Cameroun : Yaoundé, des milliers de taxis cachés pour éviter la fourrière, la ville paralysée
Des taxis sur l'esplanade de l'hôtel de Ville (Ph)
Depuis le lundi 6 octobre, les policiers municipaux arrêtent les taxis sans identification numérique à Yaoundé. Résultat: les taxis ont disparu des rues et les usagers attendent parfois jusqu'à 3h.
C'est le sauve-qui-peut chez les taximen. Face aux contrôles lancés par la Mairie de la Ville, de nombreux chauffeurs ont préféré laisser leur véhicule à la maison. Sur le terrain, les usagers paient le prix fort.
Longues attentes aux carrefours Mvan, Etoudi, Emana, Poste Centrale, Rond Point Nlongkak, Dispensaire Messassi... Bousculades pour monter dans les rares taxis encore en circulation. Et flambée des tarifs. La capitale politique tourne au ralenti.
Que vérifie la police municipale?
Depuis le lundi 6 octobre, les policiers municipaux arrêtent les taxis qui n'ont pas le QR Code sur le pare-brise et le numéro unique peint sur la portière. Contrôle des papiers, puis contrôle de la vignette. Pas de vignette? Le véhicule est immobilisé et conduit à la fourrière.
C'est la phase 2 de l'opération de la Communauté Urbaine de Yaoundé, apprend-on.
20 000 taxis sur 35 000
Du 3 juillet au 5 octobre, la CUY a ouvert une plateforme d'enrôlement pour recenser tous les taxis de la ville. Principe: enregistrer le véhicule, son propriétaire et son chauffeur pour obtenir un QR Code et un numéro de portière. Le code doit permettre à l'usager de vérifier en un scan si le taxi est en règle.
Au terme des trois mois, un peu plus de 20 000 taxis ont été enregistrés sur les 35 000 attendus.
Il manque donc près de 15 000 véhicules. Soit presque un taxi sur deux qui roule encore sans être en règle et qui est théoriquement concerné par la fourrière.
Pourquoi autant de retard?
Sur le terrain, trois blocages reviennent.
D'abord, la plateforme et les papiers. Plusieurs chauffeurs disent ne pas avoir pu finaliser l'inscription à cause d'une carte grise qui n'est pas au nom du propriétaire actuel.
Ensuite, le coût indirect. L'enrôlement est gratuit, mais pour l'obtenir il faut avoir assurance, visite technique et patente à jour. Pour beaucoup de "verseurs", c'est impossible en une semaine.
Qui doit s'enrôler?
La plupart des taxis sont conduits par un chauffeur qui n'est pas le propriétaire. Faut-il enregistrer le propriétaire ou le chauffeur du jour? La confusion a retardé des milliers de dossiers.
Paralysie
La CUY assume le virage répressif. Objectif officiel: professionnaliser le secteur, traquer les fausses plaques et sécuriser les usagers face aux agressions dans des taxis anonymes. Une opération saluée sur le principe.
Mais pour l'heure, elle paralyse Yaoundé. Pour avoir un taxi maintenant, il faut minimum 2 à 3h d'attente dans certains arrondissements.
Et deux questions pratiques restent sans réponse: où sont exactement gardés les milliers de véhicules déjà saisis et combien coûte leur sortie de fourrière?
Pour les 15 000 chauffeurs encore non enrôlés, l'urgence n'est plus de comprendre le projet. C'est de décider s'ils sortent demain matin.
-Armand Ougock, correspondant permanent de koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de koaci au WhatsApp 237 691154277 ou cameroun@koaci.com
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
