Côte d'Ivoire : Probable rejet du dialogue national sur l'organe électoral, Affi : « advienne que pourra… »
Affi N’Guessan (Ph)
Face à une crainte du rejet du dialogue national sur le nouvel organe électoral qu’il demande avec le Gouvernement, Pascal Affi N’Guessan, prévient : « Alassane Ouattara fait le choix du passage en force, advienne que pourra. »
Le président de la CAP-CI et du FPI accuse le gouvernement de vouloir imposer un organe électoral sur mesure et s’interroge sur le sort réservé aux propositions de l’opposition en l’absence de dialogue.
La polémique autour de la réforme de l’organe électoral en Côte d’Ivoire prend une nouvelle tournure. À la suite de la sortie du porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, Pascal Affi N’Guessan, président de la Coalition pour l’Alternance Pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI) et du Front populaire ivoirien (FPI), a vivement réagi, dénonçant ce qu’il considère comme une stratégie destinée à écarter un véritable dialogue politique préalable.
Dans sa déclaration, l’opposant met directement en cause le refus du gouvernement d’engager des discussions préalables sur la réforme de l’organe électoral. Pour lui, cette position traduit une volonté de mettre en place une institution favorable au pouvoir en place.
« Le refus du dialogue préalable est l'expression d'une volonté de se tailler un organe électoral sur mesure pour organiser la fraude électorale et se maintenir au pouvoir contre la volonté nationale », a-t-il affirmé.
Au-delà du refus du dialogue préalable, Pascal Affi N’Guessan remet également en question la démarche gouvernementale fondée sur un appel à propositions. Il n’y voit non pas une véritable volonté de concertation, mais une initiative destinée à donner l’apparence d’une ouverture politique sans répondre aux revendications de l’opposition.
« L'appel à proposition n'était qu'une manœuvre pour distraire », a-t-il martelé.
Pour le président de la CAP-CI, l’enjeu ne se limite pas à la possibilité, pour les partis politiques, de soumettre des propositions. Il réside également dans la nécessité de permettre aux acteurs de l’opposition de défendre leurs contributions, d’en expliquer le bien-fondé et d’en présenter les mécanismes de mise en œuvre.
Qui défendra les propositions de l’opposition sans dialogue ?
C’est précisément sur cette question que Pascal Affi N’Guessan entend attirer l’attention. Si le gouvernement écarte le dialogue et la concertation, comment les propositions formulées par l’opposition pourront-elles être examinées dans le cadre d’un véritable échange politique ? Qui sera chargé d’en défendre le contenu et d’en expliquer les motivations ?
L’interrogation est également technique : qui expliquera l’architecture du nouvel organe électoral proposé par l’opposition si aucun cadre de concertation n’est prévu ?
La composition de cette institution, son fonctionnement, les garanties d’indépendance de ses membres et les mécanismes destinés à assurer son impartialité nécessitent, selon cette logique, des échanges permettant aux initiateurs de présenter et de justifier leurs choix.
En posant ces questions, le dirigeant politique met en lumière ce qu’il considère comme une contradiction dans la démarche gouvernementale : solliciter des propositions sans garantir, selon lui, un espace de dialogue permettant de les défendre et d’en débattre.
Le dialogue politique, condition d’une réforme consensuelle ?
Cette prise de position traduit la persistance des divergences entre le pouvoir et l’opposition sur la méthode à privilégier pour réformer l’organe chargé de l’organisation des élections. Au cœur du désaccord se trouvent les garanties d’indépendance, d’impartialité et de transparence du processus électoral.
Pour Pascal Affi N’Guessan, la crédibilité de la réforme ne saurait reposer uniquement sur un mécanisme de recueil de propositions. Elle doit également permettre un examen contradictoire des différentes options et une discussion sur les garanties institutionnelles nécessaires à la confiance des acteurs politiques.
Reste désormais à savoir si le gouvernement et l’opposition pourront rapprocher leurs positions afin d’ouvrir la voie à une concertation.
Donatien Kautcha, Abidjan
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