Cameroun : MRC, à cinq jours de la convention, Binyam sort l'arme du boycott, Mota dénonce un « chaos organisé »
Binyam (ph)
L'ambiance est électrique au Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc). À J-5 de la convention extraordinaire du 17 octobre à Yaoundé, censée désigner le successeur de Maurice Kamto démissionnaire depuis le 8 septembre, le parti menace de se déchirer en direct.
Deux listes sont en lice: celle de Tiriane Balbine Noah, présidente par intérim, et celle de Pierre Emmanuel Binyam. C'est ce dernier qui a mis le feu aux poudres.
Ultimatum
Dans une déclaration publiée le 12 octobre, l'équipe Binyam pose ses conditions pour rester dans la course. Trois exigences principales: la publication de la liste électorale actualisée, le report de la date limite de paiement des cotisations jusqu'au jour du scrutin et la prise en charge du transport des délégués du Grand Nord.
L'argument massue? Selon ses chiffres, "moins de 25% des délégués seraient actuellement à jour" de leurs cotisations. Pour son équipe, il faut donc "supprimer l'obligation d'être à jour" pour voter, comme ce fut le cas en 2018 et 2023.
Et l'avertissement est clair: "Si ces mesures de bon sens, d’équité et de justice politique, ne devaient pas être appliquées avant le scrutin, nous prendrions nos responsabilités historiques en retirant purement et simplement notre liste".
Mota contre-attaque
La réplique de Mamadou Mota, coordinateur de campagne de Tiriane Noah, a été cinglante. L'ancien premier vice-président pointe une contradiction fatale.
"La liste Binyam exige, rien de moins, que le parti finance l’intégralité des billets aller-retour des délégués de l’Extrême-Nord. Très bien. L'intention est louable. Mais avec quel argent, puisque la caisse est censée être abolie ou facultative ?", tacle-t-il.
Pour lui, permettre de payer ses cotisations à la dernière minute rendrait tout simplement impossible l'organisation logistique. Comment acheter des billets de bus quand on ne sait pas qui sera finalement électeur?
Mota va plus loin et accuse: "En exigeant l’inclusivité totale sans les moyens de l’ordre, en réclamant l’anarchie des guichets jusqu’à la dernière minute, la liste Binyam ne prépare pas une élection, elle organise méthodiquement le chaos".
Du côté de Binyam, on se défend de toute volonté de saboter. "Notre démarche n’est ni une confrontation ni une attaque", assure sa porte-parole Marie Flore Mboussi, qui parle d'une "conviction profonde: la démocratie ne se proclame pas, elle se construit".
Reste à savoir si les deux camps trouveront un terrain d'entente d'ici samedi, ou si le MRC entrera dans sa convention en ordre dispersé.
-Armand Ougock, correspondant permanent de koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de koaci au WhatsApp 237 691154277 ou cameroun@koaci.com
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