Côte d'Ivoire -Cameroun: 14ème conférence ministérielle de l'OMC, Abidjan plaide pour « plus d'équité dans le commerce envers les agriculteurs »
Réunie à Yaoundé du 26 au 29 mars, la 14e Conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a servi de tribune aux pays africains pour faire entendre leurs priorités. Au cœur des débats : la nécessité d’un système commercial plus juste, notamment en faveur des économies en développement.
Conduisant la délégation ivoirienne, le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Kalil Konaté, a plaidé pour « plus d’équité dans le commerce », avec un accent particulier sur la situation des agriculteurs. Il a insisté sur l’urgence de corriger les déséquilibres persistants, en particulier dans le secteur agricole, pilier des économies africaines.
« Il faut éliminer les pratiques qui faussent les échanges agricoles et pénalisent injustement les producteurs », a-t-il déclaré, appelant à des avancées concrètes dans des négociations jugées trop lentes.
Au fil des échanges, plusieurs délégations africaines ont insisté sur l’importance de préserver un traitement spécial et différencié pour les pays en développement, afin de leur garantir davantage de flexibilité dans la mise en œuvre des règles commerciales internationales.
Dans ce contexte, la Côte d’Ivoire a défendu une réforme de l’OMC plaçant le développement au centre des priorités, avec pour objectif un système commercial « plus égalitaire et profitable à tous ». Le ministre Konaté a également souligné la nécessité pour les pays en développement et les pays les moins avancés (PMA) de disposer d’une marge de manœuvre suffisante pour accélérer leur transformation structurelle, renforcer leur productivité et améliorer leur compétitivité.
Les discussions ont également été marquées par des appels à la préservation du système commercial multilatéral. Des acteurs majeurs comme Union européenne et Chine ont plaidé pour l’unité face à la montée des mesures unilatérales et protectionnistes, réaffirmant leur attachement à des règles communes.
Au-delà de l’agriculture, la délégation ivoirienne a mis en avant les enjeux du commerce électronique. Elle a insisté sur la nécessité de mieux prendre en compte les préoccupations des pays en développement, notamment en matière de mobilisation des recettes fiscales, de renforcement des capacités numériques et d’intégration dans l’économie digitale mondiale.
Dans cette optique, la Côte d’Ivoire a salué l’initiative conjointe de l’OMC et de la Banque mondiale visant à faire du numérique un levier de développement. Par ailleurs, Abidjan s’est félicité de l’Accord sur la facilitation de l’investissement pour le développement, estimant qu’il pourrait contribuer à instaurer un environnement plus transparent, prévisible et attractif pour les investisseurs.
À Yaoundé, la position ivoirienne s’inscrit dans une dynamique plus large portée par les pays africains : celle d’un commerce mondial rééquilibré, capable de soutenir durablement leur développement économique et social.
Wassimagnon
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