Cameroun : 10 ans après Eseka, Camrail dit 98% payé, des familles disent attendre toujours justice
Il y a 10 ans, jour pour jour, vendredi 21 octobre 2016 à 13h30, le Cameroun vivait le pire accident ferroviaire de son histoire. Un train de 9 voitures, porté à 16 voitures selon plusieurs témoignages, avec environ 1300 passagers à bord, déraille à Eseka. Bilan officiel : 79 morts et 551 blessés, un bilan contesté par des familles et des témoins. 10 ans après, des familles disent n'avoir jamais obtenu une vraie justice.
Il y a 10 ans, jour pour jour. Vendredi 21 octobre 2016. 13h30.
Le Cameroun pleurait ses enfants.
Ce jour-là, un train Intercity de Camrail reliant Douala à Yaoundé déraille près de la gare d'Eseka, dans le Nyong-et-Kellé région du Centre.
Ce qui devait être un simple voyage se transforme en drame.
Pourquoi ce train était il si chargé ?
Parce que la route Yaoundé-Douala était coupée à Matomb, à cause d'un pont effondré. De nombreux voyageurs se sont alors tournés vers le rail.
Selon plusieurs sources et témoignages, un train initialement prévu pour 9 voitures aurait été porté à 16 voitures. Environ 1300 passagers se trouvaient à bord. Des experts et des témoins évoquent un freinage inadapté et un manque de contrôle technique.
Dans un virage à Eseka, le train déraille. 4 voitures se renversent.
Bilan officiel contesté
Officiellement : 79 morts et 551 blessés, selon le bilan annoncé.
Mais des secouristes, des familles et des témoins, cités sur le terrain, parlent de plus de 200 à 300 morts. Ils estiment que ce bilan officiel ne reflète pas la réalité. Certains survivants en gardent encore les séquelles.
Des corps n'ont jamais été retrouvés selon les familles. Des mamans disent n'avoir jamais eu un corps à enterrer. Pas de tombe. Pas de deuil possible.
10 ans après où en sommes nous ?
10 ans après, des familles affirment n'avoir jamais eu une vraie justice.
Selon la procédure judiciaire, la direction de Camrail a été condamnée à de la prison avec sursis tandis que le conducteur écopait d'une peine de prison ferme.
Pour de nombreuses familles, ces condamnations ne sont pas suffisantes.
Et les indemnisations ? Dans un communiqué, Camrail dit avoir payé 98% des indemnisations. Mais selon des familles jointes, toutes les indemnisations ne seraient pas payées. Elles disent, "on n'a rien reçu."
Des familles et des associations s'interrogent aussi sur la sécurité dans les trains aujourd'hui.
Selon elles, cette catastrophe ne serait pas seulement un accident, mais le résultat de négligences.
Aujourd'hui, le Cameroun pense à tous ceux qui sont partis ce jour-là.
À ceux qui ont pris ce train pour aller voir leurs parents, pour aller travailler, pour aller à l'école et qui ne sont jamais arrivés.
À ceux qui sont partis à 13h30 un vendredi et qui ne sont jamais revenus.
À leurs mamans qui attendent encore, 10 ans après.
À leurs enfants, devenus orphelins, qui ont 10 ans de plus aujourd'hui.
21 octobre 2016 - 21 octobre 2026, 10 ans après Eseka, une tragédie qu'on ne doit jamais oublier.
Eseka, 10 ans après, on ne vous a pas oubliés.
Camrail, des familles attendent toujours, selon elles, une vraie justice.
-Armand Ougock, correspondant permanent Koaci au Cameroun
-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277 ou cameroun@koaci.com -
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
