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Côte d'Ivoire-Maroc : Rabat et Yamoussoukro s'engagent dans un partenariat stratégique pour faire entrer l'agriculture africaine dans l'ère du numérique, 50 étudiants bientôt en formation
 

Côte d'Ivoire-Maroc : Rabat et Yamoussoukro s'engagent dans un partenariat stratégique pour faire entrer l'agriculture africaine dans l'ère du numérique, 50 étudiants bientôt en formation

 
 
 
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© Koaci.com - dimanche 01 novembre 2026 - 18:19


La révolution numérique s’invite dans les champs africains. À Yamoussoukro, l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), OCP Africa et l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB) ont officiellement inauguré la Digital Farming School (DFS), une infrastructure dédiée à la formation aux nouvelles technologies agricoles. Avec 50 étudiants sélectionnés parmi 3 700 candidats pour une formation de deux ans entièrement financée, cette initiative ambitionne de faire émerger une nouvelle génération d’experts africains capables de moderniser les exploitations agricoles, d'améliorer les rendements et de renforcer la souveraineté alimentaire du continent.


L'agriculture africaine amorce un virage stratégique. Longtemps confronté à des défis de productivité, de mécanisation et de maîtrise technologique, le secteur dispose désormais d'une nouvelle infrastructure de formation pour accélérer sa transformation.

Le 31 octobre 2026, au Technopôle de l'INP-HB, à Yamoussoukro, a été inaugurée la Digital Farming School (DFS), un établissement porté par l'Université Mohammed VI Polytechnique du Maroc, avec le soutien d'OCP Africa et en partenariat avec l'Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny.


À travers ce projet, les trois partenaires entendent faire du numérique et de l'innovation des instruments de modernisation des systèmes agricoles africains. L'ambition est de former des compétences locales capables de concevoir, d'adapter et de déployer des solutions technologiques répondant aux réalités des exploitations agricoles du continent.


Cette initiative repose sur une conviction forte : l'Afrique doit pouvoir mobiliser ses propres ressources humaines, scientifiques et technologiques pour relever les défis de son développement.


Au cœur du dispositif, l'UM6P assure l'impulsion académique et scientifique du projet. L'université marocaine entend ainsi contribuer à l'émergence d'une nouvelle génération de spécialistes africains dans les domaines de l'agriculture de précision et des technologies appliquées à la production agricole.


Pour son président, Hicham El Habti, cette démarche traduit une conviction fondamentale : « L'Afrique doit faire confiance à l'Afrique ».


Une vision qui met en avant la coopération Sud-Sud, le transfert de compétences et la mutualisation des expertises africaines pour construire des réponses adaptées aux défis du continent.


De son côté, OCP Africa accompagne cette dynamique en apportant son soutien à la formation, à l'innovation et à la transformation des systèmes agricoles. Sa directrice générale, Hajar Alafifi, a particulièrement insisté sur l'importance de l'investissement dans le capital humain pour anticiper les mutations du secteur et préparer les métiers agricoles de demain.

L'INP-HB, qui accueille la nouvelle infrastructure dans son Technopôle de Yamoussoukro, apporte quant à lui son ancrage académique et scientifique à cette coopération internationale. Ce partenariat renforce ainsi les capacités de formation et de recherche de l'établissement ivoirien.


Le choix de la Côte d'Ivoire pour accueillir cette école n'est pas anodin. Pilier de l'économie nationale, l'agriculture représente environ 25 % du produit intérieur brut, en intégrant l'agro-industrie, et près de 40 % des recettes d'exportation.


Malgré ce poids économique, le secteur reste confronté à des contraintes structurelles qui limitent son potentiel de développement. La faible mécanisation, l'insuffisance des infrastructures d'irrigation, la vulnérabilité aux changements climatiques et les difficultés d'accès aux technologies modernes constituent autant de freins à l'amélioration des rendements.


Les chiffres présentés par le ministre de l'Agriculture, Bruno Nabagné Koné, illustrent l'ampleur du chantier. Le pays dispose actuellement d'environ un tracteur pour 1 000 hectares, tandis que seulement 130 000 hectares sont irrigués sur un potentiel estimé à 3,4 millions d'hectares.


 

Dans ce contexte, l'introduction des technologies numériques dans les pratiques agricoles apparaît comme un levier majeur pour améliorer la productivité, optimiser l'utilisation des ressources et renforcer la résilience des exploitations face aux aléas climatiques.


La Digital Farming School entend répondre à ces défis en proposant une formation à la croisée de plusieurs disciplines.


Son approche pédagogique associe agronomie, informatique, intelligence artificielle, utilisation de drones agricoles, capteurs connectés et analyse des données.


L'objectif est de dépasser les enseignements théoriques pour privilégier une formation pratique, fondée sur l'expérimentation, l'observation des réalités agricoles et le développement de solutions concrètes.

Les apprenants seront ainsi initiés aux technologies permettant notamment de surveiller les cultures, d'optimiser l'irrigation, de détecter certaines anomalies, de mieux gérer les sols et d'améliorer la prise de décision dans les exploitations.


Cette approche vise à faire émerger des profils capables de faire le lien entre les connaissances agronomiques et les innovations technologiques.


L'intérêt suscité par cette nouvelle offre de formation témoigne déjà de son attractivité. Sur les 3 700 candidatures enregistrées, seuls 50 étudiants ont été sélectionnés pour intégrer la première promotion. Ils bénéficieront d'une formation de deux ans entièrement prise en charge.


L'inauguration de la Digital Farming School a également enregistré une importante participation institutionnelle et diplomatique.

Présidant la cérémonie, le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Adama Diawara, a souligné le rôle déterminant de la science, de la recherche et de l'innovation dans la transformation structurelle des économies africaines.


La présence de l'ambassadeur du Maroc en Côte d'Ivoire, Otman El Ferdaous, ainsi que de l'ancien Premier ministre éthiopien Haile Mariam Dessalegn, a donné à l'événement une dimension diplomatique et panafricaine.


Cette mobilisation traduit l'intérêt croissant des partenaires africains pour les initiatives de coopération scientifique et technologique susceptibles d'accélérer la modernisation des secteurs stratégiques.


Pour l'UM6P, OCP Africa et l'INP-HB, la Digital Farming School ne se limite pas à la mise en place d'un établissement d'enseignement spécialisé.


Le projet ambitionne de favoriser l'émergence d'un véritable écosystème associant universités, entreprises, chercheurs, entrepreneurs, investisseurs et acteurs du monde agricole.


 

L'enjeu sera notamment de transformer les connaissances acquises en innovations accessibles aux producteurs, en solutions adaptées aux exploitations et en gains mesurables de productivité.


À terme, cette dynamique pourrait contribuer à accélérer la transition vers une agriculture plus performante, plus résiliente et davantage tournée vers les nouvelles technologies.


À Yamoussoukro, l'inauguration de la Digital Farming School ouvre ainsi une nouvelle perspective pour la coopération scientifique africaine. Au-delà de la formation de 50 premiers spécialistes, c'est toute la capacité du continent à développer ses propres technologies, à maîtriser son innovation et à renforcer sa souveraineté alimentaire qui se trouve en jeu.


Le véritable défi sera désormais de faire sortir l'innovation des laboratoires et des salles de formation pour la rendre concrètement accessible aux agriculteurs africains.




Wassimagnon





 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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