Côte d'Ivoire : Nouvel organe électoral, Amadou Coulibaly refroidit l'opposition :« On ne m'a pas informé qu'il y aura un dialogue national »
Alors que des partis et groupements politiques de l’opposition réclament l’ouverture d’un dialogue national sur le nouvel organe électoral en cours de création, le gouvernement privilégie, pour l’heure, le processus institutionnel engagé par le ministère de l’Intérieur. Lors de la conférence de presse consécutive au Conseil des ministres du mardi 13 octobre 2026, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a rappelé les modalités retenues pour recueillir les propositions des acteurs politiques, sans annoncer de perspective de dialogue national.
Le gouvernement ivoirien donnera-t-il une suite favorable à la demande de dialogue national formulée par des partis et groupements politiques de l’opposition au sujet du nouvel organe électoral en cours de création ? À cette question, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a apporté une réponse qui laisse peu de place aux spéculations, tout en maintenant une réserve sur la possibilité d’une concertation nationale.
Interrogé sur cette requête lors de la conférence de presse qui a suivi le Conseil des ministres du mardi 13 octobre 2026, le ministre a rappelé que le gouvernement avait déjà invité les partis politiques à soumettre leurs propositions au ministère de l’Intérieur.
« Le gouvernement a invité les partis politiques à faire leurs propositions. Vous les avez vus tous défiler, donc, au ministère de l’Intérieur, pour déposer leurs propositions », a-t-il déclaré.
Pour Amadou Coulibaly, cette démarche s’inscrit dans la logique des conclusions du dernier dialogue politique, au cours duquel les participants auraient estimé que la Côte d’Ivoire n’était plus dans une situation de crise et que ses institutions étaient désormais installées et fonctionnelles.
« Nous sommes conformes aux conclusions du dernier dialogue politique qui a dit qu’aujourd’hui, nous n’étions plus un pays en crise, que toutes nos institutions étaient installées et qu’elles fonctionnaient », a-t-il expliqué.
S’appuyant sur ces conclusions, le porte-parole du gouvernement a souligné que les questions relevant des compétences d’une institution devaient être soumises à celle-ci. Selon lui, l’organisation des élections relève de l’administration du territoire, une attribution du ministère de l’Intérieur.
Le gouvernement estime donc normal que ce département ministériel soit au centre du processus de consultation des formations politiques sur la mise en place du nouvel organe électoral.
Amadou Coulibaly a également assuré que les propositions recueillies seraient examinées par le gouvernement avant d’être transmises à l’Assemblée nationale.
« Ces propositions ont été enregistrées et le gouvernement va travailler. Et une fois que le gouvernement aura fini de travailler, la proposition ira à l’Assemblée », a-t-il précisé.
À travers cette réponse, l’exécutif met en avant une démarche institutionnelle reposant sur la collecte des propositions des partis politiques, leur examen par le gouvernement, puis leur transmission au Parlement. Une orientation qui ne constitue toutefois pas une annonce explicite sur la suite qui sera réservée à la demande de dialogue national formulée par l’opposition.
Le ministre a, par ailleurs, mis en garde contre ce qu’il considère comme une tendance à politiser des procédures institutionnelles ordinaires. « Il ne faut pas, je pense, transformer aujourd’hui des actes normaux de la vie d’un pays en une surenchère politique », a-t-il insisté.
Relancé sur la possibilité d’un dialogue national, notamment après que les partis concernés eurent officiellement saisi le Premier ministre par courrier, le porte-parole du gouvernement s’est montré prudent.
Amadou Coulibaly a indiqué ne disposer d’aucune information confirmant la tenue d’une telle rencontre.
« Je suis porte-parole, on ne m’a pas informé qu’il y aura un dialogue national, donc je ne peux pas porter cette information », a-t-il répondu.
Le ministre a ainsi réitéré son attachement au processus défini à l’issue du précédent dialogue politique, estimant que les différents acteurs devaient tenir compte des compétences des institutions concernées et des limites de leurs demandes.
« Si on veut être conséquent, si chacun veut prendre ses responsabilités, chacun devrait savoir quelles sont les limites de cette demande », a-t-il ajouté.
La déclaration du porte-parole du gouvernement intervient au lendemain d’une prise de position de partis et groupements politiques de l’opposition, qui ont appelé à l’ouverture d’un dialogue national autour du nouvel organe électoral en cours de création.
Au cœur de leur démarche figure la volonté d’obtenir un cadre de concertation plus large sur une question jugée déterminante pour le processus électoral ivoirien.
Pour l’heure, le gouvernement maintient sa ligne : les propositions des formations politiques sont recueillies par le ministère de l’Intérieur, examinées par l’exécutif, puis soumises à l’Assemblée nationale.
Si Amadou Coulibaly n’a pas annoncé l’organisation d’un dialogue national, il n’a pas non plus présenté de décision formelle rejetant explicitement la requête de l’opposition. La possibilité d’une telle concertation demeure donc, à ce stade, sans confirmation officielle.
Une question reste ainsi en suspens : le gouvernement s’en tiendra-t-il au mécanisme institutionnel annoncé ou répondra-t-il favorablement à la demande de dialogue national portée par l’opposition ?
Wassimagnon
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