Côte d'Ivoire : Lutte contre le cancer, le gouvernement et AstraZeneca mobilisent plus de 10,37 milliards FCFA pour 4 400 patients
L’État de Côte d’Ivoire et le groupe pharmaceutique AstraZeneca ont signé une convention de partenariat public-privé de trois ans pour améliorer l’accès aux traitements contre les cancers du sein, de la prostate, du poumon et de l’ovaire. Doté d’une enveloppe globale de plus de 10,37 milliards de FCFA, ce programme prévoit une prise en charge gratuite des thérapies ciblées pour plus de 4 400 patients éligibles, tout en renforçant les capacités de diagnostic et les compétences des professionnels de santé.
La lutte contre le cancer franchit une nouvelle étape en Côte d’Ivoire. Le Gouvernement ivoirien et le groupe pharmaceutique AstraZeneca ont officialisé un partenariat stratégique d’une durée de trois ans, destiné à améliorer l’accès aux traitements innovants et à renforcer la qualité de la prise en charge des patients. Au cœur de cette convention, un engagement financier de plus de 10,37 milliards de FCFA et une ambition majeure : permettre à plus de 4 400 patients éligibles de bénéficier gratuitement de thérapies ciblées dans les centres de référence.
La cérémonie de signature s’est tenue sous la présidence du ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre N’Gou Dimba, qui a salué une avancée significative dans la politique nationale de lutte contre le cancer.
Face au poids croissant du cancer sur le système de santé et les ménages, la Côte d’Ivoire entend renforcer les mécanismes permettant aux patients d’accéder à des traitements adaptés, notamment aux thérapies innovantes dont le coût constitue souvent un obstacle majeur.
La convention conclue avec AstraZeneca repose sur une enveloppe globale de plus de 10,37 milliards de FCFA sur trois ans. Le laboratoire pharmaceutique apporte un soutien évalué à plus de 5,51 milliards de FCFA, comprenant des réductions d’au moins 50 % sur les prix des thérapies concernées ainsi qu’un appui aux activités opérationnelles du programme.
De son côté, l’État ivoirien mobilise plus de 4,86 milliards de FCFA pour subventionner intégralement l’achat des traitements et couvrir les frais liés à leur gestion logistique.
Ce mécanisme de financement conjoint doit permettre de rendre les thérapies ciblées entièrement gratuites pour les patients répondant aux critères d’éligibilité, au sein des centres de référence désignés. Au total, plus de 4 400 patients devraient bénéficier directement de ce dispositif au cours des trois prochaines années.
Pour les autorités sanitaires, cette initiative représente un levier supplémentaire pour réduire les inégalités d’accès aux soins oncologiques et améliorer les perspectives thérapeutiques des personnes atteintes de cancer.
Le partenariat concerne quatre types de cancers : le cancer du sein, le cancer de la prostate, le cancer du poumon et le cancer de l’ovaire. Il ne se limite toutefois pas à la mise à disposition de traitements. Il prévoit également des actions destinées à améliorer le diagnostic, à renforcer les compétences médicales et à fluidifier le parcours de soins des patients.
Le programme doit ainsi accompagner les patients depuis le diagnostic et l’orientation vers les structures adaptées jusqu’aux examens complémentaires, au traitement et au suivi médical.
Une attention particulière sera accordée à l’accès à certains examens spécialisés, notamment l’immunohistochimie (IHC), la recherche de mutations du récepteur du facteur de croissance épidermique (EGFR) et les tests portant sur les gènes BRCA1 et BRCA2.
Ces examens contribuent à mieux caractériser les tumeurs et à identifier, lorsque cela est indiqué, les traitements les plus appropriés à chaque situation clinique. Leur accessibilité constitue donc un enjeu important pour améliorer la pertinence des décisions thérapeutiques.
En parallèle, le partenariat prévoit un accompagnement des laboratoires et des spécialistes en anatomopathologie, ainsi que l’organisation d’ateliers scientifiques et de formations destinés aux professionnels de santé. L’objectif est de consolider les compétences locales en oncologie et en diagnostic, tout en favorisant une meilleure coordination entre les différents acteurs de la prise en charge.
Prenant la parole lors de la cérémonie, le ministre Pierre N’Gou Dimba a rappelé que la transformation du système de santé ivoirien s’inscrit dans la vision du président de la République, Alassane Ouattara, qui fait de l’accès équitable aux soins une priorité nationale.
Il a notamment souligné les efforts engagés par le Gouvernement pour accélérer le déploiement de la Couverture maladie universelle (CMU) et renforcer les dispositifs de prévention, de dépistage précoce et de prise en charge des maladies prioritaires.
Malgré ces avancées, le cancer demeure un défi sanitaire majeur, en raison de ses conséquences médicales, sociales et économiques. Pour le ministre, la réponse à cette maladie doit aller au-delà des soins et intégrer une question déterminante : l’accessibilité financière et la disponibilité de traitements efficaces et innovants.
« Le combat médical ne saurait être complet sans une réponse forte et durable à une problématique centrale : l’accessibilité financière et la disponibilité de molécules innovantes et efficaces », a-t-il déclaré.
Le ministre a également assuré que ses équipes, la direction du Programme national de lutte contre le cancer (PNLCa) et l’ensemble du corps médical seraient pleinement mobilisés pour garantir une mise en œuvre transparente, éthique et rigoureuse du programme.
S’adressant aux personnes touchées par la maladie, à leurs proches et aux professionnels qui les accompagnent, il a insisté sur la portée humaine de cette initiative, affirmant que la signature de la convention constituait un message d’espoir et de solidarité adressé à tous les patients.
Pour AstraZeneca, cette collaboration s’inscrit dans une démarche visant à soutenir les priorités sanitaires nationales et à contribuer au développement de solutions durables contre le cancer.
La directrice nationale pour l’Afrique francophone du groupe, la Dre Adelaide Ehouman-Aidara, a souligné l’importance d’une mobilisation collective associant les pouvoirs publics, les professionnels de santé, les institutions et le secteur privé.
« À travers ce partenariat, AstraZeneca s’engage aux côtés du Gouvernement de Côte d’Ivoire et des acteurs locaux pour favoriser un accès plus équitable à des soins oncologiques de qualité et renforcer les capacités du système de santé », a-t-elle indiqué.
Elle a également mis en avant la complémentarité entre l’expertise scientifique du groupe pharmaceutique, les priorités définies par les autorités ivoiriennes et les connaissances acquises par les acteurs locaux.
Au-delà de l’accès aux traitements, l’entreprise entend contribuer au renforcement des capacités diagnostiques, à la formation des professionnels de santé et à l’amélioration des connaissances sur le cancer en Côte d’Ivoire. La production de données locales doit notamment permettre de mieux orienter la planification sanitaire et d’adapter les interventions aux besoins des patients.
La mise en œuvre du programme reposera sur une collaboration avec le Gouvernement, le PNLCa, le Centre national d’oncologie médicale et de radiothérapie Alassane Ouattara (CNRAO), ainsi qu’avec les autres structures sanitaires et parties prenantes concernées.
Ce partenariat vient renforcer les initiatives engagées depuis plusieurs années par la Côte d’Ivoire pour structurer la lutte contre le cancer.
Le pays a notamment consolidé son action avec la structuration du Programme national de lutte contre le cancer en 2014, puis la création du Centre national d’oncologie médicale et de radiothérapie Alassane Ouattara, inauguré en 2017 et ouvert aux patients en 2018.
Ces infrastructures et dispositifs constituent des piliers de la politique nationale de lutte contre la maladie. La nouvelle convention entend s’appuyer sur ces acquis pour améliorer l’orientation des patients, faciliter l’accès aux examens spécialisés et favoriser la continuité des soins.
Selon les estimations de GLOBOCAN 2024, la Côte d’Ivoire a enregistré environ 20 402 nouveaux cas de cancer et 12 710 décès liés à la maladie en 2024. Ces chiffres illustrent l’ampleur du défi sanitaire et la nécessité de renforcer les stratégies de prévention, de dépistage et de traitement.
Dans ce contexte, l’amélioration de l’accès aux thérapies ciblées, associée au développement des capacités diagnostiques, représente un enjeu majeur pour la qualité de la prise en charge.
Au-delà de son enveloppe financière, la portée de cette convention se mesurera à sa capacité à produire des résultats concrets pour les patients : faciliter l’accès aux traitements, réduire les obstacles financiers, améliorer les délais de diagnostic et renforcer la coordination entre les structures sanitaires.
Le programme devra également s’appuyer sur des mécanismes de gouvernance rigoureux, des critères d’éligibilité clairement définis et une organisation logistique adaptée afin d’assurer une utilisation efficace des ressources mobilisées.
En réunissant les moyens de l’État, l’expertise d’AstraZeneca et les compétences des professionnels de santé, cette initiative traduit la volonté de renforcer la complémentarité entre les secteurs public et privé dans la réponse aux grands défis sanitaires.
Pour les autorités ivoiriennes comme pour leur partenaire pharmaceutique, l’enjeu est désormais de transformer cet engagement en avancées durables pour les personnes touchées par le cancer.
La signature de cette convention ouvre ainsi une nouvelle étape dans la lutte contre la maladie en Côte d’Ivoire, avec une ambition clairement affichée : rendre les soins oncologiques plus accessibles, renforcer les capacités nationales et offrir de meilleures perspectives aux milliers de patients concernés.
Wassimagnon
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