Côte d'Ivoire : Bouaké, accusée de vol ou de la mort de poulets, une fillette maltraitée et enfermée dans un poulailler par sa grand-mère
La victime (.ph KOACI.)
À Bouaké, capitale de la région de Gbêkê, une intervention rapide de la police a permis de sauver une fillette victime de graves maltraitance dans le quartier populaire de N’Gattakro. Alertés le mercredi 25 février 2026 par une dénonciation faisant état de sévices sur une mineure, les éléments de l’Antenne régionale de la Sous-Direction de la Lutte contre la Traite des Enfants et la Délinquance Juvénile (SDLTEEDJ), unité spécialisée placée sous la direction du Colonel Zaka Luc, se sont immédiatement rendus sur les lieux.
À leur arrivée, KOACI apprend que les agents découvrent une scène particulièrement choquante. La jeune Amoikan, visiblement affaiblie, est retrouvée vivant dans un poulailler. Elle porte un sac de riz en guise de vêtement. Son visage tuméfié, ses lèvres gonflées ainsi que les marques apparentes sur son corps témoignent de violences répétées.
Selon les premières déclarations recueillies, l’enfant désigne sa grand-mère, Ya Sié Wa, âgée de 72 ans, comme étant l’auteure des sévices. Interpellée et conduite au poste de police pour les besoins de l’enquête, la septuagénaire reconnaît avoir frappé la fillette à l’aide de branches d’arbre, évoquant des « corrections » infligées après des actes qu’elle lui reprochait, notamment le vol ou la mort de poulets.
Plus troublant encore, la mise en cause affirme que l’enfant lui aurait été confiée à l’âge de dix ans par son père aujourd’hui décédé, afin de la « délivrer » de prétendus esprits. Un proche parent présent au domicile confirme les violences subies par la mineure. Face à la gravité des faits, le Procureur de la République a ordonné le placement immédiat de la fillette à la Maison de l’Enfance de Bouaké. Elle y bénéficie désormais d’une prise en charge médicale et d’un accompagnement psychosocial adaptés. La grand-mère a été placée en garde à vue et devra répondre de ses actes devant la justice.
Cette intervention illustre la vigilance et la détermination des forces de sécurité à protéger les enfants, particulièrement vulnérables face aux violences intrafamiliales. Elle s’inscrit dans la dynamique nationale de lutte contre la traite, l’exploitation et les violences faites aux enfants, portée notamment par la Première Dame, Dominique Ouattara, Présidente du Comité National de Surveillance des actions de lutte contre la Traite, l’Exploitation et le Travail des Enfants.
À Bouaké, la dénonciation d’un citoyen et la réactivité des forces de l’ordre ont permis d’éviter un drame. Une affaire douloureuse, qui rappelle l’importance de signaler toute situation de maltraitance, afin de protéger les enfants et de garantir leurs droits fondamentaux.
T..K.Emile
tkemile@koaci.com
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