Cameroun : Effondrement d'un pont à Bamenda au moins trois morts, plusieurs disparus
Au Cameroun, un drame a frappé la ville de Bamenda (nord-ouest) dans la nuit du 26 au 27 mars, lorsque de violentes inondations ont emporté un passage piétonnier de fortune situé au Mile 2, quartier Nkwen, apprend-on de sources sécuritaires concordantes. Plus d'une dizaine de personnes se trouvaient sur l'ouvrage au moment de son effondrement apprend-on. Selon les témoins, seuls quatre survivants ont été confirmés, tandis que plusieurs autres personnes demeurent portées disparues.
Sous la pression de pluies torrentielles, les eaux se sont brusquement transformées en un torrent dévastateur, balayant le pont de fortune et ses usagers dans leur élan. Les premières heures ont été marquées par la confusion et l'impuissance face à la furie des eaux.
Un riverain du quartier Nkwen, qui souhaite garder l'anonymat, raconte avoir tout vu de sa fenêtre : « C'est arrivé très vite. En moins de dix minutes, l'eau a tout pris. Les gens criaient, on ne pouvait rien faire. J'ai vu des corps emportés par le courant. C'était l'horreur. »
Ce vendredi, une découverte macabre est venue alourdir le bilan : trois corps ont été localisés dans une zone marécageuse à Mulang, à environ huit kilomètres du pont. Il s'agit d'un homme et de deux femmes. Deux d'entre eux ont déjà été repêchés au moment où ces lignes sont écrites. L'unité de secours de l'armée camerounaise, assistée par des habitants de la zone, poursuit activement les recherches pour retrouver d'éventuelles autres victimes. Le nombre exact de personnes emportées par les eaux reste à ce stade inconnu.
Une habitante de Mulang, qui a participé aux recherches aux côtés des soldats, témoigne à son tour au téléphone, la voix encore tremblante : « On a retrouvé les corps dans les herbes, à l'orée du marécage. Une femme, puis une autre, et un homme un peu plus loin. Les familles attendaient sur la berge. C'était insoutenable. Trois morts au moins, et on cherche encore. »
Par ailleurs, les inondations ont également englouti plusieurs habitations dans différentes zones de Bamenda, laissant de nombreuses familles sans abri. Des infrastructures critiques ont cédé sous la pression des eaux, compliquant les opérations de secours et paralysant la circulation dans plusieurs quartiers de la ville.
Causes profondes
Si la nature a frappé fort, la tragédie du Mile 2 Nkwen interroge aussi sur des choix humains et des lacunes structurelles bien ancrées.
Le pont emporté était un ouvrage de fortune, construit de manière précaire pour pallier l'absence d'infrastructures adaptées dans ce quartier densément peuplé. Ce type d'aménagement informel — passerelles en bois, dalles bricolées, passages improvisés — est monnaie courante dans de nombreux quartiers de Bamenda, comme dans d'autres villes camerounaises en expansion rapide. Conçus pour des débits normaux, ils ne résistent pas à des crues soudaines.
Les pluies torrentielles qui s'abattent de plus en plus fréquemment et avec une intensité croissante sur la région du Nord-Ouest constituent le deuxième facteur. Le changement climatique amplifie ces phénomènes : les épisodes de précipitations extrêmes deviennent plus courts, plus violents, et moins prévisibles. Les villes comme Bamenda, bâties sur des reliefs escarpés et traversées par de nombreux cours d'eau, y sont particulièrement vulnérables.
Enfin, la question de l'urbanisation non maîtrisée se pose avec acuité. La croissance rapide de Bamenda a conduit à l'occupation de zones à risque — bas-fonds, berges, plaines inondables — sans que les normes de construction et d'urbanisme ne soient systématiquement appliquées.
La tragédie a plongé la communauté de Nkwen et l'ensemble de Bamenda dans la consternation. Des familles attendent, dans l'angoisse, des nouvelles de leurs proches portés disparus. La douleur est d'autant plus vive que beaucoup de ces victimes étaient des passants ordinaires, des gens qui rentraient chez eux après une journée de travail.
Les opérations de recherche se poursuivent.
-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-ou cameroun@koaci.com
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