Cameroun : Crise du scanning au Port de Douala, le regroupement des patrons d'entreprises lance un ultimatum au gouvernement
Les opérateurs économiques dénoncent une surfacturation injustifiée et donnent jusqu'à lundi pour trouver une solution.
Le Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM) a lancé, ce jeudi 12 février 2026, un cri d'alarme face à une situation qui paralyse le commerce au port de Douala. Réunis en assemblée extraordinaire, les acteurs du secteur privé dénoncent une double tarification imposée dans le cadre du scanning des conteneurs, une mesure qui menace de faire exploser les prix à la consommation.
Depuis le début de l'année 2026, une nouvelle pratique a vu le jour : le prélèvement simultané de frais par le scanneur officiel du Port Autonome de Douala (PAD) et par des prestataires privés agréés. Cette double facturation alourdit considérablement les coûts d'importation et rallonge les délais de dédouanement, créant une situation intenable pour les entreprises, selon le Gecam.
Griefs
Dans un communiqué signé par son président Célestin Tawamba, le GECAM énumère les dysfonctionnements qui paralysent l'activité portuaire entrainant l'augmentation des frais de prestations, l'allongement des délais de dédouanement, des risques de détérioration des marchandises, la compétitivité du PAD et la délocalisation des activités.
Ultimatum de 72 heures
Le GECAM ne se contente pas de dénoncer. L'organisation patronale donne jusqu'au lundi 16 février 2026 au gouvernement pour mettre fin à cette pratique et trouver une solution pérenne. Passé ce délai, les opérateurs économiques se réservent le droit de prendre des mesures pour protéger leurs intérêts et ceux de leurs clients.
"Les répercussions seront directes sur les prix", prévient le communiqué. En effet, toute augmentation des coûts à l'importation se répercute inévitablement sur le consommateur final, dans un contexte économique déjà marqué par une inflation persistante.
Enjeux au-delà des frontières
Au-delà de l'impact sur l'économie camerounaise, c'est toute la sous-région qui est concernée. Le port de Douala est une infrastructure vitale pour les pays enclavés comme le Tchad, la République centrafricaine et une partie du Congo. Une paralysie ou un ralentissement durable de cette plateforme logistique aurait des conséquences en cascade sur les économies de ces pays voisins, déjà fragiles.
Le GECAM appelle donc à une intervention rapide des plus hautes autorités de l'État. Le président de la République est interpellé pour trancher cette crise avant qu'elle ne prenne des proportions régionales et n'affecte durablement la compétitivité du Cameroun comme porte d'entrée économique de l'Afrique centrale.
Cette crise du scanning constitue un test pour la capacité du gouvernement à répondre rapidement aux préoccupations du secteur privé. Dans un pays où le climat des affaires reste un défi permanent, la gestion de cette situation sera scrutée de près par la communauté économique nationale et internationale.
-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-oucameroun@koaci.com
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