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Côte d'Ivoire : Déguerpissement des zones à risque dans le District d'Abidjan, le Renouveau Démocratique demande au gouvernement de mettre fin à l'opération
 

Côte d'Ivoire : Déguerpissement des zones à risque dans le District d'Abidjan, le Renouveau Démocratique demande au gouvernement de mettre fin à l'opération

 
 
 
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 Il y a 4 mois
 
 
 
 
 
© Koaci.com - lundi 18 mars 2024 - 09:02

Lamoussa Djinko


Le Renouveau Démocratique ne souscrit pas au projet de déguerpissement des zones dites à risque dans le District Autonome d’Abidjan. Lors d’une rencontre avec la presse, le vendredi 15 mars dernier à Abidjan, ce parti politique a fait savoir sa position sur cette opération visant à assainir et à embellir la ville d’Abidjan et surtout éviter que les populations installées sur ses sites à problème, ne subissent encore les affres de la pluie avec son corollaire de morts comme par le passé.


Cette formation politique sans élu, présidée par Lamoussa Djinko, a exprimé sa compassion aux habitants des quartiers Gesco de Yopougon, ainsi qu’à ceux de Boribana et de Banco dans la commune d’Attecoubé. Elle a dit ne pas comprendre qu’on puisse détruire des écoles dans le cadre de cette opération, au moment même où le système éducatif ivoirien « va mal dans son ensemble ».


« Certes, le District veut assainir la ville d'Abidjan, la rendre belle, mais n'oublions pas que la Côte d'Ivoire est pauvre. L'économie de notre pays repose sur l'agriculture. Près de 70 % de la population travaille dans une forme d'activité liée à l'agriculture. Nous n'avons aucun programme de développement de la Zone rurale. Les paysans sont pauvres, parce que nous achetons très mal le café, le cacao, l'hévéa, l'anacarde et les autres produits agricoles. En plus, la crise post-électorale de 2010 a vu une affluence de la population rurale vers Abidjan. Nous avons une capitale où plus de 20 % de la population y vit. Le SMIG est à 75.000 francs CFA. Où voulez-vous que les gens partent vivre avec ce salaire ? Je m'adresse au gouvernement. Le Renouveau Démocratique vient de sillonner des villes de l'intérieur. Nous étions à Lakota la semaine dernière. Les villes de l'intérieur manquent de programme réel de développement. Il y a des villes de grandes régions qui n'ont aucune usine ou aucune industrie donc pas d'emplois. C'est pourquoi malheureusement, tout le monde se dirige vers Abidjan dans l'espoir d'avoir un emploi. Le gouvernement ne décentralise pas. Le gouvernement a investi lourdement que sur la ville d'Abidjan. Notre Capitale fait partie des villes les plus chères en Afrique (Top 10). C'est pourquoi, nous avons de nombreux quartiers dits précaires », a analysé le leader du Renouveau Démocratique. 


Poursuivant, il a évoqué la longue liste des prochains endroits à déguerpir établie par le District Autonome d’Abidjan. Au regard du niveau de pauvreté des populations, il a recommandé au gouvernement et au District Autonome d’Abidjan, de surseoir à cette opération qui ne fera qu’amplifier la détresse de ces populations sans grand moyen. « Nous demandons au gouvernement de mettre fin au déguerpissement. Dorénavant, il faut construire d'abord des logements sociaux avant tout déguerpissement. Il y a en France, aux États-Unis et au Canada, des programmes de constructions de logements sociaux ou encore l'assistance ou une subvention pour les logements à la population économiquement faible. Je demande à tous les membres du gouvernement, y compris le président de la République, le Premier Ministre, le Ministre-Gouverneur du District d'Abidjan, de fermer les yeux, pendant 5 min et se mettre dans la peau d'un enfant dont on vient de détruire l'école, ou d'un monsieur dont on vient de démolir la maisonnette, voir toutes ces familles sous la pluie et le soleil sans toit alors que, eux, ils dorment bien avec leur femme et leurs enfants. S'ils se sentent bien ou indifférents après les 5 min, je ne saurai que dire. Dans le contraire, s'ils se sentent mal, alors qu'ils mettent fin purement et simplement à ce programme », a recommandé, M. Djinko 


 

Il ajoute : « quand vous démolissez la maison d'un pauvre, même s'il a été mis en demeure, où voulez-vous qu'il parte avec un SMIG de 75.000 Francs CFA ? ».  

 

Outre la question du déguerpissement des quartiers précaires à Abidjan, le Renouveau Démocratique s’est aussi prononcé sur le système éducatif ivoirien qui, selon cette formation politique, inquiète. S’il salue les énormes progrès enregistrés depuis 1882, année de la création de la première école en Côte d’Ivoire à ce jour, il n’occulte pas le fait qu’elle a aussi régressé en termes de performance.


« Des progrès ont été réalisés par le gouvernement de Côte d'Ivoire, notamment dans le domaine des infrastructures et du besoin en ressources humaines. Dans le cadre institutionnel et normatif, la Côte d'Ivoire a adopté une nouvelle Constitution qui, dans son article 9 et 10, consacre le droit de toute personne à l'éducation et à la formation professionnelle. Et elle consacre l'éducation obligatoire pour les filles et les garçons. Quant à l'article 32, l'État s'engage à garantir les besoins spécifiques des personnes vulnérables. Mais depuis les années 800, voilà plus de quatre décennies, que l'éducation ivoirienne va très, très mal. Elle est allée en mal en pis. Depuis le Président Houphouët Boigny, l'école est tombée malade. Ni le Président Houphouët, ni le Président Bédié, ni le Président Guéi, ni le Président Gbagbo, ni le Président Ouattara, n'ont pu soigner cette école qui a vu sa situation se dégrader de jour en jour », a regretté, Lamoussa Djinko.


Des propos qu’il a corroborés par des Statistiques. « Le Taux d'analphabétisme en France et des pays Européens est de 0,1 à 1 %. Le Taux d'analphabétisme en Chine est de 3 %. Le taux d'analphabétisme en Côte d'Ivoire est de 47 %, pas loin des pays qui nous entourent. Le niveau d'éducation en Côte d'Ivoire a beaucoup baissé. Le décrochage (interruption de scolarité) est devenu pandémique. Le taux de ddécrochage scolaire est le pourcentage d'élèves qui arrêtent les études avant l'obtention d'un diplôme. Selon les chiffres de la Direction des Stratégies, la Planification et des Statistiques (DSPS) du Ministère de l'Éducation Nationale et de l'Alphabétisation, en Côte d'Ivoire, 1 million d’élèves subissent le décrochage scolaire chaque année. Un million d'élèves en classes primaires pour un âge de huit ans, soit 36 % qui arrêtent leurs études. Au premier cycle, de l'enseignement secondaire, c'est 600.000 adolescents, pour un âge de 13 ans, soit 64 %. Enfin, au second cycle, ce sont plus de 200.000 jeunes avec un âge moyen de 16 ans, soit 80 % qui décrochent. L'accès à l'Éducation garantie par la Constitution devient un mirage », indique-t-il.


 

Selon le Renouveau Démocratique, le problème se situe à trois niveaux. « Soit c'est l'enseignant, soit c'est l'enseigné, soit c'est le système ou l'Etat lui-même. Le problème au niveau de l'enseignant, c’est qu’il joue un rôle très important dans l'éducation d'un élève ou d'un étudiant. Son rôle ne se limite pas seulement à enseigner sa matière. Il aide l'enseigné à acquérir les compétences indispensables pour résoudre des problèmes, analyser, à communiquer, à se concentrer sur des tâches difficiles, à développer une pensée créative, à être discipliné. Le rôle de l'enseignant varie selon les niveaux. Il joue souvent le rôle des parents et va jusqu'à débourser ses propres fonds pour aider certains élèves. Sa tâche devient de plus en plus difficile quand lui-même est confronté à des difficultés d'ordre matériel, financier et physique (sa santé). Pendant très longtemps, le bien-être social des enseignants a pris du plomb dans les ailes. De 1987 à 2007, soit 20 ans, aucune augmentation de salaire n'a eu lieu. L'on a eu des avancements ou des augmentations indiciaires. Vous avancez seulement en indice. Les salaires ont connu une disparité sous le gouvernement du Président Houphouët-Boigny avec l'actuel Président Alassane Ouattara comme premier Ministre, et qui a continué pendant plus d'une dizaine d'années. C'était une injustice sociale. Ils ont appelé cela salaires à double vitesse », a-t-il relevé.



Wassimagnon 


 
 
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k
Surement un gars de Gbgabo qui prefère qu'Abidjan soit une poubelle comme ça l'était. Nous autres on veut plus de ces quartiers poubelles. Qu'ils les rasent tous et on avance.
 
 il y a 4 mois     
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