Togo : L'ANC condamne l'extradition de Damiba vers le Burkina-Faso et appelle à une justice équitable
Henri Sandaogo Damiba (ph)
L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), un des principaux partis de l’opposition au Togo, a exprimé sa consternation et sa réprobation face à la remise par les autorités togolaises de M. Henri Sandaogo Damiba, ancien Président du Burkina Faso, aux autorités burkinabè.
L’ANC s’est prononcée sur l’affaire Damiba au travers d’une déclaration rendue publique le 02 février 2026 à Lomé et signé par son président national, Jean Pierre Fabre.
Réfugié politique depuis sa chute en 2022, Damiba a été extradé le 17 janvier vers Ouagadougou, à la demande du pouvoir au Burkina-Faso qui l’accuse régulièrement d’être le cerveau de plusieurs tentatives de putsch, dont celle annoncée au début du mois de janvier 2026.
Dans sa déclaration, l’ANC a estimé qu’en extradant Damiba, « le régime togolais pose un précédent gravissime, qui marque une rupture brutale avec les principes fondamentaux du droit d’asile, du droit international et des valeurs humanistes dont le Togo se réclamait jusqu’ici ».
En condamnant l’acte qui a été posé, le parti orange a estimé que c’est une trahison manifeste des obligations internationales du Togo, un acte de soumission diplomatique indigne, exécuté au mépris de la vie, de la sécurité et des droits fondamentaux d’un réfugié politique placé sous la protection de l’État togolais depuis plus de trois ans. De ce fait, le parti trouve que le principe de non-refoulement, pilier du droit international qui interdit aux Etats de renvoyer des réfugiés vers un pays où leur vie ou leur liberté est menacée, a été cyniquement violé.
L’ANC estime que cet acte s’inscrit dans une stratégie hasardeuse et dangereuse de rapprochement avec l’Alliance des États du Sahel (AES), dans une logique de marchandage diplomatique, alors même que le Togo demeure membre de la CEDEAO et ne fait pas partie de l’espace sahélien.
Suite à l’extradition de Damiba, l’ANC dit tenir « personnellement responsables les plus hautes autorités de l’État togolais des conséquences humaines, politiques et juridiques de cet acte » et « appelle les juridictions et mécanismes internationaux compétents, ainsi que les organisations de défense des droits humains, à se saisir sans délai de ce dossier ».
Le parti de Fabre a réaffirmé que « la stabilité régionale ne se construit ni par la peur, ni par la trahison des réfugiés, ni par l’alignement complaisant et opportuniste sur des juntes militaires, mais par le respect du droit, des libertés et de la dignité humaine ».
Ajoutons que la réaction de l’ANC est identique à celle exprimée un peu plus tôt dans un journal français par le politologue togolais Mohamed Madi Djabakaté, président honoraire du Centre pour la gouvernance démocratique et la prévention des crises (CGDPC) qui a trouvé que l’extradition de Damiba marque une rupture inquiétante avec les fondements du droit d’asile et révèle un repositionnement stratégique assumé de Lomé face à l’AES.
Mensah,
Correspondant permanent de KOACI au Ghana, Togo et Nigeria
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