Cameroun : Présidentielle 2025, la course au candidat unique de l'opposition s'intensifie à l'approche de la présidentielle
Alors que la convocation du corps électoral pour la présidentielle d'octobre 2025 approche à grands pas, les formations politiques rivales multiplient les consultations pour forger une coalition capable de défier le parti au pouvoir.
Le paysage politique camerounais a été bouleversé par les récentes démissions gouvernementales. Issa Tchiroma Bakary, président du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), et Bello Bouba Maïgari, figure emblématique de l'Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP), ont quitté leurs fonctions ministérielles pour se lancer dans l'arène présidentielle.
Moins d'une semaine après leur départ du gouvernement, les deux hommes politiques se sont immédiatement engagés dans un intense lobbying auprès des leaders de l'opposition.
Six partis autour de la table des négociations
Les discussions formelles ont officiellement débuté avec la participation de six formations politiques. Autour de la table : les présidents du Parti pour l'action libérale (PAL), de l'Union démocratique du Cameroun (UDC), du FSNC, de l'UNDP, du Mouvement progressiste (MP) et de l'Union des mouvements socialistes (UMS).
La première réunion de ce groupe s'est tenue ce week-end et a duré plus de six heures. La députée Tomaïno Ndam Njoya, présidente de l’Udc, a également pris part à ces échanges, apportant sa caution morale à la démarche.
L'objectif affiché de ces tractations est de: « définir les critères et le portrait d'un candidat consensuel qui porterait la voix de l'opposition à la prochaine élection présidentielle ».
Calendrier
Les participants ont « établi un calendrier des rencontres au fur et à mesure que l'échéance électorale approche », signe que les négociations s'inscrivent dans la durée. Cependant, le temps presse et les critiques se font déjà entendre au sein même de l'opposition.
Jean Crépin Nyamsi, observateur politique, n'hésite pas à exprimer ses réserves : « À 5 jours de la convocation du corps électoral, les leaders de l'opposition se positionnent individuellement et ceci au mépris du souhait des Camerounais, qui est l'union ». Il va plus loin en déclarant : « En une semaine de leur départ du gouvernement, Bello Bouba Maïgari et Issa Tchiroma comptent de réunions avec les leaders de l'opposition et ceci est une déception gravissime ».
Parallèlement à ces discussions officielles, des tractations plus discrètes se déroulent en coulisses. Maurice Kamto, président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) et candidat malheureux de la présidentielle de 2018.
Des sources concordantes évoquent des discussions avancées entre Kamto, Bouba Maïgari et Tchiroma Bakary. Bello Bouba Maïgari, fort de son expérience gouvernementale et de sa stature d'ancien ministre, est devenu un acteur incontournable de ces négociations. Il a récemment rencontré Mamadou Mota, vice-président du MRC, pour discuter concrètement d'une candidature unique. Une plateforme commune serait en gestation, mais les désaccords sur le leadership continuent de freiner les avancées.
Le mouvement de convergence ne se limite pas aux grandes figures nationales. Joshua Osih, leader du Social Democratic Front (SDF), et Anicet Ekane, président du Manifeste pour la nouvelle démocratie (Manidem), ont également entamé des démarches similaires.
Osih s'est entretenu le 2 juillet avec Bouba Maïgari. De son côté, Ekane pousse activement pour l'élaboration d'un programme commun minimum articulé autour d'une refondation institutionnelle du pays. Issa Tchiroma Bakary occupe une position particulière dans ce jeu d'alliances. Approché par Akere Muna, figure respectée de la société civile camerounaise, il se montre favorable à une transition politique encadrée de trois à cinq ans.
Cabral Libii, le troisième homme en retrait
Fait notable, Cabral Libii, arrivé troisième lors de la présidentielle de 2018 avec le parti Univers, reste en retrait de ces discussions. Son absence relative des négociations pose la question de la représentativité d'une éventuelle coalition qui n’inclurait pas tous les acteurs de l'opposition camerounaise.
La construction d'une coalition d'opposition efficace au Cameroun se heurte à plusieurs obstacles Les questions de leadership constituent le principal écueil, chaque parti ayant ses propres ambitions présidentielles légitimes. La définition d'un programme commun représente également un défi, les sensibilités politiques variant considérablement d'une formation à l'autre.
Au-delà des calculs politiques, ces tractations revêtent une dimension démocratique. L'émergence d'une coalition d'opposition structurée et unie pourrait offrir aux Camerounais une alternative crédible au pouvoir en place.
-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-ou cameroun@koaci.com
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