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Cameroun : 335 Camerounais envoyés en Ukraine, 94 morts, quand la mauvaise gouvernance tue la jeunesse
 

Cameroun : 335 Camerounais envoyés en Ukraine, 94 morts, quand la mauvaise gouvernance tue la jeunesse

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 12 février 2026 - 08:29

Joseph Beti Assomo Ministre de la Défense (Ph)


Selon un rapport rendu public mercredi par le collectif d'investigation All Eyes on Wagner (AEOW), au moins 1417 ressortissants africains ont été incorporés dans les forces armées russes déployées en Ukraine, avec plus de 300 décès recensés. Ce document révèle pour la première fois une liste nominative détaillée.


Les données compilées par AEOW, recueillies via le programme ukrainien « Je veux vivre » destiné à faciliter les redditions, mettent en lumière l'étendue préoccupante des enrôlements sur le continent africain.


Plus de 1400 africains enrôlés dans l'armée russe


Le document recense 1417 individus provenant de 35 nations africaines, enrôlés entre janvier 2023 et septembre 2025, dont 316 ont perdu la vie au combat. Toutefois, le collectif souligne que ces données sont vraisemblablement incomplètes et que les nombres réels pourraient s'avérer considérablement plus élevés.


« Le phénomène de recrutement de ressortissants africains ne constitue pas un épiphénomène isolé, mais bien l'ossature d'une stratégie délibérée et organisée » dans un contexte où le conflit se prolonge et où Moscou doit « faire face à une pénurie d'hommes », précise le rapport.


Cameroun, deuxième pourvoyeur de combattants et premier en pertes humaines


 

Derrière l'Égypte qui arrive en tête avec 361 hommes, le Cameroun occupe la deuxième position avec 335 militaires enrôlés. Plus dramatique encore, c'est le pays qui enregistre le taux de mortalité le plus élevé : 94 morts sur les 335 recrutés, devant le Ghana avec 234 enrôlés, selon le rapport.


Le recrutement s'opère à travers « des réseaux transnationaux qui exploitent des vulnérabilités socio-économiques persistantes » présentes sur le continent.


Les recruteurs visent particulièrement une jeunesse désireuse de poursuivre des études supérieures ou en quête d'opportunités professionnelles à l'étranger, mais s'intéressent également aux candidats à la migration irrégulière, précise l'étude.


Promesses dorées, réalité mortelle


Les méthodes de recrutement vont des campagnes publicitaires diffusées sur Internet, notamment par l'intermédiaire d'agences de voyage établies sur le continent qui proposent parfois des procédures de visa accélérées, au rôle d'« ambassadeurs » joué par des influenceurs ou combattants pour leur communauté.


Avec des promesses alléchantes mais souvent illusoires : une prime de recrutement entre 20 000 et 30 000 dollars puis un salaire mensuel autour de 2500 dollars, la perspective d'une naturalisation après 3 à 6 mois de service, ou encore une formation militaire d'élite en Russie.


 

Silence de Yaoundé face au sacrifice de sa jeunesse

Selon le rapport, le Cameroun fournit 335 militaires et paie le plus lourd tribut en termes de pertes (94 morts sur les 335 recrutés). Si à Nairobi, les autorités jugent « inacceptable », que leurs ressortissants soient trompés pour être ensuite utilisés comme « chair à canon ». À Yaoundé, c'est silence radio. Les autorités n'ont pas encore réagi.


Cette absence de réaction des autorités camerounaises face à l'hécatombe de leurs jeunes citoyens illustre de manière criante les conséquences désastreuses d'une gouvernance défaillante. Pendant que 94 familles camerounaises pleurent leurs fils tombés sur un front qui n'est pas le leur, le gouvernement reste muet, incapable ou peu disposé à protéger sa propre jeunesse. Ce silence assourdissant contraste fortement avec la réaction du Kenya, dont les autorités ont publiquement dénoncé ces pratiques.


Cette tragédie trouve ses racines profondes dans l’échec de la gouvernance camerounaise actuelle : Taux de chômage des jeunes alarmant, corruption endémique qui bloque l'ascenseur social, système éducatif qui ne débouche sur aucune perspective concrète, et une économie anémique incapable d'absorber sa main-d'œuvre qualifiée. Quand un jeune Camerounais est prêt à risquer sa vie en Ukraine pour 2500 dollars par mois, cela révèle l'ampleur du désespoir créé par des décennies de mauvaise gestion des ressources nationales et d'abandon de la jeunesse.


Les promesses mirobolantes des recruteurs russes – formation, naturalisation, salaires élevés – ne trouvent un écho que parce que l'État camerounais a échoué à offrir ces mêmes opportunités à ses propres citoyens sur leur sol. La responsabilité de ces 94 morts ne repose pas uniquement sur les épaules des recruteurs russes, mais aussi sur celle d'un système de gouvernance qui, par son incompétence, sa corruption et son indifférence, a rendu ces jeunes si vulnérables qu'ils sont devenus une proie facile pour des promesses mortelles. Ce drame devrait sonner comme un signal d'alarme, mais le silence des autorités laisse présager que d'autres jeunes Camerounais continueront à chercher ailleurs ce que leur propre pays leur refuse : une chance de vivre dignement.


-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.

-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-oucameroun@koaci.com


 
 
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