivent jusqu’au 8 octobre 2026.




Jean Chresus, Abidjan


 
 
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