Côte d'Ivoire : Redynamisation de l'OISSU, le gouvernement annonce la création des académies régionales pour faire éclore les futurs champions ivoiriens
L’Office ivoirien des sports scolaires et universitaires (OISSU) amorce une nouvelle dynamique axée sur la formation, la détection et la valorisation des jeunes talents sportifs. Cette ambition a été présentée par son directeur général, Nomel Meless, invité de l’hebdomadaire Tout Savoir Sur…, la tribune d’information du Centre d’information et de communication gouvernementale (CICG), ce mardi 13 octobre 2026, à Abidjan-Plateau.
Face à la presse et aux acteurs des milieux éducatif et sportif, le responsable de l’institution a dévoilé plusieurs axes de la stratégie engagée pour redynamiser l’OISSU et renforcer son rôle dans le développement du sport national. L’objectif est clair, faire de cette structure, créée le 9 février 1962, un cadre privilégié de formation et d’émergence des talents, capable d'offrir aux élèves et étudiants sportifs des perspectives allant au-delà des compétitions scolaires et universitaires.
Parmi les projets phares annoncés figure la création d’académies régionales OISSU. Cette initiative vise à répondre à l’insuffisance de centres de formation agréés, encadrés par des professionnels qualifiés et disposant des compétences nécessaires pour accompagner les jeunes sportifs.
Pour Nomel Meless, il est essentiel de mettre à la disposition des élèves et étudiants athlètes un environnement adapté à leur apprentissage et à leur progression. Les académies régionales devraient ainsi permettre aux jeunes de bénéficier de l’expertise de spécialistes du sport, dans un cadre d’encadrement plus structuré et plus efficace.
« Nous avons pour ambition de créer les académies régionales OISSU pour combler le vide de centres de formation agréés et animés par des professionnels du sport pour la formation des élèves et étudiants athlètes », a expliqué le directeur général.
À travers ce projet, l'OISSU entend offrir une alternative crédible aux structures de formation qui ne disposent pas toujours des agréments requis ni de l'encadrement technique nécessaire. Les académies devraient contribuer à mieux organiser le parcours des jeunes sportifs, depuis l’apprentissage des fondamentaux jusqu’au perfectionnement, tout en favorisant l’identification des profils les plus prometteurs.
Cette orientation s’inscrit également dans une volonté d’assainissement du secteur de la formation sportive. Selon le directeur général, les centres de formation doivent entreprendre les démarches nécessaires auprès du ministère en charge des Sports, notamment auprès de la Direction générale des sports et de la direction compétente en matière de vie fédérale, afin d’obtenir les agréments réglementaires.
Des conditions précises encadrent la délivrance de ces autorisations. Le ministère entend donc renforcer le contrôle des structures de formation pour garantir aux enfants un encadrement conforme aux exigences de qualité et de sécurité.
En développant ses propres académies régionales et en contribuant à une meilleure structuration de l’offre de formation, l’OISSU ambitionne ainsi de créer un environnement favorable à l’éclosion des talents, tout en rapprochant les possibilités de formation des jeunes dans les différentes régions du pays.
Le deuxième axe majeur de cette stratégie concerne la création de directions techniques nationales de l’OISSU, les DTN OISSU. Ces structures auront pour mission de renforcer la détection, l’encadrement et la valorisation des talents révélés lors des compétitions scolaires et universitaires.
Jusqu’ici principalement identifié à travers l’organisation des compétitions, l’OISSU entend désormais donner une nouvelle dimension à ses activités. Pour son directeur général, il ne suffit plus de permettre aux élèves et étudiants de participer à des rencontres sportives. Il faut également identifier les meilleurs profils, assurer leur suivi technique et leur offrir des possibilités d’évolution vers le haut niveau.
« Le ministre, en nous nommant à la tête de cette institution, nous a demandé d’aller au-delà de la simple organisation des compétitions en mettant un accent sur la détection, l’encadrement et la valorisation des talents », a indiqué Nomel Meless.
Les DTN OISSU seront constituées d’experts nationaux dans les différentes disciplines sportives. Elles auront notamment pour responsabilité d’identifier les athlètes à fort potentiel, de suivre leur progression et de favoriser leur perfectionnement. Elles travailleront en étroite collaboration avec les directions techniques nationales des fédérations sportives, afin d’assurer une meilleure continuité entre le sport scolaire et universitaire et le sport fédéral.
Cette collaboration devrait permettre de mieux orienter les jeunes détectés, de renforcer leur préparation et de faciliter leur intégration dans des parcours sportifs adaptés à leurs capacités.
L’ambition est de faire des compétitions OISSU un véritable dispositif de détection, capable de révéler des talents qui, sans cette plateforme, risqueraient de rester méconnus.
Pour illustrer le potentiel de cette nouvelle orientation, Nomel Meless a évoqué la participation ivoirienne aux Jeux universitaires africains organisés en Égypte. À cette occasion, l’OISSU a engagé cinq athlètes, dont une jeune fille et quatre garçons, qui ont permis à la Côte d’Ivoire de décrocher des médailles d’argent.
Pour le directeur général, cette performance témoigne de l’importance de donner aux jeunes sportifs issus du milieu scolaire et universitaire l’occasion de se confronter à des compétitions de niveau international.
« Ces enfants ont honoré le pays en revenant de cette compétition avec des médailles d’argent. Ce sont des champions qu’on n’allait jamais connaître si nous ne les avions pas fait participer à ces jeux », a-t-il souligné.
Cette expérience conforte l’OISSU dans sa volonté de mieux exploiter le potentiel sportif des élèves et étudiants. Elle montre également que les compétitions scolaires et universitaires peuvent constituer un point de départ vers des performances de haut niveau, à condition que les athlètes bénéficient d’une détection précoce, d’un encadrement approprié et d’un suivi régulier.
Dans cette perspective, les jeunes identifiés comme talents devraient se voir délivrer des licences OISSU, afin de faciliter leur suivi et de leur permettre de représenter la Côte d’Ivoire dans les compétitions internationales, selon les dispositifs envisagés par l’institution.
Le développement des DTN OISSU apparaît ainsi comme un maillon essentiel de la stratégie de redynamisation. Il s’agit non seulement de repérer les meilleurs éléments, mais aussi de leur donner les moyens de progresser durablement et de contribuer au rayonnement sportif du pays.
Le cas de l’athlétisme, cité par le directeur général comme un exemple de collaboration technique ayant produit des résultats encourageants, illustre l’intérêt d’une coopération renforcée entre l’OISSU et les fédérations sportives.
La diaspora ivoirienne, un nouveau vivier de talents
La stratégie de détection ne devrait pas se limiter au territoire national. L’OISSU envisage également d’élargir son champ d’action à la diaspora ivoirienne, afin d’identifier de jeunes sportifs évoluant à l’étranger et susceptibles de défendre les couleurs nationales.
Selon Nomel Meless, le ministre des Sports, Adjé Silas Metch, a adressé une vingtaine de correspondances aux ambassades de Côte d’Ivoire à l’étranger. Cette démarche vise à établir des contacts avec les points focaux de ces représentations diplomatiques pour faciliter le repérage et la mobilisation des jeunes talents ivoiriens établis hors du pays.
Cette ouverture répond à une double ambition. Celle d'élargir le vivier de sportifs susceptibles de représenter la Côte d’Ivoire et permettre aux fédérations nationales de bénéficier de nouveaux profils.
Elle traduit également la volonté de l’OISSU de construire un dispositif de détection plus large, reposant sur la complémentarité entre les talents issus des établissements scolaires et universitaires du pays et ceux qui évoluent au sein de la diaspora.
« Nous voulons que l’OISSU demeure le vivier du sport national », a affirmé le directeur général.
La mise en œuvre de ces ambitions s’appuie également sur le renforcement de la présence territoriale de l’institution. De quelque soixante délégations auparavant, l’OISSU compte désormais 113 délégations.
Cette progression vise à rapprocher davantage l’Office des établissements scolaires et universitaires, tout en facilitant l’organisation des compétitions dans les différentes localités du pays.
Les résultats enregistrés au cours de la saison 2025-2026 illustrent l’importance du réseau sportif animé par l’OISSU.
Au total, 3 104 établissements scolaires ont été mobilisés, donnant lieu à la constitution de 8 642 équipes et à l’organisation de 23 229 matchs. Plus de 100 000 licenciés ont également pris part aux activités de l’institution.
Ces chiffres témoignent de l’étendue du dispositif et du potentiel que représentent les compétitions scolaires et universitaires pour le développement du sport ivoirien.
Wassimagnon
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
