Côte d'Ivoire : Filière cacao en crise, l'AGE de la plateforme Anaproci-Synap-ci suspendue, Kanga Koffi brise le silence
Kanga Koffi (Ph)
La filière cacao en Côte d’Ivoire traverse une période de tension majeure. Ce lundi 26 janvier 2026, l’assemblée générale extraordinaire (AGE) de la plateforme ANAPROCI–SYNAP-CI, prévue au Centre culturel municipal de Daloa, a été suspendue. Cette rencontre, qui devait rassembler près de deux mille producteurs venus de toutes les régions, avait pour objectif de réfléchir à la situation préoccupante de la vente du cacao et de proposer des résolutions concrètes aux autorités.
Interrogé par téléphone, le président du conseil d’administration de l’ANAPROCI, Kanga Koffi, est revenu sur les raisons de cette interruption et sur les attentes des producteurs.
« Cette rencontre devait à l’origine être une assemblée générale de l’ANAPROCI. Mais dans le cadre de la coordination de nos actions pour la défense des intérêts des producteurs, nous avions décidé de l’élargir sous la bannière de la plateforme ANAPROCI–SYNAP-CI », a expliqué M. Koffi.
Selon lui, la suspension est liée à une convocation judiciaire : « Aux environs de huit heures, nous avons été informés par le commandant de brigade de Daloa, sur instruction de la brigade de recherche du Plateau à Abidjan, que nous devions répondre à une convocation émise depuis le jeudi précédent. Nous avons pris la décision responsable de suspendre la rencontre et de nous rendre à Abidjan ».
Interrogé sur la nature exacte des accusations, le président de l’ANAPROCI a précisé : « Pour l’instant, il s’agit simplement d’une audition demandée par le procureur. Aucun motif précis ne nous a été communiqué et nous prendrons connaissance des détails lors de notre audition à la brigade de recherche ».
Face aux spéculations sur un possible acharnement judiciaire, Kanga Koffi a appelé à la prudence : « Il serait prématuré de parler d’acharnement. Nous attendons de nous présenter devant la justice pour comprendre les faits ».
L’engagement de l’ANAPROCI en faveur des producteurs reste intact, a-t-il assuré : « Chaque fois que les intérêts des producteurs sont menacés, nous prenons nos responsabilités. C’est notre rôle et nous continuerons à l’assumer, quels que soient les vents et les marées ».
Cette AGE interrompue devait permettre aux producteurs de réfléchir ensemble sur la situation de la commercialisation du cacao et de proposer des solutions à soumettre aux autorités.
« Ce n’est que partie remise. Nous espérons que la situation judiciaire se réglera rapidement afin que les producteurs puissent se retrouver et contribuer de manière constructive à l’accompagnement de l’exécutif », a rassuré Kanga Koffi.
Le président de l’ANAPROCI a également adressé un message au nouveau ministre de l’Agriculture, Bruno Koné : « Nous lui souhaitons la bienvenue. Son expérience dans la filière peut être mise au service du monde paysan. Nous restons à l’écoute et disponibles pour l’accompagner dans sa mission ».
Enfin, Kanga Koffi a insisté sur la nécessité d’une approche inclusive dans toute réforme de la filière : « On ne peut pas décider à la place des producteurs sans les écouter. Toute réforme doit associer les producteurs, quels que soient leurs profils ou leurs positions ».
Dans une filière qui représente le moteur de l’économie ivoirienne, producteurs et responsables attendent désormais des solutions concrètes et rapides pour éviter que la crise ne s’aggrave.
Donatien Kautcha, Abidjan
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