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Côte d'Ivoire : Nouvelle crise du cacao qui se dessine à l'horizon, les multinationales pointées du doigt
 

Côte d'Ivoire : Nouvelle crise du cacao qui se dessine à l'horizon, les multinationales pointées du doigt

 
 
 
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© Koaci.com - mardi 13 janvier 2026 - 11:43

L’horizon semble s’assombrir à nouveau pour la filière cacao. Selon des acteurs, face au déséquilibre profond des rapports de force entre le Conseil du Café Cacao, les producteurs et les multinationales occidentales qui contrôlent l’exportation des fèves, une nouvelle crise n’est pas à exclure dans les semaines à venir.


Mais à en croire les acteurs locaux, les multinationales sont à la base de ce dysfonctionnement, car elles profiteraient, de la baisse des cours mondiaux du cacao, ces multinationales ont délibérément choisi de ralentir leurs achats afin d’imposer une baisse du prix garanti payé aux producteurs ivoiriens. Explications : 


« Le surplus de cacao actuellement disponible en Côte d’Ivoire est d’abord le résultat normal du mécanisme de stabilisation mis en place par l’État, qui prévoit la vente anticipée de 85 % de la production et la commercialisation de 15 % au cours de la campagne. À ce mécanisme s’ajoutent des facteurs connus : l’arrêt quasi total de la contrebande vers les pays voisins, l’afflux de fèves en provenance du Liberia, de la Guinée et du Ghana, mais aussi un phénomène de spéculation interne.


En effet, en fixant le prix garanti à 2 800 FCFA le kilogramme à l’ouverture de la campagne, l’État ivoirien a pris une décision courageuse en faveur des producteurs. Cette décision a non seulement stoppé la fuite du cacao ivoirien vers les pays limitrophes, mais elle a également attiré des volumes de ces derniers vers les ports ivoiriens. Elle a aussi provoqué un report massif de stocks de la campagne précédente vers la campagne actuelle. Car, anticipant une hausse du prix, des traitants ont stocké d’importantes quantités de cacao issues de l’ancienne récolte afin de les revendre au prix de la nouvelle campagne, contribuant ainsi à gonfler artificiellement les volumes disponibles.


Or, le Conseil du Café-Cacao avait déjà vendu par anticipation 85 % de la production nationale sur la base d’estimations établies bien avant cette accumulation exceptionnelle. La Côte d’Ivoire se retrouve donc aujourd’hui avec plus de cacao que prévu, qu’il est impératif d’acheter auprès des producteurs avant de le revendre aux multinationales regroupées au sein du GEPEX, intermédiaires devenus quasi obligés des chocolatiers internationaux, lesquels n’achètent pas directement auprès du CCC ou des exportateurs nationaux ivoiriens.


C’est à ce moment précis que lesdites multinationales entrent en scène. Refusant d’assumer leur rôle dans le système de stabilisation, dont elles ont pourtant largement bénéficié quand le marché du cacao était haussier, elles exigent la baisse systématique du différentiel d’origine et la suppression du Différentiel de Revenu Décent (DRD), pourtant mis en place pour lutter contre la pauvreté structurelle des producteurs ivoiriens et ghanéens.

Ce que ces multinationales passent volontairement sous silence, c’est que l’État ivoirien a prévu un soutien financier clair et assumé pour l’achat du surplus de cacao. Ce soutien correspond à l’écart entre le prix CAF moyen stabilisé par le CCC et le cours actuel du cacao sur le marché de Londres. Autrement dit, les multinationales peuvent acheter le cacao ivoirien au prix garanti actuel du CCC sans subir de pertes financières.


Leur objectif réel est évident : faire porter aux producteurs ivoiriens le poids de la volatilité des marchés internationaux, remettre en cause les mécanismes de protection sociale et affaiblir durablement le système de stabilisation ivoirien. Si leurs exigences étaient satisfaites, le prix garanti chuterait de 2 800 FCFA à environ 1 800 FCFA le kilogramme pas seulement pour le surplus mais pour tout le volume non encore vendu, soit une perte sèche de 1 000 FCFA par kilogramme pour les producteurs, que l’État serait ensuite contraint de compenser avec les fonds de stabilisation.


Face au refus du CCC de céder à ce chantage, les multinationales ont déclenché une stratégie de blocage : ralentissement volontaire des achats en brousse, y compris pour des volumes déjà pré-vendus à prix fixe. Cette manœuvre cynique laisse les producteurs avec leurs fèves invendues, les poussant à brader leur cacao en dessous du prix garanti pour survivre », explique-t-on.


Le balle est désormais dans le camp des autorités ivoiriennes à l’effet de mettre fin aux ajustements techniques et aux compromis asymétriques, avec les multinationales, pour le bonheur des producteurs ivoiriens.



 









Donatien Kautcha, Abidjan 


 








 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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Ubiquismus
Au pays des CHAMPIONS du libéralisme économique débridé, je croyais que c'était "la main invisible" de l'idéologie capitaliste libérale qui déterminait les rapports d'échanges ??? La LOI DE L'OFFRE ET DE LA DEMANDE qui est une "loi naturelle" devrait aboutir librement à des échanges équitables sans que l'état ne foute son nez là-dedans...Mdrrr !!
 
 il y a 1 heure     
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