Côte d'Ivoire-BRICS : Abidjan entretient le flou sur une éventuelle adhésion
(Ph montage IA KOACI)
La Côte d’Ivoire pourrait-elle rejoindre un jour les BRICS ? Interrogé sur cette éventualité lors de la conférence de presse consécutive au Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, n’a pas fermé la porte à cette perspective. Le ministre de la Communication a toutefois précisé qu’une éventuelle adhésion serait avant tout guidée par les intérêts économiques du pays, tout en réaffirmant l’attachement d’Abidjan au multilatéralisme et à une Organisation des Nations unies forte.
La Côte d’Ivoire pourrait-elle, à l’avenir, intégrer les BRICS, ce groupe de pays qui occupe une place croissante dans les relations économiques internationales ? La question a été posée au ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, lors de la conférence de presse organisée à l’issue du Conseil des ministres.
L’interrogation intervient dans un contexte marqué par l’intérêt manifesté par certains pays africains pour ce regroupement, notamment le Ghana, qui a exprimé son intention de s’en rapprocher. La récente visite à Abidjan d’un représentant du ministère indien des Affaires étrangères a également relancé les interrogations sur la position ivoirienne vis-à-vis de cette organisation.
En réponse, Amadou Coulibaly a d’abord établi une distinction entre la vocation des BRICS et la conception ivoirienne du multilatéralisme politique.
« Les BRICS restent pour le moment, en tout cas, une organisation beaucoup plus économique que politique », a-t-il déclaré, précisant que le multilatéralisme défendu par la Côte d’Ivoire s’inscrivait avant tout dans une logique politique.
Sans annoncer de démarche officielle en faveur d’une adhésion, le porte-parole du gouvernement a néanmoins laissé entrevoir la possibilité d’un rapprochement avec les BRICS, à condition que celui-ci serve les intérêts économiques nationaux.
Le ministre a notamment évoqué l’ambition de la Côte d’Ivoire d’accéder à la catégorie des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, voire à celle des pays émergents.
« Maintenant, si les conditions économiques permettent à notre pays d’intégrer le cercle restreint des pays de revenus intermédiaires de tranche supérieure, comme nous le souhaitons, ou des pays émergents, [...] pour les intérêts économiques de la Côte d’Ivoire, pourquoi pas ? », a-t-il affirmé.
Cette déclaration traduit une ouverture de principe, sans pour autant constituer une annonce d’adhésion ou confirmer l’existence de discussions officielles en ce sens.
Pour Amadou Coulibaly, toute éventuelle participation de la Côte d’Ivoire à ce regroupement devrait répondre à une logique pragmatique, centrée sur les retombées économiques pour le pays.
« Il s’agira essentiellement de défendre nos intérêts économiques », a-t-il souligné.
Si le gouvernement n’exclut pas, à terme, un rapprochement avec les BRICS pour des raisons économiques, il entend maintenir sa position sur le plan diplomatique.
Le porte-parole du gouvernement a ainsi réaffirmé l’attachement de la Côte d’Ivoire au multilatéralisme, présenté comme un principe fondamental de sa politique étrangère.
« Mais pour ce qui est de notre posture politique, nous soutenons le multilatéralisme. C’est pour cela que nous croyons en une ONU qui soit forte », a-t-il déclaré.
Cette précision met en évidence la distinction opérée par les autorités ivoiriennes entre la recherche d’opportunités économiques à l’échelle internationale et le positionnement diplomatique du pays.
L’Organisation des Nations unies demeure, dans cette approche, un cadre central de coopération entre les États et de gestion des enjeux internationaux.
Pas d’adhésion annoncée à ce stade
Au terme de cette intervention, la position du gouvernement ivoirien apparaît donc nuancée : une éventuelle adhésion aux BRICS n’est pas exclue, mais elle n’est assortie d’aucun engagement officiel annoncé par le porte-parole du gouvernement.
L’exécutif privilégie une approche fondée sur les intérêts économiques du pays, tout en réaffirmant son attachement au multilatéralisme et au renforcement des Nations unies.
La question d’une éventuelle intégration ivoirienne aux BRICS reste ainsi ouverte. Elle dépendrait notamment de l’appréciation des bénéfices économiques qu’un tel rapprochement pourrait apporter à la Côte d’Ivoire, dans le cadre de ses ambitions de développement et de son positionnement sur la scène internationale.
Wassimagnon
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